societe

Affaire Samuel Akindès contre le centre Eya à la CRIET: 5 ans de prison requis contre l'ex-chef du 12e arrondissement de Cotonou

Affaire Samuel Akindès contre le centre Eya à la CRIET: 5 ans de prison requis contre l'ex-chef du 12e arrondissement de Cotonou

Au Bénin, une peine de prison a été requise contre l’ex-chef du 12e arrondissement de Cotonou, Samuel Akindès. Le parquet près la CRIET estime que l’infraction d’abus de fonctions mise à la charge de l’élu municipal est constituée dans l’affaire l’opposant au centre Eya de Lionel Talon.

Au Bénin, une peine de prison a été requise contre l’ex-chef du 12e arrondissement de Cotonou, Samuel Akindès. Le parquet près la CRIET estime que l’infraction d’abus de fonctions mise à la charge de l’élu municipal est constituée dans l’affaire l’opposant au centre Eya de Lionel Talon.

Le siège du 12e arrondissement de Cotonou

Le siège du 12e arrondissement de Cotonou

Cinq de prison dont deux ans ferme. C’est la peine requise par le ministère public contre l’ancien chef du 12earrondissement de Cotonou dans le dossier l’opposant au centre Eya. Lors d’une nouvelle audience devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ce lundi 6 juillet 2026, le substitut du procureur spécial a fait ses réquisitions.

 

 

Samuel Akindès est poursuivi devant la juridiction spéciale pour « abus de fonctions ». Au cœur de la procédure contre l’ancien adjoint au maire de Cotonou, une somme de trois millions francs CFA.

 

 

Il ressort de l’accusation que cette somme a été remise à l’élu dans le cadre d’un projet du centre Eya appartenant à Lionel Talon, fils de l’ancien président béninois, à Akogbato. Lors d’une précédente audience, Samuel Akindès a soutenu que cette somme lui a plutôt été offerte comme une contribution du fils de l’ancien président béninois à sa campagne électorale à Cotonou.

 

 

A l’audience de ce lundi 6 juillet 2026, la Cour a entendu la représentante du promoteur du centre Eya sur des détails de l'accusation. Sa déposition était souhaitée par la Cour en vue d’éclairer la Cour sur la finalité de la somme d’argent remise à Samuel Akindès sur instructions de son patron.

 

 

Devant la Cour, l’assistante du promoteur a indiqué qu’elle avait reçu des instructions de son patron pour dans un premier temps remettre 200 000 FCFA à l’ex-chef du 12e arrondissement. Elle affirme que lorsqu’elle a informé l’ancien CA des instructions de son patron, l’élu lui a répondu que l’argent mis à sa disposition n’était pas suffisante.

 

 

 N’étant pas au parfum des discussions du l’ex-CA avec son patron, elle a dit l’avoir renvoyé vers son patron. Quelques minutes plus tard, a-t-elle fait savoir, son patron l’a rappellée et lui a  remis trois millions FCFA pour Samuel Akindès. « Quel était l’objet de la remise ? », a interrogé la Cour. La représentante du promoteur du centre Eya a déclaré que le promoteur du centre Eya, en lui remettant les fonds, lui a dit que Samuel Akindès a quelque chose à faire dont un cocktail. 

 

 

Les réquisitions du ministère public 

Faisant ses réquisitions, le représentant du parquet spécial à l’audience estime que l’infraction d’« abus de fonctions » pour laquelle Samuel Akindès est poursuivi est constituée. Cette infraction est prévue et réprimée par l’article 375 du Code pénal en vigueur au Bénin.

 

 

Cet article punit « tout agent public qui aura intentionnellement abusé de ses fonctions ou de son poste, en accomplissant ou en s’abstenant d’accomplir, dans l’exercice de ses fonctions, un acte en violation des lois afin d’obtenir un avantage indu pour lui- même ou pour une personne ou entité ». La peine varie de cinq à dix ans d’emprisonnement. Outre la peine d’emprisonnement, l’article prévoit une amende allant de deux à cinq millions FCFA.

 

 

S’agissant du dossier Akindès, le magistrat souligne que la qualité d’agent public de l’ex-chef du 12e arrondissement de Cotonou ne fait l’ombre d’aucun doute.  

 

 

Poursuivant, il a laissé entendre que le lien d’amitié entre Samuel Akindès et le promoteur du centre Eya n’a jamais été caractérisé par des remises de fonds. Il dit s’être fait cette conviction après la réponse de Samuel Akindès à la question de savoir si c'était la première fois que le promoteur du centre Eya lui faisait remettre une somme. L’ancien chef du 12e arrondissement a notamment répondu par l’affirmative.

 

 

Le ministère public, sur cette base, a requis une peine d’emprisonnement de cinq ans dont trois ans avec sursis contre Samuel Akindès. Outre la peine privative de liberté, le magistrat a demandé à la Cour de condamner l’élu municipal à la une somme de cinq millions FCFA.

 

 

Plaidoiries de la défense 

 

 

A la suite des réquisitions du ministère public, la défense de Samuel Akindès est entrée en scène. Les avocats de la défense ont, certains, plaidé la relaxe pure et simple de leur client. Ils soutiennent que les faits mis à la charge de leur client ne sont pas constitutifs de l’infraction d’ « abus de fonctions ». Ils ont donc demandé à la Cour de ne point suivre les réquisitions du parquet spécial.

 

 

Les autres avocats de la défense ont plaidé la relaxe au bénéfice du doute. A défaut de la relaxe pure et simple à leur client, ils appellent la Cour à relever un certain doute sur la commission de l’infraction d’ « abus de fonctions » par le conseiller municipal.  

 

 

 Samuel Akindès s’est aussitôt exprimé après les arguments développés par sa défense. Dans sa dernière prise de parole devant la Cour avant le verdict, Samuel Akindès a fait comprendre qu’un CA n’est pas un ordonnateur de budget. Il a également souligné que les débats devant la juridiction permettront d’instruire tout le monde sur la loi sur la décentralisation. « Je laisse la lumière jaillir sur les consciences afin que la vérité jaillisse», a conclu l’ex-chef du 12e arrondissement de Cotonou.

 

 

A la suite des plaidoiries et de la dernière prise de parole du prévenu, la Cour a décidé de renvoyer le dossier au 27 juillet 2026. A cette nouvelle audience, la juridiction spéciale devrait rendre sa décision. 

 

 

0 commentaire

0 commentaire