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Bénin : le Code électoral modifié ''oblige les partis à travailler à se renforcer, à grandir''

Bénin : le Code électoral modifié ''oblige les partis à travailler à se renforcer, à grandir''

Au Bénin, le Code électoral modifié par les députés fixe aux partis politiques un seuil d’au moins 20% par circonscription pour être éligibles à la répartition des sièges. Selon Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement béninois, cette disposition « oblige les partis politiques à travailler à se renforcer, à grandir ».

Au Bénin, le Code électoral modifié par les députés fixe aux partis politiques un seuil d’au moins 20% par circonscription pour être éligibles à la répartition des sièges. Selon Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement béninois, cette disposition « oblige les partis politiques à travailler à se renforcer, à grandir ».

Il y a une vertu derrière la disposition fixant à 20% au moins par circonscription le seuil d’éligibilité à la répartition des sièges. C’est en tout ce qu’a laissé entendre Wilfried Léandre Houngbédji. Lors d’une rencontre avec la presse vendredi 8 mars 2024 à Cotonou, le porte-parole du gouvernement a expliqué que ce seuil de 20% par circonscription introduit dans le Code électoral lors de la relecture intervenue le 5 mars dernier dispose pour l’avenir.

 

« C’est à partir des élections de 2026 », a indiqué Wilfried Léandre Houngbédji. « Cela veut dire que tous les partis, aussi bien ceux qui sont à l’Assemblée nationale et ceux qui n’y sont pas, ont le temps de renforcer leurs bases, à grossir, à convaincre d’autres pour fusionner, devenir grand ou bien aller conquérir des militants sur le terrain », a poursuivi le porte-parole du gouvernement.

 

« Promotion de l’unité nationale, de la cohésion sociale »

 

La disposition de 20% au moins par circonscription électorale pour être éligible à la répartition des sièges n’a pas été introduite dans le code sur un coup de tête. A en croire Wilfried Léandre Houngbédji, la décision a été mue par un idéal : « promouvoir chez nous, les partis politiques grands, véritablement nationaux, qui soient présents dans toutes les circonscriptions de notre pays et plus seulement des partis de région, d’ethnie, de commune ».

 

« On veut qu’ils aient une assise véritablement nationale, être partout au moins à un seuil minimum exigé. C’est cela qui permet d’avoir à l’arrivée de dire qu’ils sont effectivement nationaux, qu’ils ont une envergure nationale », a indiqué le porte-parole du gouvernement. « Ce faisant, a poursuivi Wilfried Léandre Houngbédji, la loi favorise implicitement la promotion de l’unité nationale, de la cohésion sociale puisque, plus ils conquièrent du monde, les Béninois se parlent entre eux, leurs militants se retrouvent, ça promeut l’unité nationale, le développement équilibré ».

 

Selon le porte-parole du gouvernement, lors des élections législatives de janvier 2023, aucune formation politique n’a réussi à remplir la condition de 20% au moins par circonscription. « UPR (mouvance) n’a pas eu partout, BR (mouvance) n’a pas eu partout, LD (opposition) n’a pas eu partout », a confié Wilfried Léandre Houngbédji. Pour le secrétaire général adjoint du gouvernement, « cela veut dire que la loi est la même pour tout le monde. Elle demande à tous de travailler à grossir, à renforcer leurs bases, parce que c’est ainsi qu’on va avoir une démocratie mature où les partis politiques sont les vrais acteurs de la gouvernance et du développement, et faire en sorte que les partis ne soient plus otage d’un PDG, d’un président fondateur, d’un leader régional ou ethniciste ».

 

« Un challenge »

 

Avant la modification apportée au Code électoral par les députés, le seuil d’éligibilité à la répartition des sièges était de 10% au plan national. Cette disposition a été appliquée lors des élections législatives de 2019 et celles de 2023. Elle a, entre autres, contraint des partis dont le Parti du renouveau démocratique (PRD) de l’ancien président de l’Assemblée nationale a décidé de s’associer à d’autres pour créer un autre parti après un échec aux élections communales de 2020.

 

Pour Wilfried Léandre Houngbédji, « c’est un pas » dans le processus devant conduire aux grandes formations politiques avec une assise véritablement nationale. Le seuil de 20% au moins, a-t-il fait savoir, est un critère « pour obliger les partis à travailler à se renforcer, à grandir ».

 

L’atteinte de cet idéal n’est pas impossible, souligne-t-il. « On n’a pas besoin d’aller en Amérique ou en Europe. Regardez le Ghana, regardez le Nigéria. Au Ghana, il y a plus de dix partis mais il y a deux qui ont émergé depuis des décennies, qui ont traversé le temps et quand on les voit, on sait que ce sont des partis nationaux.  Quand vous allez au Nigeria, c’est pareil. Il y en a deux au moins qui émergent totalement et qui sont présents depuis des décennies. On le voit. Donc, on sait que c’est possible aussi en Afrique », a fait remarquer.

 

Il estime que les partis politiques qu’ils soient représentés à l’Assemblée nationale ou pas doivent voir en le nouveau seuil fixé pour l’éligibilité à la répartition des sièges un challenge.

 

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