La magistrate Edibayo Joanna Dassoundo, présidente sortante de l'AIFJ-Bénin remettant le maillet à la magistrate Edwige Fifamè Aklou Tangni, présidente entrante, ce vendredi 26 juin 2026 à Cotonou
Une nouvelle page s'ouvre pour les femmes magistrates du Bénin. Élue à une très large majorité avec 61 voix sur 32, lors de l'Assemblée générale organisée vendredi 26 juin 2026 au Tribunal de Cotonou, Edwige Fifamè Aklou Tangni prend les commandes de l'Association internationale des femmes juges, chapitre Bénin (AIFJ-Bénin). Forte de douze années de magistrature et d'une solide expérience au sein de l'organisation, la nouvelle présidente entend inscrire son mandat dans la continuité des acquis tout en imprimant une nouvelle dynamique centrée sur l'efficacité du service public de la justice. Elle place son mandat sous le thème « affirmation du leadership des Femmes magistrats et renforcement de la promotion et de la protection des droits humains ».
Dès sa première intervention, après son élection, la magistrate a donné le ton. « Les promesses et les engagements pris au nom de la promotion et de la protection des droits humains, de la promotion de l'égalité du genre dans notre système judiciaire, devraient de plus en plus prouver une justice inclusive, impliquant tous les acteurs de la justice pour rendre notre service public de justice plus efficace », a-t-elle déclaré devant ses consœurs.
Huit priorités pour renforcer le rôle des femmes juges
Le nouveau bureau s'appuiera sur un programme structuré autour de plusieurs priorités. En première ligne figure le plaidoyer en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes, notamment à travers la promotion de la Journée internationale des femmes juges. La présidente entend également renforcer le leadership féminin dans les juridictions en misant sur la compétence, la probité et l'excellence professionnelle.
Le mandat prévoit aussi de consolider la solidarité entre les générations de magistrates, de vulgariser les résolutions issues de la dernière conférence régionale des femmes juges et de mobiliser davantage de ressources pour intensifier la formation des acteurs engagés dans la protection des droits humains.
Parmi les autres chantiers figurent l'élaboration d'un plan d'action découlant des recommandations des vingt ans de l'AIFJ-Bénin, la mise en œuvre des conclusions de la tournée des femmes juges dans les CAPE ainsi que le renforcement des compétences des acteurs impliqués dans la lutte contre la traite des êtres humains.
« Nous allons poursuivre ce chantier et porter très haut le flambeau de l'affirmation du leadership dans notre pays, au plan sous-régional et au plan international », a assuré Edwige Fifamè Aklou Tangni, avant de rappeler que « ce mandat n'est pas le mandat des sept personnes qui sont ici, mais celui de toutes les femmes magistrates du Bénin ».
Une forte contribution à l'efficacité du service public
Présente à cette élection, Claire Houngban Ayémona, magistrate à la retraite et ancienne présidente de l'association, a salué le chemin parcouru depuis la création du chapitre béninois en 2004. Elle a rendu hommage aux pionnières qui ont permis à l'organisation de s'imposer comme un acteur engagé pour une justice plus équitable. « Le parcours n'a pas toujours été facile, mais grâce à la détermination des unes et des autres, nous en sommes là aujourd'hui », a-t-elle rappelé, se réjouissant de voir les jeunes magistrates poursuivre cette œuvre collective.
L'ancienne présidente a également insisté sur l'importance du dialogue entre les générations et l'implication des hommes dans la promotion d'une justice respectueuse des droits de tous. « La justice a besoin de tous les acteurs, hommes et femmes, pour que vraiment notre pays soit un pays de droit, un État de droit qui constitue le lit de la paix », a-t-elle souligné.
Portée par cette confiance largement exprimée, Edwige Fifamè Aklou Tangni entend désormais transformer les ambitions affichées en actions concrètes. Pour elle, la force de l'AIFJ-Bénin résidera avant tout dans l'engagement collectif de ses membres à bâtir une justice plus inclusive, plus performante et toujours plus attentive à la protection de la dignité humaine. L'assemblée générale de ce vendredi a permis aussi de mettre en conformité les textes de l'association avec la nouvelle loi qui régit les associations et les fondations au Bénin.
Composition du nouveau bureau de l’AIFJ-Bénin
Présidente : Edwige Fifamè Aklou Tangni
Vice-présidente : Balkissou OSSENI OSHO
Secrétaire générale : Fifamè Astrid Déguénon
Secrétaire générale adjointe : Folakè Grâce Lyliane Odjo
Trésorière générale : Vînassé Mathilde MEKPOH Soukpo
Trésorière générale adjointe : Elsa Candide Mondukpè Kokossou
Secrétaire à l’information : Gisèla D. Kouagou
0 commentaire
0 commentaire