Mamadi Doumbouya, chef de la junte au pouvoir en Guinée
Le général Mamadi Doumbouya s’achemine vers une victoire dès le premier tour de l’élection présidentielle du dimanche 28 décembre 2025, fort d’une large avance sur des adversaires peu connus. C’est ce qui découle des premiers résultats partiels rendus publics dans la soirée du lundi 29 décembre 2025 par la Direction générale des élections (DGE).
Ces résultats provisoires partiels ont été lus sur la télévision publique RTG par la directrice générale des élections, Djenabou Touré. Ils placent Mamadi Doumbouya loin devant ses concurrents dans les communes de la circonscription de Conakry comme Kaloum, Matam, Sonfonia et Ratoma. Il obtient des scores dépassant souvent 80 %.
Ses meilleurs concurrents, Hadja Makalé Camara, Abdoulaye Yéro Baldé, Mohamed Nabé et Faya Lansana Millimono, dépassent légèrement la barre de 1 % dans plusieurs circonscriptions.
Dans la circonscription électorale de Kassa, par exemple, Mamadi Doumbouya (GMD) arrive largement en tête avec 3 770 voix (97,82 %). Les autres candidats enregistrent des scores marginaux, dont Abdoulaye Yéro Baldé (FRONDEG) avec 10 voix (0,29 %).
Dans la circonscription électorale de Kaloum, la Direction générale des élections indique que Mamadi Doumbouya (GMD) obtient 21 407 voix (89,96 %).
Abdoulaye Yéro Baldé recueille 761 voix (3,19 %), suivi des autres candidats avec des scores inférieurs.
Dans sa déclaration, la DGE a rappelé les données globales du scrutin : « 6 768 450 électeurs étaient appelés aux urnes », précisant que le vote s’est déroulé dans « 16 730 centres de vote et 23 975 bureaux de vote », répartis dans « 50 circonscriptions électorales comprenant les 33 préfectures, les 13 communes de Conakry ainsi que 4 circonscriptions de l’extérieur (Afrique, Asie, Europe et Amérique) ».
L’enjeu de cette présidentielle était le taux de participation. L’opposition, dont les ténors ont été écartés du scrutin, avait appelé à boycotter ce scrutin, organisé plus de quatre ans après le coup d’État de septembre 2021 qui a renversé le président Alpha Condé, qui était au pouvoir depuis 2010.
Au soir du scrutin, la directrice générale des élections a déclaré : « quand on a clôturé les bureaux, on était aux environs de 85 % de taux de participation sur l’ensemble du territoire. C’est encore un phénomène de record ».
De graves dénonciations sont toutefois faites par des candidats recalés du scrutin. Abdoulaye Yéro Baldé évoque, dans un communiqué publié dans la soirée du lundi 29 décembre 2025, de « graves irrégularités », dénonçant l’exclusion de ses représentants des commissions de centralisation des votes et des cas de « bourrage d’urnes » dans certaines zones.
Dans un autre communiqué rendu public le même soir, Faya Millimono parle, lui, de « brigandage électoral », qu’il attribue à des pressions exercées sur des électeurs et à des pratiques similaires de « bourrage d’urnes ».
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