Entrée principale du CHUD / Ouémé
Les étudiants en médecine à Cotonou suspendent leurs activités de stage hospitalier. La décision a été annoncée par le Bureau exécutif de l’Association des étudiants en médecine de Cotonou (AEMC) dans un communiqué rendu public jeudi 12 mars 2026 et authentifié par Banouto auprès du chargé des affaires culturelles et sportives de l’association.
Selon le document, cette suspension intervient « suite à la situation survenue le 11 mars 2026, impliquant des Docteurs en Études de Spécialisation (DES) dans un service de gynécologie-obstétrique ». La mesure concerne l’ensemble des étudiants en médecine en stage dans les structures hospitalières et restera en vigueur « jusqu’à nouvel ordre ».
Dans son communiqué, l’AEMC explique que cette décision vise notamment à exprimer sa solidarité envers « leurs aînés DES actuellement confrontés à des difficultés liées à l'apprentissage de leurs fonctions».
«Elle traduit également l'inquiétude des étudiants face aux risques auxquels ils sont exposés dans les structures hospitalières, alors même qu'ils demeurent des apprenants en formation», indique le communiqué.
L’association estime que les étudiants en formation sont exposés à des responsabilités importantes sans qu’un « document officiel ne définit clairement leurs attributions, leurs droits et les limites de leurs responsabilités sur les lieux de stage ».
Par cette suspension, l’association des étudiants en médecine de Cotonou entend également interpeller les autorités « sur la nécessité d'établir un cadre clair définissant les responsabilités des étudiants en milieu hospitalier, afin de garantir à la fois la sécurité des patients et la protection des médecins en formation ».
Le Bureau exécutif de l’AEMC invite par ailleurs les étudiants à respecter strictement la décision et à rester mobilisés « dans un esprit de responsabilité et de solidarité ». Le communiqué avertit que tout étudiant qui ne s’y conformerait pas « sera responsable des déconvenues ».
Selon des sources proches du ministère de la Santé, le Bureau exécutif de l’Association des étudiants en médecine de Cotonou a été reçu jeudi 12 mars 2026 par les autorités sanitaires pour échanger autour des préoccupations soulevées par cette affaire.
Une décision liée à la condamnation de médecins en spécialisation
Selon des professionnels de santé contactés par Banouto, cette suspension est consécutive à la condamnation de médecins en spécialisation impliqués dans l’affaire de la patiente décédée après une césarienne au CHUD de l’Ouémé.
La situation survenue le 11 mars 2026, impliquant des Docteurs en Etudes de Spécialisation (DES) dans un service de gynécologie-obstétrique auquel fait allusion le bureau exécutif de l’AEMC, selon nos sources n’est rien d’autre que la condamnation prononcée le mercredi 11 mars 2026 par le tribunal de Porto-Novo dans l’affaire du décès de la patiente.
Dans le verdict, trois des quatre prévenus poursuivis ont été reconnus coupables d’homicide involontaire. Ils ont été condamnés à 24 mois de prison dont 12 mois fermes et 12 mois assortis de sursis. Les mis en cause devront également payer chacun une amende de 200 000 FCFA et verser solidairement cinq millions de FCFA à titre de dommages et intérêts au plaignant et à la succession de la défunte.
La quatrième personne relaxée était poursuivie pour non-assistance à personne en danger.
Toujours selon nos sources, certains responsables étudiants s’interrogent sur la responsabilité réelle des médecins en spécialisation dans cette affaire d’autant puisque ces praticiens en formation travail dans les hôpitaux, sous la supervision des médecins titulaires.
Une condamnation née d’une dénonciation sur les réseaux sociaux
L’affaire est née d’une dénonciation publiée en janvier 2026 sur les réseaux sociaux par le mari de la patiente décédée. Dans un post Facebook, l’homme avait accusé des agents de santé de négligence dans la prise en charge de son épouse.
Il évoquait notamment une hémorragie post-partum qui aurait été tardivement prise en charge après une césarienne réalisée au CHUD-Ouémé.
Le témoignage, largement relayé avait suscité une vive émotion et relancé le débat sur la prise en charge des urgences obstétricales dans les structures hospitalières du pays.
Face à l’ampleur de la polémique, le chef de l’État avait donné des instructions lors du Conseil des ministres du mercredi 28 janvier 2026 afin de « situer les responsabilités » dans ce dossier.
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