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Bénin: une coiffeuse commence l’école à 17 ans et devient sage-femme

Bénin: une coiffeuse commence l’école à 17 ans et devient sage-femme

L’histoire d’une sage-femme qui a connu un cursus scolaire incroyable. Promise à une profession de coiffeuse, Pascaline Kassa, affectueusement appelée Baké, ne voulait pas se contenter de sa passion pour l’art. Après une formation de longues et laborieuses années, elle s’installe à propre compte avant de nourrir une ambition pour les études. Baké est aujourd’hui sage-femme après avoir vu pour la première fois le seuil de la classe du Cours d’Initiation (CI) à 17 ans. Son histoire inspire les internautes du groupe «Les meilleurs du Bénin». 

L’histoire d’une sage-femme qui a connu un cursus scolaire incroyable. Promise à une profession de coiffeuse, Pascaline Kassa, affectueusement appelée Baké, ne voulait pas se contenter de sa passion pour l’art. Après une formation de longues et laborieuses années, elle s’installe à propre compte avant de nourrir une ambition pour les études. Baké est aujourd’hui sage-femme après avoir vu pour la première fois le seuil de la classe du Cours d’Initiation (CI) à 17 ans. Son histoire inspire les internautes du groupe «Les meilleurs du Bénin». 

pascaline kassa

« Baké comme on l’appelle affectueusement, avait déjà sa vie bien prise en main. En 2001, après une formation de longues et laborieuses années en coiffure, elle s’était enfin installée à son propre compte et ne se plaignait pas de son destin.

Née d’une famille modeste, quelque part dans la commune de Matéri, elle n’avait pas eu la chance d’aller à l’école, mais s’était toujours battue pour atteindre ce qu’elle estimait à elle destiner. Cependant, au moment où la promesse d’une vie professionnelle et familiale épanouie lui était faite, une vocation soudaine allait changer le cours de son existence.

Après trois ans d’exercice passionné de son métier de coiffeuse, avec de nombreuses apprenties, signe de compétence avérée, elle fit une rencontre improbable. Au cours de quelques jours de congés qu’elle s’était accordée à Parakou, Pascaline avait fait la connaissance d’une charismatique religieuse de congrégation catholique. Elle tomba tout de suite dans le charme de l’appel du Seigneur et voulut immédiatement se faire religieuse.

A son retour, elle alla voir l’évêque de son diocèse pour lui exposer ses motivations. L’évêque, Msg Pascal N’KOUE, fut sensible à sa volonté. Néanmoins, la conditionnalité pour qu’elle intègre le noviciat était bien évidemment qu’elle aille à l’école pour apprendre à lire et à écrire. Et la question qui lui fut posée fut de savoir si, à son âge, dix-sept ans révolus, elle était prête à aller en classe avec des tout petits. Sa réponse fut un oui sans équivoque. L’évêque la confia aussitôt aux sœurs de Saint-Augustin de Natitingou pour son instruction.

Pascaline se donna entièrement aux études et ses progrès furent remarquables. Avec abnégation et application, au bout de quatre ans, elle obtint son CEP.

Toutefois, l’immersion dans la vie de la communauté des religieuses avait quelque peu effrité sa vocation à être l’épouse du Messi. Quelque chose en elle lui disait qu’elle était appelée à tout autre sacerdoce aussi noble que la consécration de sa vie à Jésus. Elle fit part de ses doutes à la congrégation et à son parrain. Tout le monde lui suggéra de continuer l’expérience scolaire le temps de s’assurer que son choix ne souffrirait d’aucune ambigüité.

D’un parcours remarque au primaire, elle soutint son rythme au collège et décrocha son Brevet d’études secondaires huit ans après avoir mis pied à l’école. A cette étape, elle était tout à fait convaincue de ne plus désirer une vie de religieuse. Elle voulait faire carrière dans la santé.

Armée de sa détermination, elle tenta avec succès le concours d’entrée à l’Ecole de Formation Médico-Social de Parakou. Malheureusement, quelques problèmes personnels ne lui permirent pas d’entamer la formation. Un peu plus tard, elle se résolut à faire une formation d’auxiliaire de pharmacie, formation au terme de laquelle, de par ses résultats et son dévouement, elle décrocha un emploi à l’hôpital Saint Jean de Dieu de Boko.

Pour elle, ce n’était qu’une autre étape, car elle ambitionnait d’aller encore plus loin. Après deux ans d’immersion professionnelle et de cohabitation avec d’autres corps de métiers au sein de cet illustre hôpital, elle formula le vœu de devenir sage-femme. Ce corps de métier l’avait particulièrement séduite, car elle avait un grand cœur rempli d’amours pour les enfants et était toujours prête à assister les parturientes bien au-delà de ses fonctions de dispensatrice de médications derrière sa verrière.

Pour réaliser son veux, Pascaline s’inscrivit en cours du soir afin de préparer le BAC. Elle ne se donna aucun répit avant de réussir à intégrer l’Ecole des Professions de Santé de Koudougou au Burkina Faso, l’option la plus abordable qui lui fut offerte toute considération prise. L’aventure du Burkina, dans le contexte contraignant que nous connaissons, ne lui fut guère facile, car, pour tout soutient, elle n’avait que ses maigres économies distraites de son revenu salarié à l’hôpital de Boko et l’encouragement substantiel de ses parents et amis.

Malgré cela, malgré la parcimonie qu’elle dû s’imposer, Baké réussi brillamment à franchir les trois années de formation en étant l’une des étudiantes les plus assidues et les plus félicitées de sa promotion. Sa sensibilité au contact des patientes lui valut plusieurs fois d’être cité en exemple. Actuellement, elle est en attente de la remise officielle de son diplôme, prête à embrasser sa nouvelle vocation, celle qui probablement était à l’origine de tout ce cheminement.

Baké a fait un rêve, celui de montrer que le désir de surpasser les barrières hypothétiques d’une vision cadrée des choses n’est subséquent qu’à la volonté. Sage-femme aujourd’hui, certes c’est un accomplissement louable tant que Dieu sait combien il nous en manque dans notre pays, mais pourquoi ne rêverait-elle pas encore plus à une carrière aussi noble que celle d’une ambassadrice de ces multiples "acteurs et actions" se focalisant sur l’émancipation des femmes et leurs droits.

Qui, mieux qu’elle, pour représenter l’UNICEF, Plan International et de nombreuses autres agences dans leur élan pour montrer qu’être fille n’est pas une fatalité ? Qui, meilleur qu’elle, peut donner le courage d’espérer à ces milliers de jeunes filles, qui à peine sorti de l’adolescence, voient leur existence résolument limitée à subir les affres d’une considération sociale surfaite ? ».

Source : Les Meilleurs du Bénin (Wilfried Katabnary Dari, auteur du texte)