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Belgique-États-Unis : derrière la victoire des Diables rouges, le cas Balogun relance le débat sur l'indépendance de la FIFA

Belgique-États-Unis : derrière la victoire des Diables rouges, le cas Balogun relance le débat sur l'indépendance de la FIFA

La Belgique a dominé, lundi 6 juillet 2026, les États-Unis (4-1) en huitièmes de finale de la Coupe du monde. Mais au-delà du score, c'est la présence de Folarin Balogun sur la pelouse qui a alimenté la plus vive polémique du tournoi. Entre intervention supposée de Donald Trump, recours inédit à l'article 27 du Code disciplinaire de la FIFA et précédent remontant à 1962, l'affaire a soulevé de nombreuses interrogations. Banouto vous présente la situation en cinq (05) points.

La Belgique a dominé, lundi 6 juillet 2026, les États-Unis (4-1) en huitièmes de finale de la Coupe du monde. Mais au-delà du score, c'est la présence de Folarin Balogun sur la pelouse qui a alimenté la plus vive polémique du tournoi. Entre intervention supposée de Donald Trump, recours inédit à l'article 27 du Code disciplinaire de la FIFA et précédent remontant à 1962, l'affaire a soulevé de nombreuses interrogations. Banouto vous présente la situation en cinq (05) points.

Gianni Ifantino, président de la FIFA

Gianni Ifantino, président de la FIFA

Les Diables rouges ont répondu sur le terrain. Lundi 6 juillet 2026 à Seattle, la Belgique n'a laissé aucune chance aux États-Unis en s'imposant 4-1 pour décrocher son billet pour les quarts de finale, où elle retrouvera l'Espagne. Un succès net, construit grâce notamment au doublé de Charles De Ketelaere (9e, 33e) et au but de Hans Vanaken (57e), qui a sanctionné une énorme erreur du gardien américain.

 

Pourtant, avant même le coup d'envoi, ce huitième de finale était devenu bien plus qu'un simple rendez-vous sportif. Toute l'attention s'était portée sur un homme : Folarin Balogun. L'attaquant de Team USA, expulsé quelques jours plus tôt contre la Bosnie-Herzégovine, devait normalement être suspendu. Mais contre toute attente, la FIFA a annulé cette suspension quelques heures avant la rencontre, provoquant une onde de choc dans le monde du football.

 

Si Balogun n'a finalement pas réussi à changer le destin de son équipe face à une Belgique largement supérieure, sa possible présence sur la feuille de match avait déclenché une polémique qui dépasse largement le cadre du terrain.

 

1- Une suspension annulée contre toute attente

 

Lors du seizième de finale remporté 2-0 contre la Bosnie-Herzégovine, mercredi 1er juillet, Balogun avait été exclu après une intervention jugée dangereuse sur le défenseur Tarik Muharemovic. Après consultation de l'assistance vidéo, l'arbitre lui avait infligé un carton rouge direct. En principe, le règlement est clair : un carton rouge entraîne automatiquement un match de suspension. Plus encore, ce type de sanction ne peut normalement pas faire l'objet d'un appel de la part de la sélection concernée.

Folarin Balogun écrasant la cheville de Tarik Muharemovic lors du match de Coupe du monde entre les Etats-Unis et la Bosnie-Herzegovine le mercrdedi 1er juillet 2026

C'est pourquoi le communiqué publié dimanche 5 juillet par la commission de discipline de la FIFA a surpris. L'instance a annoncé avoir transformé la sanction en « un match de suspension avec sursis, assorti d'une période probatoire d'un an », permettant ainsi à Balogun d'être immédiatement disponible contre la Belgique. Pour justifier cette décision, la FIFA s'est appuyée sur l'article 27 de son Code disciplinaire.

 

2- L'article 27 au cœur des critiques

 

Ce texte autorise la commission judiciaire de la FIFA à « suspendre totalement ou partiellement l'application d'une mesure disciplinaire ». Autrement dit, elle peut décider que l'exécution d'une sanction soit reportée ou assortie d'un sursis.

 

Dans son communiqué, la FIFA précise : « Conformément à l'article 27 du Code disciplinaire de la FIFA, l'exécution de la suspension de match est assortie d'une période probatoire d'un an. Si Folarin Balogun commet une nouvelle infraction de nature et de gravité similaires durant cette période probatoire, le sursis sera révoqué. »

 

Cette disposition existe bel et bien et a déjà été utilisée par le passé, notamment dans le dossier de Cristiano Ronaldo. Le Portugais aurait dû manquer les 2 premiers matchs de la Coupe du Monde. En éliminatoires il avait été exclu contre Ireland pour avoir mis un coup de coude. 3 matches de suspension mais 2 qui ont été « suspendus » invoquant l’article 27. Mais, dans le cas Balogun, ce n'est pas tant le fond juridique qui fait débat que les circonstances ayant conduit à cette décision.

 

3- L'ombre de Donald Trump

 

Selon l'Associated Press rapporté par L’Equipe, la Maison Blanche est intervenue directement auprès de la FIFA afin de demander un réexamen de la sanction. Le New York Times va plus loin en affirmant que Donald Trump lui-même aurait appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, quelques heures après l'expulsion de Balogun. Quatre personnes informées de cette conversation ont indiqué au quotidien américain que le président des États-Unis avait demandé un nouvel examen du dossier.

 

D'après plusieurs médias américains, de hauts responsables de l'administration, dont Howard Lutnick et Andrew Giuliani, auraient également mobilisé des avocats afin d'aider la Fédération américaine à contourner un règlement qui interdit pourtant tout appel dans ce type de situation. Lundi 6 juillet, Donald Trump n'a d'ailleurs pas caché son implication. « Merci à la FIFA d'avoir agi avec justesse et d'avoir réparé une grande injustice », a-t-il écrit sur Truth Social, après avoir confirmé avoir échangé avec Gianni Infantino.

 

La Maison Blanche a également reconnu que les deux hommes avaient évoqué le carton rouge de Balogun, tout en affirmant qu'il s'agissait d'un « examen indépendant » ayant conduit à « l'issue juste et appropriée ».

 

4- La colère de la Belgique

 

Cette décision a provoqué une vive réaction du côté belge. Dans un communiqué, la Fédération belge s'est dite « stupéfaite par la décision de la FIFA de déclarer éligible le joueur américain Folarin Balogun, pourtant sous le coup d'une suspension ». Elle estime que l'instance mondiale a contrevenu à ses propres règlements ainsi qu'aux consignes transmises aux fédérations avant le tournoi. Elle a même indiqué étudier « toutes les options possibles ».

 

Au-delà de la Belgique, plusieurs responsables du football s'inquiètent déjà du précédent créé. Si une suspension automatique peut être levée dans un dossier aussi médiatisé, d'autres fédérations pourraient désormais réclamer un traitement similaire.

 

5- Un précédent vieux de plus de soixante ans

 

La décision est d'autant plus exceptionnelle qu'un cas comparable ne s'était plus produit depuis plus de six décennies. La dernière affaire remontait à la Coupe du monde 1962. Cette année-là, la star brésilienne Garrincha avait été expulsée en demi-finale et devait manquer la finale contre la Tchécoslovaquie. Mais, après des interventions de responsables politiques brésiliens, dont le futur président Tancredo Neves, la FIFA avait finalement levé sa suspension, permettant à l'ailier de participer au sacre du Brésil.

 

Pour de nombreux observateurs, le parallèle avec Balogun est frappant : dans les deux cas, une intervention politique aurait précédé une décision exceptionnelle de la FIFA. Au final, la Belgique a dissipé toute controverse sportive en s'imposant largement face aux États-Unis. Mais le dossier Balogun laisse une question ouverte.

 

Si l'article 27 permet juridiquement d'aménager une sanction, la chronologie des événements nourrit les soupçons d'une influence politique sur une décision censée rester indépendante. Une polémique qui pourrait durablement alimenter les débats sur la gouvernance de la FIFA et l'égalité de traitement entre toutes les sélections engagées en Coupe du monde.

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