
L’entreprise de BTP Ebomaf dans le collimateur d’un groupe de femmes dans l’arrondissement de Sèmèrè 2 à Ouaké. Dans cette commune de la Donga, des femmes protestent et exigent le respect des engagements pris par l’entreprise Ebomaf depuis deux ans. A l’origine, les activités d’extraction et de concassage de granite dans la carrière de Makaalé, située à Kpakpalaré dans l’arrondissement de Sèmèrè 2.
Depuis début juin 2021, les femmes riveraines de cette carrière expriment leur colère face aux « dégâts causés par les activités d’extraction de granite » réalisées par Ebomaf dans le cadre de la réhabilitation de la route Dassa-Savalou-Djougou. Les 7 et 9 juin, elles ont manifesté contre la société. Contactée au téléphone par Banouto, Yagba Agamou, une des responsables de ce groupe de femmes a exprimé son ras-le-bol et exposé les motifs de ces manifestations.
Entre autres motifs de ces protestations, la mort d’un élève de 12 ans, sur l’ancienne carrière qu’exploitait l’entreprise de BTP. Selon nos informations, il s’agit d’une « grande et profonde fosse » située non loin des habitations, abandonnée depuis plusieurs mois par Ebomaf, désormais délocalisé sur un autre site dans la même localité.
« Nous voulons juste qu’ils quittent notre localité. Ils ont détruit notre localité. Comme ils ont refusé de remblayer la fosse, ils doivent partir. Nous ne voulons plus voir nos enfants mourir », dénonce cette femme, mère de deux enfants. Pour cette autochtone, l’entreprise n’a pas l’intention de réparer les dégâts. « Ils ont détruit le pont, les rues et lorsque nous avons demandé de réparer, ils ont dit qu’ils ne sont pas le gouvernement » accuse-t-elle furieuse. A en croire ses dires, les activités de Ebomaf dans cette localité a eu également des conséquences sur leurs activités commerciales. « Depuis que le pont est cassé nous n’arrivons plus à nous rendre au marché », se plaint-elle, évoquant l’impossibilité de traverser le pont pour rejoindre le marché d’Alédjo dans la commune de Bassila, notamment en cette saison pluvieuse.
Conséquence, elles ont décidé de prendre la rue pour exiger le « départ immédiat » de l’entreprise pour non-respect de ses engagements. « Effectivement, les femmes ont marché sur deux jours. Elles ont menacé de reprendre les manifestations avec le soutien des hommes si rien n’est fait. Ce que les femmes reprochent à la Société Ebomaf est le non-respect des engagements vis-à-vis des populations », a confirmé Lalalac Yohan Pilinga, Chef de l’arrondissement de Sèmèrè 2 contacté par Banouto le 14 juin 2021.
A l’origine, des « engagements non tenus » par Ebomaf

Une réunion d'un groupe de femmes protestaires avec des autoités locales
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