Hôpital de zone d'Allada, Tofffo et Zè (Image d'illustration )
Sauver des vies avant de réclamer le paiement des soins. C'est le principe qui guide la nouvelle politique du gouvernement dans les formations sanitaires publiques. Près d'un mois après son lancement, le dispositif affiche des résultats que l'exécutif juge prometteurs.
Invité à en faire le point lors de l'émission ''Face à l'actualité'' de la télévision nationale, ce week-end, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, s'est réjoui des premiers indicateurs, saluant à la fois la mobilisation des équipes médicales et le sens de responsabilité des patients. « Au regard du point disponible un mois après, la décision est d'une pertinence avérée », affirme le ministre, en s'appuyant sur les données remontées par le ministère de la Santé.
Un premier bilan jugé satisfaisant
Au cours des trois à quatre premières semaines d'application de la mesure, les hôpitaux publics ont enregistré un peu plus de 12 000 cas d'urgence. Après évaluation par les équipes médicales, plus de 4 000 patients ont été identifiés comme relevant d'une urgence vitale et ont été pris en charge sans attendre le paiement des frais.
Pour le gouvernement, ces chiffres confirment l'utilité de la réforme, même si un travail reste à faire pour mieux apprécier le caractère vital de certaines urgences. « Un peu plus de 4 000 ont été catégorisées et prises en charge comme étant des urgences vitales », précise Wilfried Houngbédji.
L'autre enseignement concerne le remboursement des soins. Selon le porte-parole du gouvernement, plus de 70 % des frais ont déjà été recouvrés, un résultat qu'il considère comme encourageant. « Les patients eux-mêmes, dans leur grande majorité, ont eu l'attitude de bons citoyens qui est attendue d'eux », souligne-t-il, tout en invitant ceux qui n'ont pas encore réglé leurs frais, alors qu'ils en ont les moyens, à le faire afin de garantir le bon fonctionnement des hôpitaux.
Soigner d'abord, payer ensuite
Wilfried Houngbédji insiste toutefois sur un point : la mesure ne signifie pas que les soins sont désormais gratuits dans les établissements publics. « Nous n'en sommes pas encore à l'étape du tout gratuit », rappelle-t-il. « Le jour où le Bénin sera suffisamment riche pour décréter que les soins dans les hôpitaux publics seraient gratuits pour tout le monde, les dirigeants n'auraient aucune gêne à le dire. Pour le moment, nous n'en sommes pas encore là », insiste-t-il.
L'objectif est plutôt d'éviter que des patients renoncent aux soins ou soient laissés sans assistance faute de disposer immédiatement de l'argent nécessaire. « Vous soignez d'abord, vous sauvez la vie d'abord, et ensuite, vous vous préoccupez de récupérer l'argent », résume le ministre porte-parole en rappelant l'instruction donnée par le président Romuald Wadagni et son gouvernement.
Pour les personnes réellement démunies, le gouvernement assure que les mécanismes de prise en charge des pauvres extrêmes et des pauvres non extrêmes pourront être mobilisés. Quant à ceux qui disposent des moyens financiers, même de façon différée, ils sont invités à s'acquitter de leurs frais afin de permettre aux hôpitaux publics de continuer à assurer leur mission.
À travers ce premier bilan, l'exécutif estime avoir posé les bases d'un système où l'urgence médicale prime désormais sur les considérations financières, tout en préservant la viabilité des structures de santé.
0 commentaire
0 commentaire