politique

Interdiction de TV5 Monde au Burkina Faso : les raisons avancées par le Conseil supérieur de la communication

Interdiction de TV5 Monde au Burkina Faso : les raisons avancées par le Conseil supérieur de la communication

La chaîne de télévision française TV5 Monde est interdite de diffusion au Burkina Faso. Voici les motivations de la décision du Conseil supérieur de la communication du pays des "Hommes intègres".

La chaîne de télévision française TV5 Monde est interdite de diffusion au Burkina Faso. Voici les motivations de la décision du Conseil supérieur de la communication du pays des "Hommes intègres".

Sanctions contre TV5 Monde au Burkina Faso. La chaîne de télévision française est interdite de diffusion au pays des "Hommes intègres".  La sanction a été prononcée par le Conseil supérieur de la communication, mardi 5 mai 2026.

 

« Il est interdit (...) toute émission, diffusion ou retransmission des programmes de la chaîne de télévision TV5 Monde, par quelques moyens que ce soit, sur toute l'étendue du territoire burkinabè», indique l’article 2 de la décision.

 

Sur les motifs de cette interdiction, le Conseil supérieur de la communication évoque des « fautes commises, qui portent sur la désinformation et l'apologie du terrorisme ».

 

Le Burkina Faso reproche à la chaîne d’avoir relayé des «affirmations fausses et qualificatifs malveillants» visant « à ternir l'image de l'armée burkinabè et apeurer les populations, et (...) de nature à démoraliser les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et les VDP».

 

Le Conseil pointe aussi l’usage de termes jugés dépréciatifs tels que « junte » ou « milices », considérés comme portant atteinte à l’image des institutions nationales.

 

Le traitement des attaques au Mali au cœur des griefs

 

Le traitement de l'actualité relative aux attaques terroristes survenues le 25 avril 2026 au Mali constitue le principal point de rupture. Les griefs du Conseil contre TV5 Monde portent, entre autres, sur l'intervention du journaliste Wassim Nasr dans son journal télévisé du 27 avril 2026.

 

Le journaliste, lors de son intervention, aurait mis en avant, selon le Conseil, « une prétendue incapacité des armées du Niger et du Burkina Faso à agir en soutien à l'armée malienne pour contrer les groupes terroristes, d'où leur non intervention au Mali depuis les attaques du 25 avril 2026 ». 

 

L'autorité accuse également la chaîne d’avoir diffusé des images « sans s'en assurer de leur crédibilité » et d’avoir « mis l'accent sur la prouesse supposée des groupes terroristes ».

 

L'autre reproche fait à la chaîne concerne l'intervention de Mohamed Elmaouloud Ramadane qui s'est présenté comme porte-parole d'une organisation dénommée « FLA » qui serait alliée à l'organisation terroriste «JNIM».

 

En agissant ansi, TV5 Monde, selon le Conseil, a permis à l’individu d’annoncer « faussement sur ses antennes, une prétendue prise de certaines villes maliennes par les groupes terroristes, et d'évoquer leur stratégie commune pour combattre les autorités maliennes » qu’il aurait traité d’ennemis.

 

«Qu'en ayant favorisé cela, en sus d'avoir fait preuve de partialité dans le traitement de l'actualité au regard du déséquilibre constaté au détriment des autorités maliennes, TV5 Monde s'est rendue complice d'apologie d'actes terroristes et d'entreprise de déstabilisation des institutions maliennes, et, subséquemment, de l'espace de l'Alliance des Etats du Sahel (AES)», jugent les membres du Conseil.

 

Des propos jugés infondés sur l’armée burkinabè

 

L’instance de régulation des médias au Burkina Faso évoque par ailleurs des propos qu'aurait tenus Jean Baptiste Gallopin le 2 avril 2026. L’ intervenant aurait accusé l’armée burkinabè d’exactions contre des civils et de « ciblages ethniques contre les peulhs ».

 

Selon le Conseil supérieur de la communication, ces propos sont « sans fondements » et leur diffusion engage la responsabilité de la chaîne.

 

0 commentaire

0 commentaire