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Des milliers de francs investis aujourd’hui pour espérer récupérer dix fois plus demain. Le scénario semble alléchant. Pourtant, signale le directeur général du CNIN, il s’agit souvent d’un piège soigneusement construit pour dépouiller les victimes de leurs économies.
Invité de l’émission Le Regard Africain, Ouanilo Médégan Fagla a levé le voile sur le fonctionnement de certaines escroqueries qui prolifèrent actuellement sur internet. Selon lui, la cybercriminalité moderne repose avant tout sur l’ingénierie sociale, c’est-à-dire l’art de manipuler les individus pour obtenir leur confiance.
« Je vois la cybercriminalité dont je parle, la cyber escroquerie, comme une pyramide », explique-t-il.
Au sommet de cette pyramide se trouvent des réseaux particulièrement organisés qui mettent en place des plateformes promettant des revenus faciles à des personnes en quête d’emploi ou de compléments de revenus. Il s’agit des personnes d’une nationalité venue d’Asie. « Ils viennent, ils font quelques mois ou quelques jours dans le pays. Et leur système dure quelques mois », relève-t-il.
Ces, poursuit le patron du CNIN, lancent des plateformes qui sont censées aider les gens à sortir du chômage en accomplissant des tâches quotidiennes. Le principe est simple : les utilisateurs sont invités à verser de petites sommes d’argent (1 000 francs CFA, 500 francs CFA par jour), pour accomplir des prétendues « tâches quotidiennes ». Plus l’investissement augmente, plus les gains annoncés deviennent impressionnants. L'une des phrases chocs pour appâter les internautes est :« Si tu as mis 100 000 et que tu fais les tâches quotidiennes, tu es capable de récupérer jusqu'à 1 000 % de ton investissement », rapporte le responsable du CNIN.
Les jeunes attirés malgré les risques
Derrière ces promesses se cache pourtant une mécanique bien rodée. Les plateformes collectent des fonds pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois avant de disparaître brutalement. « Dès que ça commence à sentir mauvais, ils ne sont plus là. Les plateformes sont démantelées, tout le monde disparaît », prévient Ouanilo Médégan Fagla. Ils sortent l’argent collecté par crypto-monnaie.
Le directeur général du CNIN se montre également préoccupé par l’implication involontaire de certains jeunes actifs dans le trading de cryptomonnaies. « Il y a un gros danger qui guette notre jeunesse », avertit-il. Selon lui, ces jeunes servent parfois de relais pour des transferts financiers liés à ces réseaux sans toujours mesurer les conséquences juridiques de leurs actes.
Si les véritables organisateurs parviennent souvent à quitter le pays avant l’éclatement de l’affaire, ceux qui ont participé aux opérations financières restent exposés aux poursuites. Une réalité qui pousse le CNIN à multiplier les actions de sensibilisation afin d’éviter que d’autres jeunes ne tombent dans le piège de gains aussi rapides qu’illusoires.
Face à ces nouvelles formes d’escroquerie numérique, le message du CNIN est clair : lorsqu’une offre promet des bénéfices extraordinaires sans effort réel, la prudence doit être la première règle.
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