La commune de Lalo ne sera pas dirigée par un maire issu du parti Bloc républicain (BR). À travers une décision de la Cour suprême, le BR perd la mairie de Lalo au profit du parti Union progressiste le Renouveau. Cette décision rendue, vendredi 20 février 2026, fait suite à un recours formé par un conseil communal du parti du Baobab.
Dans son recours, le requérant affirme que la Commission électorale nationale autonome (CENA) a accordé plus de voix au BR qu’il n’en a recueilli lors des élections du 11 janvier 2026. Selon le représentant de la CENA dépêché devant la Cour suprême, le requérant aurait identifié l’erreur suivant un déséquilibre entre les résultats en pictogrammes et les chiffres correspondants dans l’arrondissement de Gnizounmè commune de Lalo.
Le représentant de la CENA a expliqué que le requérant demande le recomptage des résultats parce que le nombre de votants reporté pour le compte du Bloc républicain serait inférieur comparativement aux pictogrammes. Selon les chiffres de la CENA dans cet arrondissement, le BR a obtenu 1438 voix et l’UPR : 1425.
Les arguments du plaignants
A la suite du représentant de la CENA, l’avocat du plaignant a fait ses observations. Le conseil de l’UPR a exposé les arguments du plaignant. Selon l’avocat de l’UPR, la CENA a accordé "vingt (20) voix artificielles" de plus pour le Bloc républicain. C’est-à-dire pour le compte du BR, les résultats d’un poste de votant en pictogramme est supérieur aux chiffres reportés de 20 voix.
Mais, il s’est réjoui d’avoir constaté que les chiffres du parti UPR sont conformes à ceux de la Cour suprême. « La Cour a des originales des procès verbaux de dépouillement donc les tripatouillages qu’on a voulu faire après ne peut pas avoir cours au niveau la Cour », a-t-il martelé.
L’avocat a demandé à la Cour de déclarer le recours recevable en la forme et au fond, le déclarer fondé. Le conseil a demandé à la Cour suprême de constater que le parti UPR vient en tête dans l’arrondissement de Gnizounmè 7 voix de plus que le BR. « Les deux partis ayant chacun 40%, c’est l’UPR qui prend les deux sièges de l’arrondissement pour avoir sept voix de plus que le BR, soit la majorité absolue », a plaidé l’avocat.
La défense contre-attaque
Prenant la parole, l’avocat de la défense a d’entrée, laissé une interrogation aux juges de la Cour suprême. Selon lui, la Cour y donnera une réponse qui va constituer une jurisprudence qui servira pour les contentieux électoraux. « Quand la Cour vient à prendre une feuille de dépouillement sur laquelle des inscriptions sont écrites, elle fonde sa décision : est-ce sur les chiffres ou sur les pictogrammes ? », a adressé le conseil de la défense à la Haute juridiction en matière d’élection communale au Bénin.
Selon l’avocat, cela devrait être les pictogrammes. Puisque, explique-t-il, lors du dépouillement, on inscrit au fur et à mesure sur un tableau les suffrages exprimés en pictogramme avant qu’on ne procède au comptage puis au report des chiffres. Donc pour la défense, ce sont les pictogrammes qui devraient être considérés. Il a demandé à la Cour de le situer sur la question. Concernant le recours, l’avocat a estimé que c’est le BR qui est plutôt lésé dans les résultats de cet arrondissement.
Selon lui, dans le village d’Assogbahoué, centre de vote Hangar place publique, poste de vote n°1, il est inscrit sur la feuille de dépouillement 234 voix pour le BR alors que le compte du pictogramme donne 275 voix. Pour l’avocat, si la Cour doit considérer les chiffres sur cette feuille de dépouillement, le BR aura 234 voix mais elle décide de se baser sur les pictogrammes, le Bloc républicain va se retrouver à 275 voix, 41 voix de différence. Dans ce cas, les résultats du BR dans l’arrondissement de Gnizounmè seront de 1459 voix. C’est-à-dire les 1438 voix dont seront soustraits les 20 voix évoquées par le recours plus les 41 voix supposées "non considérées" pour la BR.
L’avocat, lors de la présentation de ses observations, a évoqué une précédente décision de la Cour suprême dans laquelle la juridiction s’est basée sur les pictogrammes. Une jurisprudence que la Cour devrait suivre, a souhaité l’avocat. Il a suggéré à la Cour d’annuler les résultats tels que proclamés par la CENA. Le conseil a demandé à la Cour de faire le constat de la différence des 41 voix et de déclarer le BR majoritaire avec 1459 voix contre 1425 pour l’UPR. Et sur cette base, il a estimé que le BR devrait garder ses deux sièges.
Décision de la Cour suprême
Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé à la Cour de trancher en faveur du requérant. Le magistrat a indiqué que les informations du requérant sont concordantes avec celles de la Cour suprême. « On n’a pas compris ce qui s’est passé au niveau de la CENA pour qu’il y ait inversé des résultats », a laissé entendre le procureur général. Il a suggéré à la Cour de faire droit à la demande du requérant. Après les réquisitions, la Cour a observé une suspension puis a délibéré.
La Cour suprême a suivi les réquisitions du ministère public. Elle a déclaré le recours fondé. Statuant, la Cour a annulé les résultats de la CENA qui attribue les deux élus de l’arrondissement de Gnizounmè et a tranché en faveur du requérant. Les deux sièges sont revenus à l’Union progressiste le Renouveau.
Cette décision de la Cour suprême renverse la majorité communale au profit de l’UPR. Ainsi le maire Georges Ekpé du BR va donc céder son fauteuil à un conseiller communal du parti UPR.
0 commentaire
0 commentaire