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Coup d’État déjoué au Bénin: un journaliste condamné à 5 ans de prison ferme et 10 millions d’amende

Coup d’État déjoué au Bénin: un journaliste condamné à 5 ans de prison ferme et 10 millions d’amende

Au Bénin, la CRIET a condamné, mardi 24 mars 2026, un journaliste à une peine d’emprisonnement ferme et plusieurs millions d’amendes dans l’affaire de coup d’État déjoué contre le président Patrice Talon.

Au Bénin, la CRIET a condamné, mardi 24 mars 2026, un journaliste à une peine d’emprisonnement ferme et plusieurs millions d’amendes dans l’affaire de coup d’État déjoué contre le président Patrice Talon.

60 mois de prison ferme prononcée par la CRIET contre un journaliste dans l’affaire de coup d’État déjoué contre le président Patrice Talon. C’est avec ses deux mains sur la tête puis progressivement glissées au visage que P. M. a réagi à la sentence prononcée par le juge. 

 

Le prévenu est poursuivi pour « apologie du crime contre la sûreté de l’État, incitation à la rébellion et incitation à la violence ». Il est accusé d’avoir fait une publication pour annoncer la prise du pouvoir par les militaires.

 

Il est reproché au professionnel des médias, en publiant le texte, d’avoir apporté son soutien à ceux qui ont tenté de déstabiliser l’ordre constitutionnel au Bénin. Dans son verdict, rendu ce mardi 24 mars 2026, la juridiction spéciale a reconnu la culpabilité du journaliste. En plus de la peine de prison, le juge l’a condamné à dix (10) de FCFA d’amendes.

 

Le journaliste exerçant dans un média basé à Porto-Novo, capitale du Bénin, avait justifié ses publications lors des débats. Il en a fait au moins deux le jour du putsch manqué. Le prévenu a fait une première publication sur la déclaration de prise de pouvoir lue par les militaires sur Bénin TV dans la matinée du dimanche 7 décembre 2025.

 

Il a insisté avoir publié ce premier texte suite à une menace à peine voilée, d’un individu alors qu’il rentrait chez lui. Vendredi 5 décembre 2025 alors qu’il rentrait à la maison, le journaliste dit avoir marqué un arrêt pour s’approvisionner en carburant. Il en était là quand un homme s’est approché de lui et a demandé si c’est lui P. M.

 

Le journaliste dit avoir répondu par l’affirmation. L’inconnu a poursuivi, selon la déposition du prévenu, « je vous lis beaucoup ». Croyant que c’était des félicitations, le professionnel des médias a remercié son interlocuteur de circonstance. C’est après ça que l’homme aurait proféré des menaces à l’endroit du journaliste. « Il m’a dit que si on devait nettoyer le pays, c’est par moi qu'on allait commencer puis a continué son chemin », a-t-il expliqué à la Cour. Sur place, le prévenu dit n’avoir pas taillé d’importance à la menace.

 

Le dimanche 7 décembre 2025 quand il a aperçu les putschistes à la télévision nationale, il s’est rappelé de la menace d’il y a deux jours. « Ou bien c’est ce que l’homme de la dernière fois voulait me faire comprendre ? », se serait-il interrogé. Par peur pour sa vie et celle de sa famille, selon sa déclaration, il a fait une première publication sur le message des putschistes. Il a déclaré avoir fait un autre article sur la sortie du ministre de l’intérieur quelques heures plus tard. « Si mon intention était d’apporter mon soutien aux putschistes, je n’aurais pas fait cette deuxième publication », a-t-il laissé entendre.

 

Le prévenu dispose de 15 jours pour faire appel de sa condamnation.

  

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