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Ordonnance du juge dans l'affaire d'accusation de viol contre Achraf Hakimi : ce qu'il faut retenir

Ordonnance du juge dans l'affaire d'accusation de viol contre Achraf Hakimi : ce qu'il faut retenir

Une ordonnance de mise en accusation de 21 pages renvoie l’international marocain, Achraf Hakimi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. La magistrate y détaille les éléments qu’elle estime suffisamment probants pour justifier un procès, malgré les dénégations du joueur du Paris Saint-Germain.

Une ordonnance de mise en accusation de 21 pages renvoie l’international marocain, Achraf Hakimi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. La magistrate y détaille les éléments qu’elle estime suffisamment probants pour justifier un procès, malgré les dénégations du joueur du Paris Saint-Germain.

Achraf Hakimi, international marocain

Achraf Hakimi, international marocain

Des détails sur les indices « constants et circonstanciés » dans l’ordonnance de renvoi de Achraf Hakimi en procès pour viol. Le footballeur de 26 ans, mis en examen puis placé sous contrôle judiciaire, sera jugé pour viol après la décision rendue mardi 24 février.


 
L’information judiciaire trouve son origine dans un signalement effectué au commissariat de Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, où la jeune femme s’était présentée après la soirée du 25 février 2023. Bien qu’elle n’ait pas souhaité déposer plainte formelle, une enquête a été ouverte avant d’être reprise par le parquet de Nanterre. Le joueur avait été mis en examen quelques jours plus tard, puis confronté à son accusatrice lors d’une audition judiciaire.

 

Dans son ordonnance, consultée par RMC Sport, la magistrate expose la chronologie retenue. Les deux protagonistes se sont rencontrés via Instagram après plusieurs échanges débutés en janvier 2023. Selon l’enquête, le sportif proposait des rencontres en public avec des amis ; la plaignante avait décliné avant d’accepter finalement un rendez-vous privé à son domicile, le samedi 25 février 2023, veille du match entre l’Olympique de Marseille et Paris Saint- Germain.

 

Les horaires d’entrée et de sortie du domicile sont établis : arrivée à 1 h 17, départ à 2 h 21. La juge souligne que les versions concordent sur le début de soirée. Ils expliquent s'être installés sur le canapé pour faire connaissance avant de rapidement s'embrasser, à plusieurs reprises. 

 

Des faits à charge

 

Puis les versions divergent nettement. La plaignante affirme que « les mains du joueur sont de plus en plus pressantes », qu’elle tente de les repousser et qu’il l’aurait placée de force à califourchon sur ses genoux avant de lui imposer une pénétration digitale de moins d’une minute. Le mis en cause soutient pour sa part « lui avoir caressé le bas du dos avec son accord ».

 

L’ordonnance insiste sur la valeur probatoire de certains éléments. Malgré des souvenirs de la plaignante qualifiés de flous sur la chronologie globale, la juge estime le récit « constant et circonstancié » concernant le pénétration digitale, point qu’elle retient expressément à charge. Elle relève aussi la concordance entre les déclarations et des messages envoyés en temps réel à une amie. On y lit notamment : « il m’a attrapé la bouche, je vais partir », « c’est grave », puis, à 2 h 18, « je t’en supplie dépêche-toi, c’est très grave, il me viole ».

 

La magistrate mentionne également les témoignages de proches contactés juste après les faits. Tous décrivent une jeune femme en pleurs relatant au téléphone « des faits d’agressions ». Ces éléments, mis bout à bout, constituent selon elle un faisceau d’indices suffisant pour saisir la juridiction criminelle du département des Hauts-de-Seine.


Des indices à décharge


La défense du joueur dénonce une manipulation visant à extorquer de l'argent au footballeur et se fonde sur plusieurs éléments. Parmi eux: les échanges de la plaignante avec son amie en début de soirée, lorsqu'elle était dans un Uber pour arriver chez le joueur.

 

Son amie lui conseille d'écouter “A l’abri”, du rappeur Fresh la Peufra, une chanson qui évoque des moyens, même peu moraux, de gagner de l’argent, lui donne des conseils pour être séduisante puis envoie: « essaie de choper les codes et tout… On va aller le dépouiller… On est des meufs de la cailler ». Ce à quoi la plaignante répond par des émoticônes tête de mort alors qu’elle vient d’arriver au pied du domicile de l'international marocain.

 

Il y a également des messages, que RMC Sport dit avoir consulté, dans lesquels l’amie en question demande aux proches de la plaignante ce que les policiers connaissent de leurs correspondances. « Je veux savoir quel message elle a montré aux flics pour savoir si je peux en supprimer certains qui pourraient nous porter préjudice », écrit-elle ainsi.

 

En attente du procès

 

Le dossier judiciaire, désormais transmis à la cour, fixe le cadre du futur débat contradictoire, où les deux versions (celle d’un geste consenti et celle d’un acte imposé) seront examinées publiquement. L’avocate du joueur a confirmé que son client attendait « avec calme ce procès qui permettra que la vérité éclate publiquement ». En face, la plaignante dit avoir accueilli l’ordonnance « avec soulagement ». La date d’audience reste à fixer.

 

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