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Avortement sécurisé au Bénin: leaders religieux et communautaires imprégnés de la nouvelle loi

Avortement sécurisé au Bénin: leaders religieux et communautaires imprégnés de la nouvelle loi

Des leaders religieux et communautaires du Bénin se sont imprégnés des dispositions de la loi sur l’avortement au Bénin. C’était grâce à une table ronde organisée par la Coalition des organisations de jeunes pour l’avortement sécurisé au Bénin (COJAS-Bénin) qui a eu lieu jeudi 5 mai 2022 à Grand-Popo.

Des leaders religieux et communautaires du Bénin se sont imprégnés des dispositions de la loi sur l’avortement au Bénin. C’était grâce à une table ronde organisée par la Coalition des organisations de jeunes pour l’avortement sécurisé au Bénin (COJAS-Bénin) qui a eu lieu jeudi 5 mai 2022 à Grand-Popo.

bLeaders religieux et communautaires

La compréhension que des leaders religieux et communautaires avaient de la loi sur l’avortement au Bénin a beaucoup évolué. Cela, grâce à la Coalition des organisations de jeunes pour l’avortement sécurisé au Bénin avec l’appui IPAS Afrique Francophone. La COJAS-Bénin a organisé, jeudi 5 mai 2022 à Grand-Popo, une table ronde de plaidoyer avec les leaders religieux et communautaires sur les droits en santé sexuelle et reproductive au Bénin.

A l’occasion les participants ont été entretenus sur les dispositions de la loi N°2021-12 modifiant et complétant la loi 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction en République du Bénin votée par l’Assemblée nationale. Leur perception après la présentation et l’explication des dispositions de la loi a dissipé les craintes qu’ils avaient soulevées au lendemain du vote de la loi par les parlementaires.

Dans sa communication Raphaël Totongnon, expert en santé sexuelle et reproductive, a présenté aux participants les conditions dans lesquelles la loi N°2021-12 en son article 17 nouveau autorise l’avortement. Il a expliqué, dans un premier temps que l’interruption volontaire de grossesse est autorisée sur prescription d'un médecin lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie et la santé de la femme enceinte. Le spécialiste informe également que la loi permet la pratique de l’avortement lorsque « la grossesse est la conséquence d'un viol ou d'une relation incestueuse et que la demande est faite par la femme enceinte ». La femme est autorisée à se débarrasser de sa grossesse si « l'enfant à naître est atteint d'une affection d'une particulière gravité au moment du diagnostic ». Mais, Dr Totongnon a insisté sur le fait que l’IVG ne doit pas être pratiquée comme un moyen de contrôle des naissances. 

Plus aguerris et engagés

Les imams, chef religieux, leaders communautaires ont mieux cerné le contenu de la loi sur l’avortement au Bénin. Après avoir remercié la COJAS-Bénin et IPAS francophone Afrique pour l’organisation de cette table ronde, ils se sont engagés à partager la vraie information autour d’eux.  « Mes impressions sont très bonnes parce que cette table ronde nous a permis de bien comprendre l’esprit de la loi sur l’avortement et de savoir qu’il s’agit d’un avortement sécurisé avec certaines contraintes », a signifié l’imam Chérif Inoussa de la mosquée centrale de Cococodji. A l’en croire, c’est désormais clair pour tous que le législateur a mis des garde-fous pour encadrer l’avortement.

Le chef religieux a exposé les moyens avec lesquels il pourra partager l’information à sa communauté. « Déjà, je travaille sur les thématiques parentés responsables, dialogue entre enfants et parents et dialogue entre mari et femme. Ces tranches de discussions me serviront de cadre pour mieux sensibiliser la communauté », a-t-il indiqué. L’imam a ajouté que le désir de tout leader n’est pas de faire la promotion de l’avortement mais de sensibiliser pour l’éviter au maximum.

Invité à cette séance d’échanges, le professeur Roger Gbégnonvi a fait comprendre qu’en votant la loi, le législateur n’a pas légalisé l’avortement les gens l’avaient ventilé dans le pays. C’est d‘ailleurs bien, a fait savoir l’ex-ministre, que ce soit les leaders religieux qui bénéficient des explications sur la loi. Puisque, a-t-il expliqué, ils étaient les premiers à crier au scandale lorsque la loi a été votée par les députés. « Nous avons tous compris qu’avec cette loi, l’Etat veut sauver la vie de ses citoyens qui meurent en voulant se débarrasser de leur grossesse »,

L’ancien ministre se dit être déterminé à contribuer à la sensibilisation pour un avortement sécurisé. Ses moyens sont déjà connus. Et de la façon la plus simple possible. « Il y a plein de jeunes gens qui viennent me demander conseil sur des cas délicats. Des gens qu’on m’envoie pour des conseils », a-t-il confié. Agbahoundé Gbéfondé, secrétaire national du culte Vodoun du Bénin a, quant à lui, insisté sur le dialogue entre les parents et enfants. « Il faut que les discutent avec les enfants afin que lorsque qu’une grossesse survient, la jeune fille puisse en parler au lieu de recourir à un avortement clandestin », a conseillé le chef religieux.

Avortement sécurisé

Membre de COJAS-Bénin, Béniel Agossou a précisé l’objectif de son organisation à initier une telle rencontre. Selon lui, la COJAS travaille à développer l’aspect légal de l’IVG y compris les conditions d’accès aux services d’IVG au Bénin. Aussi, a-t-il ajouté, elle travaille à élaborer un plaidoyer pour la pratique de l’avortement sécurisé. Et les séances d’échanges initiées par la COJAS-Bénin avec l’appui de IPAS Afrique francophone au profit des acteurs de la société civile en sont les moyens. La rencontre de Grand-Popo du 5 mai 2022 vise les leaders religieux et communautaires sur le risque de l’avortement clandestin qui à leur tour seront des relais dans leur entourage.

« Nous savons que les leaders religieux et communautaires sont des personnes déterminantes, influentes dans le développement local », a affirmé Merveille Ayihounton, assistante de programmes de IPAS Afrique Francophone. Elle souhaite compter sur la participation des chefs religieux et communautaires pour « réduire la mortalité au niveau des femmes et des jeunes filles » grâce à la pratique de l’avortement sécurisé. La représentante a fait savoir que la question de la santé sexuelle et reproductive est une question majeure dans la lutte contre les inégalités liées aux genres. Ces inégalités, poursuit-elle, constituent un problème pour le développement durable.