On en sait un peu plus sur ce pour quoi Samuel Akindès, ancien chef du 12è arrondissement de Cotonou est poursuivi devant la CRIET. Après la première audience consacrée à l’inculpation du prévenu, l’élu s’est à nouveau présenté devant les juges ce lundi 1er juin 2026.
A cette nouvelle audience, Samuel Akindès a répondu aux interrogations de la Cour sur la procédure. Il s’agit d’un dossier relatif à la construction du centre Eya à Fidjrossè Akogbato. Selon l’accusation, l’ex-CA est accusé d’avoir pris trois (3) millions de FCFA pour organiser de cocktail après un conseil d’arrondissement consacré à la validation du projet de construction du centre.
Mais la partie civile a indiqué que, non seulement le projet n’a pas été validé à la séance, mais il n’y a pas eu aussi collation à la fin de la séance alors que le montant lui a été remis comme convenu. Ce montant de 3 millions, détaille l’assistante du promoteur du centre Eya dans le procès-verbal de l’enquête préliminaire, avait été porté à la hausse après le refus de l’ex-CA. Le prévenu, selon l’assistante, aurait indiqué que les 200 000 FCFA proposés initialement étaient insuffisants.
La plaignante a insisté dans sa déposition lors de l’enquête préliminaire que les débats étaient en défaveur du projet au début de la séance. Mais elle a souligné qu’après réception des fonds, l'ex-CA a commencé à apporter des détails pour rassurer et convaincre ses collègues et les représentants des jeunes.
Samuel Akindès se défend
Face aux accusations de l’assistante du promoteur du centre Eya. Le prévenu a fait savoir à la Cour qu'il n'avait jamais reçu les 200 000 FCFA évoqués par la plaignante. « Elle m’avait appelé et m’a dit que son patron avait 200 000 FCFA pour moi pour les cocktails après la séance », a fait savoir le prévenu. Sa réponse , selon sa déposition, à cette proposition est négative. « Je lui ai répondu que le promoteur du centre Eya et moi sommes des amis et qu’il n’a pas besoin de me donner de l’argent pour organiser un cocktail. Je le fais à chaque session déjà », a déclaré l’élu.
En ce qui concerne les 3 millions de FCFA perçus, Samuel Akindès a reconnu avoir empoché l’argent. Mais selon lui, c’était un accompagnement de son ami et promoteur du centre Eya, comme il le faisait depuis son premier mandat. Il a dit lui avoir demandé l’argent alors que les deux ont échangé au téléphone sur des modalités de la mise en œuvre de la conception et de la réalisation du projet.
L’ex-CA dit avoir demandé à son ami un montant de 5 millions de FCFA. Mais le promoteur lui a promis 3. Il lui a fait parvenir ces fonds par le biais de son assistante. Selon l’élu, le projet a été bel et bien validé. Pour lui, c'est l’assistante qui n’a pas compris les débats qu'il y avait eu lors de la séance à laquelle elle a pris part.
L’ex-CA a déclaré que le projet avait été déjà validé avant que l’assistante lui remtte les 3 millions de FCFA en question. Selon lui, il y avait deux projets à l’ordre du jour de la séance. Le premier à être validé était celui du centre Eya et le deuxième concernait un autre projet. Il a donc rejeté les arguments de l’assistante l’accusant d'avoir été motivé par les 3 millions de FCFA.
Des observations du ministère public
Dans sa prise de parole le ministère public a fait des remarques et noté des constances dans le dossier. Le magistrat a noté une constance des 200 000 FCFA avec une divergence au niveau de chaque partie au procès. Il a noté une deuxième constance sur les 3 millions de FCFA que la partie civile considère comme une hausse des 200 000 FCFA. Et que le prévenu considère comme un accompagnement sur le plan politique.
Après ses remarques, le substitut du procureur spécial a demandé au prévenu s’il n'avait jamais reçu de l’argent par le passé du promoteur du centre Eya. L’ex-CA a répondu par la négation. Il a déclaré que c'est la première fois qu'il reçoit de l’espèce de la part du promoteur. Les autres fois, selon ses dires, ce sont des accompagnements dans le cadre de l’organisation d’activités politiques.
Dans la suite des débats, la défense du prévenu a fait une demande à la Cour. Les avocats de Samuel Akindès ont demandé la convocation de l’assistante du promoteur du centre Eya à la barre. Après cette demande, la Cour a renvoyé le dossier au 6 juillet 2026 pour convoquer la plaignante. A cette audience, le ministère public pourrait aussi présenter ses réquisitions et les avocats pourront aussi plaider.
Projet centre Eya à Akogbato
Dans sa déposition à la barre ce lundi 1er juin 2026, l’ex-CA a indiqué être à l’origine du projet. Il a expliqué avoir contacté le promoteur du centre Eya pour demander de l’aider à aménager un terrain de foot aux jeunes d’Akogbato, un quartier de son arrondissement. Il a soutenu qu'après le projet asphaltage, il n’y avait plus d’espace pour les jeunes et comme il le leur avait promis lors de sa campagne électorale, il voudrait tenir sa promesse.
C’est ainsi que le projet est né. Mais il dit avoir constaté après étude sur la mise en valeur de l’espace de deux hectares, que le centre Eya n’a pas intégré un terrain de foot dans le projet. Le prévenu a fait comprendre qu'il éprouvait des difficultés à laisser le projet se réaliser sans le terrain de foot. Alors des amendements ont été faits pour que le terrain de foot soit intégré dans le projet. Selon le prévenu, les discussions avec le promoteur du centre Eya ont porté leurs fruits et le terrain de foot a été finalement intégré.
Samuel Akindès dit avoir reçu à la veille de la session, les nouveaux documents qui intègrent le terrain. Et le jour de la séance, le projet a été validé. Mais il n’a pas compris pourquoi la plaignante le poursuit.
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