Photo de famille des participants à l'atelier du projet BEPI
Les acteurs de la chaîne pénale béninoise tentent de s’adapter aux nouvelles réalités de la criminalité transfrontalière. Les 12 et 13 mars 2026, magistrats, avocats, officiers de police judiciaire et les parties prenantes ont pris part à une formation à l’École de formation des professions judiciaires (EFPJ), à Abomey-Calavi.
Au cœur des échanges, la coopération entre juridictions, les procédures d’extradition et d’entraide judiciaires en matière pénale. Des communications techniques, des études de cas et des travaux de groupe ont permis d’approfondir la compréhension des mécanismes juridiques existants.
« La criminalité se transforme, se diversifie, se complexifie », a alerté, lors du lancement des activités, Innocentia Apovo Monteiro, directrice du Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaires (BCEJ). Selon elle, « de nouvelles formes d’infractions émergent, souvent facilitées par la porosité de nos frontières, l’extension de l’internet ». Dans ce nouvel environnement, un individu peut commettre une infraction dans un pays et se réfugier dans un autre, pendant que les preuves se retrouvent disséminées dans plusieurs endroits.
Cet état de choses met à l’épreuve les systèmes judiciaires classiques, encore largement structurés autour de cadres nationaux. « Face à un ennemi qui se joue des limites territoriales, la réponse judiciaire ne saurait être solitaire et fragmentée », prévient Florentin Gbodou, directeur de cabinet du ministre de la Justice et de la Législation. Pour lui, la riposte doit être « collective, agile et résolument internationale ».
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet d’appui à l’entraide judiciaire en matière pénale (BEPI), bénéficiant de l’appui de l’Expertise France, filiale du groupe Agence française de développement (AFD).
Le projet BEPI vise, selon son Coordonnateur national, Montesquieu Hounhoui, « à soutenir les institutions judiciaires dans la mise en place de mécanismes efficaces d'entraide judiciaire internationale. Cette coopération permet non seulement d'accélérer les procédures mais aussi de mieux lutter contre les crimes transfrontaliers », a-t-il martelé.
Pour Bernadette Houndékandji Codjovi, directrice de l’EFPJ, l’enjeu est clair : « Le renforcement des capacités des magistrats et des professionnels de la justice constitue un levier important pour garantir une justice plus performante et adaptée aux enjeux contemporains ». Sans anticipation ni formation, avertit-elle, l’échec est inévitable face à une criminalité en constante mutation.
Au-delà de l’outil technique, les acteurs judiciaires insistent sur la manière de penser la justice. « L’entraide judiciaire, loin d’être un simple instrument technique, est devenue un impératif catégorique de souveraineté partagée », souligne Florentin Gbodou.
Le Bénin, engagé dans une dynamique d’ouverture et de développement, n’échappe pas aux multiples formes de criminalité. D’où la nécessité de maîtriser l’enquête judiciaire et d’anticiper les risques de la criminalité. « L’enquête judiciaire est l’arme la plus redoutable dont disposent les acteurs pour traquer les criminels là où ils comptent trouver refuge », fait observer Innocentia Apovo Monteiro, directrice du Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaires (BCEJ).
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