Le verdict est tombé dans l'affaire Fayçal Samba Gani Ouorou, du nom d'un jeune décédé suite à une bavure policière à Parakou. Le corps sans vie du jeune étudiant avait été découvert le 19 novembre 2024 dans le quartier Nima, à proximité d’une moto et d’un casque.
L’affaire a provoqué une vive émotion au sein de l’opinion publique, notamment après la diffusion sur les réseaux sociaux d’allégations évoquant une possible bavure policière.
Après les rencontres et informations, le Procureur s’est autosaisi du dossier et a immédiatement ouvert une enquête. Ainsi 11 policiers et un agent de santé ont été interpellés et présenté au Procureur de la République le mercredi 27 novembre 2024. A la suite de leur audition, 07 parmi eux ont été placés sous mandat de dépôt et les 05 autres sous contrôle judiciaire, après l’ouverture d’une information.
Le procès, reporté il y a un mois, s'est tenu lundi 27 avril 2026, rapporte Fraternité Fm. L’audience s’est ouverte en présence des proches du défunt, des conseils des six agents poursuivis et d’un grand public. Les prévenus se succèdent à la barre, chacun exposant sa version, tentant de préciser sa place dans les faits.
Deux témoignages viennent rythmer les échanges. Le premier fait état de cris entendus aux alentours de 2 heures du matin. Le deuxième témoin affirme avoir été en compagnie de la victime au moment où des policiers les ont interpellés, exigeant le téléphone portable de Fayçal. Il explique avoir pris la fuite après avoir assisté à des coups portés contre ce dernier.
Le père du jeune homme prend ensuite la parole. Informé le lendemain vers midi, il indique que les premières explications faisaient état d’un accident de circulation. Les informations circulant en ligne ont progressivement orienté ses soupçons vers une intervention policière.
La famille a formulé une demande de réparation fixée à 100 millions de francs CFA. Le ministère public retient des poursuites pour coups et blessures volontaires contre quatre accusés, et pour recel de cadavre contre deux autres. Des peines allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement sont requises, avec une sanction spécifique visant le commissaire impliqué.
Après près de neuf heures d’audience, marquées par les plaidoiries de la défense en faveur d’une réduction des peines, la cour rend sa décision. Les condamnations s’échelonnent de deux mois à sept ans de prison, assorties d’une amende globale de cinq millions de francs CFA.
Un délai de quinze jours est ouvert à la famille pour interjeter appel, tandis que les condamnés disposent de trois mois pour s’acquitter des amendes prononcées.
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