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Dépigmentation : « La plus grande menace pour la peau des femmes africaines », Prof. Assane Diop

Dépigmentation : « La plus grande menace pour la peau des femmes africaines », Prof. Assane Diop

La grande menace pour la peau des femmes africaines, selon le dermatologue Assane Diop c’est la dépigmentation cosmétique volontaire. Invité sur l’émission priorité santé. Le spécialiste évoque les dangers liés à cette pratique.

La grande menace pour la peau des femmes africaines, selon le dermatologue Assane Diop c’est la dépigmentation cosmétique volontaire. Invité sur l’émission priorité santé. Le spécialiste évoque les dangers liés à cette pratique.

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La dépigmentation chez la femme africaine affecte beaucoup le bien être de sa peau. Professeur agrégé dermatologue, vénérologue a l’hôpital institut d’hygiène sociale de Dakar dans la rubrique "Question de femme" dans l'émission "Priorité santé", Assane Diop a parlé de ce qu'il appelle "la plus grande menace de la peau" pour les femmes africaines.

« La plus grande menace pour la peau des femmes africaines, c’est la pratique de la dépigmentation cosmétique volontaire et cette pratique les exposent à beaucoup de complication. Des complications qui peuvent être locales avec des infections cutanées », a-t-il prévenu.

Que les infections soient bactériales, parasitaires, mycosiques et virales, insiste le spécialiste, "il faut savoir que la dépigmentation volontaire est le facteur favorisant du premier motif d’hospitalisation dans nos services dermatologiques aujourd’hui à Dakar."

Selon le dermatologue, il existe la dermo hypodermique bactérienne qui peut être très sévère et mettre en jeu le pronostic vital des malades ainsi que le pronostic fonctionnel.  Dans ce cas ci, informe-t-il, parfois, "il y a un risque d’amputation". Dans les complications, ajoute Prof Assane Diop, "on a les troubles pigmentaires. Ces troubles pigmentaires peuvent altérer l’esthétique de la peau avec ce qu’on appelle le chrono oxygène".

 Concernant le chrono oxygène, le dermatologue prévient :  "le traitement n’est pas fameux. Souvent, ça ne donne pas de bons résultats, la femme est obligée de trainer avec des tâches noires au niveau des zones qui sont exposées au rayonnement solaire".

Pour Assane Diop, la manifestation d’affection cutanée beaucoup plus sérieuse peut toucher même certains organes comme par exemple le lupus. Cette maladie systémique, dans sa forme aiguille, "se manifeste par une rougeur qui touche les pommettes et le nez. Cette hypo pigmentation à savoir le chronos peut cacher des lésions, retarder les diagnostics et exposer les malades à une atteinte des organes internes. Ce qui peut conduire au décès dû à certaines complications rénales", informe l'invité de "Priorité Santé". 

Le spécialiste des problèmes de la peau a aussi souligné le lien avec la lèpre.  "Il y a aussi la lèpre, cette dépigmentation artificielle peut cacher les tâches cutanées des lèpres et retarder le diagnostic ce qui peut faire de cette lèpre une forme compliquée", a-t-il également prévenu.

Dans sa conclusion, il souligne qu’il y a actuellement un phénomène qu’on commence à voir depuis 2005. Ce sont les cas de cancer cutané qu’on voit chez les femmes qui pratiquent la dépigmentation cosmétique volontaire pendant plus de dix ans et la liste ne fait qu’augmenter chez ces femmes.