Raïssa Akplogan Ouinssavi, Docteur en physiologie de l’effort de l’Université d’Abomey-Calavi
Raïssa Akplogan Ouinssavi est, depuis samedi 29 avril 2023, docteur en physiologie de l’effort de l’Université d’Abomey-Calavi. Elle a soutenu sa thèse de doctorat qui porte sur « Apport nutritionnels et dépenses énergétiques chez les joueurs U20 de la sélection nationale de football du Bénin ». Dans son travail, elle a montré l’importance de l’alimentation dans la performance du footballeur en se basant sur des joueurs des championnats béninois et sur l’équipe U20 du Bénin qui a pris par en 2022 au tournoi de l’Union des fédérations ouest-africaine B (UFOA-B) qualificatif pour la Coupe d’Afrique des nations U20 jouée en février 2023.
Le jury de cinq membres, dirigé par le professeur Judith Ahounou pour délibérer, a regardé trois aspects fondamentaux du travail. Il s’agit, de la présentation du manuscrit, de la qualité pédagogique en rapport à la présentation orale de l’impétrante et de la maîtrise de la discussion. Il a accepté le travail en demandant à la candidate d’intégrer les corrections apportées par les membres. Le jury a décerné le grade de Docteur de l’Université d’Abomey-Calavi à Raïssa Akplogan Ouinssavi avec la mention très honorable.
Le Docteur Raïssa Akplogan Ouinsavi au mileu des membres de son jury
De la qualité des joueurs béninois sur l’alimentation du sportif
Au cours de ses recherches, le Docteur Raïssa Akplogan Ouinsavi a fait trois études. Elle a d’abord cherché à savoir si les footballeurs évoluant dans les championnats de première et deuxième division du Bénin ont une connaissance de l’alimentation d’un sportif. Selon l’impétrante, seulement 20 % des 502 joueurs enquêtés ont un bon niveau de connaissance et qu’aucun d’eux n’a de bonnes pratiques alimentaires. C’est ce qui a amené l’impétrante à entreprendre la deuxième étude pour apprécier l’équilibre entre les apports nutritionnels et la dépense énergétique des footballeurs de l’équipe U20 du Bénin. Elle a, de façon spécifique, déterminé les apports énergétiques et non énergétiques chez les footballeurs U20 pendant les périodes de pré compétition et compétition.
Apports énergétiques et non énergétiques des repas des U20
La deuxième étude a consisté pour l’impétrante de faire des prélèvements sur les repas servis au footballeurs U20 et d’aller les analyser dans les laboratoires. Les résultats sont comparés au standard de l’alimentation d’un sportif. Elle a pu conclure que les repas servis aux joueurs pendant la période de compétition sont qualitativement et quantitativement insuffisants. Ce qui ne leur permet pas de combler leurs besoins énergétiques. Elle a souligné qu’au Bénin, la pratique du football se fait dans un environnement où la température est élevée. Or lorsque le football se pratique dans une température ambiante de 39o C, les contraintes physiologiques augmentent et impactent négativement la performance des footballeurs. Donc, il faut un certain équilibre dans les groupes d’aliments pour permettre aux footballeurs de compenser leurs besoins énergétiques.
Résultats de la correction des menus des U20
La troisième étude a consisté à une intervention. Ayant constaté qu’il y a beaucoup de décalage entre la qualité et la quantité des groupes de nutriments qu’il faut pour un sportif dans les repas des U20, elle a apporté des corrections sur une période. Elle a pu remarquer que la correction des menus habituellement servis aux joueurs en respectant la répartition des nutriments énergétiques et un apport d’aliments riches en nutriments non énergétiques a eu des effets positifs sur la performance des joueurs U20. Car, après son intervention, elle a constaté une augmentation de la dépense énergétique, de la distance parcourue, de la vitesse maximale et de la distance parcourue en sprint lors du match de préparation qui a suivi. En conclusion, elle estime que les résultats obtenus permettent de dire que l’alimentation a sa place dans la préparation des footballeurs béninois.
Le Docteur Raïssa Akplogan Ouinssavi au milieu de ses deux directeurs de thèse
Que retenir ?
Le Raïssa Akplogan Ouinssavi conclut que le faible niveau de connaissance en alimentation et en hydratation chez les footballeurs enquêtés ont fait qu’aucun joueur n’a de bon niveau de pratique en alimentaire que ce soit hors des regroupements ou pendant les regroupements. Et il apparait qu’il existe une réelle association entre le bon niveau de connaissance et les bonnes pratiques. Car, il a été prouvé que la mauvaise alimentation du sportif a un impact négatif sur les pratiques alimentaires. Et le manque de connaissance en alimentation du sportif est l’une des causes de la mauvaise pratique alimentaire. Selon l’impétrante, l’absence d’un diététicien dans les clubs est à la base de la méconnaissance des joueurs en alimentation du sportif et des mauvaises pratiques alimentaires.
Des recommandations
Pour que les recherches futures dans la même thématique aient une portée scientifique plus grande, elle suggère que les enquêtes soient réalisées lorsque les joueurs sont aux regroupements dans les clubs respectifs afin de comparer ces résultats à ceux des regroupements de la sélection nationale U20. Elle a aussi souhaité que la même étude soit réalisée au niveau des footballeurs masculins et féminins des autres catégories d’âge. Elle recommande qu’il y ait un guide alimentaire au niveau des clubs et au niveau des équipes nationales. Il faut que des séances de sensibilisation soient organisées dans les clubs pour sensibiliser les joueurs aux bonnes pratiques alimentaires. La présence de diététiciens au niveau des clubs et dans les staffs des équipes nationales n’est pas facultative. Et, lorsqu’un accompagnement diététique par un spécialiste est fait, il doit être individuel et tenir compte du code de jeu du footballeur, de ses préférences et de ses tolérances alimentaires.
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