Logo du parti de l'opposition "Les Démocrates"
Le parti Les Démocrates affirme avoir relevé de nombreuses anomalies lors des élections législatives et communales du 11 janvier 2026.
En conférence de presse à Cotonou le 13 janvier 2026, la direction nationale de Campagne du parti de l’opposition Les Démocrates s’est félicité d’avoir pris part aux élections législatives du 11 janvier 2026 malgré ce qu’elle qualifie d’ «obstacles contenus dans le Code électoral».
Le parti dirigé par l'ex président béninois Boni Yayi regrette tout de même que ce double scrutin se soient déroulé « avec beaucoup d’irrégularités et une cacophonie ».
Dans sa déclaration, le parti Les Démocrates pointe une série de dysfonctionnements observés, selon lui, dans plusieurs communes du pays. Il évoque notamment « des ouvertures très tardives des bureaux de vote allant jusqu’à huit heures de retard » dans certaines zones, citant entre autres Cotonou, Abomey-Calavi et Porto-Novo.
À ces retards s’ajouteraient, toujours selon le parti, des insuffisances matérielles ayant perturbé le déroulement normal des opérations électorales. Les Démocrates parlent de « l’absence de matériel sensible dans des postes de vote dépassant les six à sept heures de retard dans certains postes de vote entraînant des opérations de dépouillement très tard dans la nuit».
Le parti évoque également des cas de matériel de vote jugé non conforme, mentionnant « des urnes non scellées », « le défaut d’encre indélébile » ou encore « l’absence d’urne pour les législatives » dans certaines localités. Ces situations auraient été constatées pendant « de nombreuses heures » dans des communes comme Tchaourou ou Tchatchou, selon la déclaration.
Contestations autour des opérations de dépouillement et de compilation
Au-delà du déroulement du vote, le parti de l'opposition dit avoir relevé des irrégularités lors des phases de dépouillement et de compilation. La formation politique affirme avoir observé « le défaut de matériel de vote comme des carnets de procès-verbaux de dépouillement et des carnets de feuilles de compilation » dans plusieurs bureaux de vote et arrondissements.
La formation politique dénonce la «violation des articles 63 du Code Électoral qui reconnaît le droit pour les partis d’être représentés sur les postes de votes et lors des dépouillements de résultats, et de l’article 92 du Code électoral ». Ces dispositions de la loi, soulignent-ils, garantissent « la remise des copies du procès-verbal et des feuilles de dépouillement et de compilation, aux représentants des candidats ou des partis politiques en lice et présents ».
Il soutient que, dans certaines communes, ses représentants auraient été écartés des procédures de compilation, les empêchant de formuler d’éventuelles réserves. Ces situations auraient été relevées notamment à Porto-Novo, Banikoara et Sinendé, selon le parti.
Selon Les Démocrates, ces supposés manquements auraient eu pour effet de «priver» le parti des documents électoraux nécessaires à la vérification des résultats issus des urnes.
«Par conséquent, le Parti les Démocrates appelle la CENA à respecter les dispositions de la loi : - en fournissant au Parti les Démocrates tous les Procès-verbaux de dépouillement d’une part et tous les Procès-verbaux de compilations d’autre part», ajoute le parti.
Dimanche 11 janvier 2026, le président de la Commission nationale électorale autonome (CENA), Sacca Lafia, justifiait le retard constaté dans le démarrage du vote à Cotonou par l'option faite dans le déploiement du matériel électoral. « Les zones éloignées, on les a priorisées pour amener le matériel (...) On s'est dit qu'on est à Cotonou, ça va se passer rapidement, et on a été surpris. Mais tout le reste, ça tient bien», avait-il expliqué. Il avait par ailleurs assuré que les scutins se déroulaient sans «violences» et que «tout le monde vote librement».
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