Cassandra Lewis
Reconnue béninoise, Cassandra Lewis remercie le gouvernement. Styliste modéliste, la sexagénaire de 61 ans est une arrière-petite-fille de Cudjo Oluale Kossola Lewis, natif de Bantè, déporté en Alabama, aux États-Unis pendant la période coloniale. Née et grandie au pays de l’Oncle Sam, celle qui est aujourd’hui mère de deux enfants, s’était engagée depuis quelques mois à renouer à ses origines. C’est désormais chose faite. Elle détient désormais son attestation de nationalité béninoise depuis le 22 mai 2026.
Devant la presse, Cassandra Lewis a remercié, jeudi 28 mai 2026, à Cotonou, les autorités béninoises pour ce document qui lui permet de renouer officiellement avec la terre de ses ancêtres. Très émue, elle a rappelé que cette reconnaissance représente bien plus qu’un document administratif. Selon elle, il s’agit d’un retour symbolique vers la terre quittée de force par son ancêtre au XIXe siècle, dans le contexte dramatique de la traite négrière transatlantique.
Pour Cassandra Lewis, cette attestation de nationalité constitue l’aboutissement d’une longue quête identitaire. Elle a confié que son arrière-grand-père nourrissait le rêve de retourner un jour sur sa terre natale, un souhait qui n’a jamais pu se réaliser de son vivant. Un rêve qu’elle vient de réaliser en tant que fille de la 5e génération de Cudjo Oluale Kossola Lewis. Aujourd’hui, se réjouit-elle, à travers cette reconnaissance officielle par l’État béninois, sa descendance estime accomplir une part de ce rêve interrompu.
L’Afrodescendante apprend avoir convaincu la justice béninoise après un test d’ADN et une documentation au nom de son arrière- grand-père. Elle a exhorté tous les afro-descents qui se reconnaîtront dans son histoire à engager le processus pour vivre ce bonheur et cette fierté qu’elle ressent.
Comme Cassandra Lewis, plusieurs afro-descendants ont renoué les liens avec le Bénin leur pays d’origine depuis le lancement en juillet 2025 de la campagne ‘’My Afro Origins’’. L'initiative fait suite au vote de la loi n°2024-31 du 2 septembre 2024 relative à la reconnaissance de la nationalité béninoise aux Afro-descendants. Ce texte fondateur consacre, pour la première fois dans l’histoire juridique du pays, le droit au retour et à la citoyenneté pour les descendants d’Africains subsahariens déportés hors du continent africain durant la traite des Noirs et le commerce triangulaire.
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