Attroupement de riverains auprès de la moto jettée par la police
La fin de la journée du 1er janvier 2026 a viré au drame pour une famille à Abomey-Calavi. Peu après 23 heures, un jeune père de famille a perdu la vie dans un accident de la circulation. Le drame s’est produit sur la piste cyclable reliant le carrefour Togoudo au carrefour IITA.
Selon les informations recueillies sur place, la victime revenait d’une rencontre festive à Godomey. Des témoins rapportent que le motocycliste roulait à vive allure au guidon d’une moto “Haojue 115” neuve. Ce, pour une destination qu’il n’a pu jamais atteindre.
Surpris par la présence de plusieurs autres motocyclettes devant lui, l’individu aurait freiné brusquement pour les éviter. Le freinage brusque et fort lui fait perdre le contrôle de l’engin, provoquant sa chute. Il heurte ensuite violemment la tête contre le bitume. Le choc lui est fatal.
« Le casque n’a pas résisté à l’impact. Il s’est brisé et la tête a directement touché le sol. Vu la manière dont il est tombé, on pouvait s’y attendre », explique Rodolphe, témoin oculaire de l’accident. La moto, quant à elle, n’aurait subi que peu de dégâts.
Une intervention policière qui fait monter la tension
Alertés, deux agents de police se sont rendus sur les lieux pour effectuer les constats d’usage. Ils ont ensuite sollicité un tricycle pour l’enlèvement de la moto accidentée, une initiative à laquelle la famille de la victime s’est vivement opposée. « Notre frère est mort seul, il n’a percuté personne. Donc vous ne devez pas saisir la moto. Au lieu de nous aider à évacuer le corps, votre soucis c’est d’emporter la moto au commissariat », s’est indigné en vociférant un proche du défunt.
Pendant ce temps, le corps se trouvait toujours sur la piste cyclable, plus d’une heure après l’accident. Le drap de couleur beige qui le recouvre s’est imbibé de sang.
Quelques minutes plus tard, d’autres policiers sont arrivés à bord d’un véhicule bâché. Pour disperser la foule, ils ont demandé aux conducteurs de taxi-moto, communément appelés Zémidjan, de dégager leurs engins de la chaussée. La plupart se sont exécutés, à l’exception d’une moto restée sur le trottoir.
La situation a alors failli dégénérer lorsqu’un policier a projeté cette moto au sol, endommageant son rétroviseur droit et son clignotant. L’engin appartenait à l’un des frères de la victime, qui tentait de libérer le trottoir afin d’y déplacer le corps, enveloppé dans un linge blanc.
Profondément affectés par la perte de leur frère, les membres de la famille n’ont pas pu contenir leur colère face à cet acte. Appuyés par d’autres personnes présentes sur les lieux, ils ont vivement protesté contre les forces de l’ordre.
Après plusieurs minutes d’échanges tendus, les policiers ont finalement quitté les lieux, laissant sur place la moto de la victime.
Le corps du défunt et son engin ont été finalement retirés des lieux à 00h 44 min par ses proches. La famille a indiqué qu’elle transportait le corps à un cimetière pour inhumation, conformément aux rites musulmans. L’illustre disparu laisse derrière lui deux enfants.
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Isidore
il y a 2 jours