societe

Corruption sexuelle et sextorsion au Bénin : outillés par SOS Civisme et Banouto, des journalistes prêts à documenter les faits

Corruption sexuelle et sextorsion au Bénin : outillés par SOS Civisme et Banouto, des journalistes prêts à documenter les faits

Le consortium SOS Civisme Bénin- Banouto a organisé, du 17 au 20 février 2026, un atelier d’outillage des journalistes du Bénin en investigation sur les thématiques Corruption sexuelle et sextorsion. La rencontre a eu lieu à Grand-Popo, dans la commune du Mono.

Le consortium SOS Civisme Bénin- Banouto a organisé, du 17 au 20 février 2026, un atelier d’outillage des journalistes du Bénin en investigation sur les thématiques Corruption sexuelle et sextorsion. La rencontre a eu lieu à Grand-Popo, dans la commune du Mono.

Des participants à l'atelier d'outillage du projet Stop corruption Stop VBG

Des participants à l'atelier d'outillage du projet Stop corruption Stop VBG

L’investigation journalistique comme rempart contre les Violences basées sur le genre (VBG). Du 17 au 20 février 2026 à Grand-Popo, une trentaine de journalistes des médias autorisés par la HAAC au Bénin ont été outillés en techniques d’investigation sur des thématiques sensibles telles que la corruption sexuelle et la sextorsion. 

 

Après l'atelier de Grand-Popo qui cible les journalistes basés dans le Sud, un autre atelier se tiendra à Parakou du 23 au 25 février à l'endroit des journalistes basés dans le Nord du Bénin. Au total, 50 journalistes radio, télé, presse écrite et médias en ligne seront outillés.

 

L’initiative émane du consortium SOS Civisme Bénin- Banouto et s’inscrit dans le cadre du projet « Stop corruption, stop VBG » mis en œuvre avec l’appui d’Expertise France, du groupe Agence française de développement (AFD).

 

A travers l’outillage des journalistes, le projet vise à renforcer les capacités des médias béninois en matière d’investigation journalistique afin de produire des enquêtes et reportages d’impact et sensibles au genre sur la corruption sexuelle et la sextorsion, et ainsi influencer les politiques publiques et susciter une mobilisation citoyenne visant à briser le silence et à mettre fin à l’impunité.

 

Par ricochet, l'initiative entend contribuer à la réduction de la corruption et des violences basées sur le genre (VBG), notamment en lien avec la corruption sexuelle et la sextorsion au Bénin, d’après les explications de Hyppolite Ezin, chef de projet.

 

Au nom du consortium, Estelle Akpa N’Kakou, directrice exécutive de SOS Civisme Bénin, s’est particulièrement adressée aux 26 journalistes et à 7 coach. Après leur avoir exprimé sa gratitude pour l’intérêt manifesté pour le projet, elle a insisté sur ses attentes vis-à-vis de ces professionnels des médias. « Vous êtes nos miroirs (...) Vous avez un grand rôle à jouer en terme de responsabilité (...) Vous êtes désormais impliqués dans la réussite de ce projet », a-t-elle déclaré.

 

Présent à l'ouverture de la formation à Grand-Popo, au nom du président de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC), Edouard Loko, le conseiller Lionel Gbegonnoudé, a salué l’initiative et a assuré de tout l’intérêt que l’instance de régulation des médias accorde au projet « Stop corruption, stop VBG.»

 

Il a formulé trois exigences fondamentales. La première porte sur la maîtrise du cadre juridique. « Les infractions liées à la sextorsion, au harcèlement, aux violences numériques évoluent dans un environnement légal précis. Il est essentiel que chaque journaliste connaisse les textes en vigueur afin de protéger les victimes, de sécuriser ses productions et d’éviter toute dérive pouvant porter atteinte aux droits des personnes », a-t-il rappelé.

 

Le second point est l’exigence éthique dans le traitement de ces informations sensibles. « Le sensationnalisme n’a pas sa place (...) Informer ne doit jamais signifier exposer ou fragiliser davantage les survivantes », a insisté le conseiller Lionel Gbegonnoudé.

 

Il a, pour terminer, insisté sur la responsabilité professionnelle. « La liberté de presse que nous défendons avec constance s’accompagne d’un devoir de responsabilité. La crédibilité des médias repose sur la qualité du travail produit, la vérification rigoureuse des informations et le respect des règles déontologiques », a-t-il martelé.

 

Des journalistes déterminés à passer à l’action

 

Les bénéficiaires de l'atelier de Grand-Popo en sont sortis galvanisés pour l’atteinte des objectifs. C’est le cas de Raymond Faladé, rédacteur en chef de Bénin Intelligent. Il estime que la formation « vient à point nommé » dans un contexte où l’investigation sur la corruption sexuelle et la sextorsion demeure peu investie par les rédactions. Il relève que ces thématiques, bien que sensibles, restent d’actualité et méritent une attention soutenue. Selon lui, les journalistes présents ne retourneront pas dans leurs rédactions « tels qu’ils sont venus », convaincu que « quelque chose est sur le point de changer » dans leur manière d’aborder ces sujets.

 

Pour Brunelle Tchobo, journaliste à La Nouvelle Tribune, l’atelier a permis d’approfondir la compréhension des Violences basées sur le genre facilitées par la technologie (VBGFT). Elle souligne avoir mieux assimilé des outils méthodologiques tels que la technique de l’escargot, l’investigation par hypothèse ainsi que les éléments indispensables à l’élaboration d’un synopsis d’enquête. L’exercice de présentation des projets, ajoute-t-elle, a favorisé une application immédiate des notions acquises et traduit le sérieux organisationnel de la formation.

 

Même son de cloche chez Phillipe Lokonon, journaliste à La Météo. Il retient des trois jours d’apprentissage les rudiments nécessaires pour amorcer des enquêtes sur les VBG en général et les VBG facilitées par la technologie en particulier.

 

Il insiste sur la préparation morale, psychologique et méthodologique qu’exige un tel terrain, évoquant la nécessité d’un plan d’enquête structuré, d’un questionnaire rigoureux et du recours à des approches comme la technique de l’escargot ou l’investigation par hypothèse. Les échanges entre confrères et les modules dispensés, confie-t-il, l’ont suffisamment aguerri pour aborder ses prochains sujets d’investigation avec plus d’assurance.

 

0 commentaire

0 commentaire