INVESTIGATION-REPORTAGE

LGBTQ au Bénin : la société rejette l’homosexualité, des vies se brisent et s’éteignent

( words)

Avec plus de 20.000 personnes homosexuelles identifiées, même s’il ne pénalise pas leurs orientations, le Bénin reste une terre hostile aux lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels, queers et autres. Des actes de stigmatisation, de discrimination et de rejet occasionnent des dommages socio-sanitaires irréparables chez ces personnes.

lgbt-homosexuel-homosexualite-benin-calavi-cotonou-parakou Message de voeux d'une association de défense des personnes homosexuelles au Bénin à l'occasion de la célébration des 62 ans d'indépendance

« Ce soir-là, je n’avais qu’une envie : que la terre s’ouvre et m’avale ». La trentaine révolue, Tranquilin* a manqué de peu de passer de vie à trépas. Plus de 10 ans sont déjà passés, mais quand il remonte le temps pour évoquer ce moment douloureux de sa vie, sa voix faiblit - et son visage pâlit.

Battu, insulté et traité de tous les noms d’oiseau pendant un conseil de famille, le collégien de 18 ans a fui son domicile pour tenter de se donner la mort sur une plage de Cotonou où il ingurgite presqu’une boîte de somnifère. « Après ce soir où ils m’ont humilié, je suis allé acheter une boite de somnifère avec l’ordonnance de mon oncle qui avait l’habitude de m’en commander. Puis, avec ma carte scolaire en poche, je suis allé à la plage. J’ai réfléchi un peu sur ma vie et j’ai avalé plusieurs comprimés de somnifère. Je ne sais plus le nombre, mais il ne devrait plus rester grand-chose dans la boîte que des passants ont retrouvée sur moi à la tombée de la nuit pendant que j’étais entre la vie et la mort ».

Transporté de toute urgence à l’hôpital, il est réanimé au bout de plusieurs jours de coma. S’il n’en est pas mort, le jeune de 30 ans garde encore des séquelles de cet épisode. « Jusqu’à présent, je ne peux plus manger certains aliments. Après la cure de détox qui a permis de vider tous les comprimés avalés, mon estomac s’est fragilisé ».  Né dans une fervente famille protestante, Tranquilin est transsexuel. Réprouvée et perçue comme une abomination, son orientation sexuelle est ce qui le rend indésirable dans sa famille.

Comme lui, aujourd’hui, ils sont des dizaines voire des centaines rejetées de leurs familles que des centres d’accueil de personnes LGBTQ+ hébergent. A Abomey-Calavi, l’un de ces centres tenus secrets appartient à Hirondelle club Bénin, un réseau d’associations de défense des droits des personnes identitaires, notamment des minorités sexuelles. « Dans notre centre, nous recevons des personnes rejetées, des jeunes pour la plupart chassés par leurs familles à cause de leurs orientations sexuelles. », informe Luc Agblakou, Président de l’organisation. En plus du logement, les pensionnaires du centre reçoivent un accompagnement de psychologue parce que, fait savoir ce défenseur des droits humains « ils arrivent traumatisés ».

Sous le poids de la stigmatisation et du rejet

Au Bénin, selon des données glanées auprès des organismes de défense des droits humains, on compte plus de vingt mille (20.000) personnes homosexuelles identifiées. Incompris, stigmatisés, discriminés, les homosexuels mènent une vie à toutes épreuves dans le pays. La Commission béninoise des droits de l’homme (CBDH) a tiré la sonnette d’alarme dans l’édition 2021 de son rapport annuel sur l’état des droits humains. « La situation des personnes LGBTQI, encore appelées "minorités sexuelles" est préoccupante », alerte l’institution publique en charge des droits de l’homme.

Perçues comme « des personnes dont l’orientation sexuelle est différente de celle que l’opinion générale estime être normale », les minorités sexuelles éprouvent de grandes difficultés d’accès aux services sociaux.  « La Commission constate que les difficultés d’acceptation et d’insertion des minorités sexuelles dans la société rendent difficile la jouissance de leurs droits. Chaque jour, ces personnes humaines subissent des violences physiques et morales et même la violation de leur droit à la vie de la part de leurs familles, leurs entourages, leurs collègues ou camarades ou encore tout simplement dans la société. », informe la CBDH. Dans son rapport présenté aux députés à l’Assemblée nationale, elle se dit « préoccupée par les agressions physiques et sexuelles, la détention arbitraire, les tortures et les traitements inhumains » qui sont infligés à ces personnes.

Des témoignages recueillis auprès des homosexuels qui ont accepté se confier à Banouto et d’organisations qui s’occupent de leurs droits, il ressort que les hostilités impactent leur accès aux soins de santé. En dehors de quelques centres friendly installés à Cotonou (02), Porto-Novo (01) et Parakou (01) où les réseaux d’association réfèrent leurs membres, il est difficile pour les LGBTQ d’aller se soigner dans les centres de santé.

« Les membres de la communauté LGBTQ n’ont pas tous accès à la santé. Les principaux obstacles identifiés sont non seulement, la distance géographique des centres adaptés, la non-existence dans plusieurs villes de centres adaptés pour ces types de population, la méconnaissance des lieux de prise en charge par la communauté, le manque d’information de base, la discrimination du personnel de santé et autres. Ces obstacles font que les membres de la communauté ont un accès très difficile aux centres de santé.», signale Kamal-Deen Bankolé, activiste des droits des minorités sexuels à Bénin Synergie Plus, le premier et le plus grand réseau d’associations identitaires du pays qui compte 18734 membres.

En raison de leur sexualité, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), les femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes (FSF) ou encore des bisexuels sont exposés à certaines infections qui attirent l’attention des agents de santé sur leur orientation sexuelle. Certains pour motif d’incompatibilité avec leur foi, n’hésitent pas à violer le serment d’Hippocrate. C’est ce que dénonce, l’un des responsables d’organisations de défense des minorités sexuels : « Quand vous allez dans un centre de santé,  il y a certaines infections qui amènent le personnel de santé à vous poser des questions précises. Quand vous avez des infections au niveau du pénis, de l’anus, ils vous posent des questions pour savoir. Ils se demandent comment un homme peut avoir d’infection à ces endroits. Cela amène à dire ses pratiques. Nous avons des cas où, dès que le personnel de santé est informé, il te  laisse, il t’abandonne. Il dit que sa religion l’empêche de soigner des gens comme ça. Dès qu’il sort de la salle de consultation, il dit à ses collègues. Et ça se propage. Voilà ce qui se passe. On n’a eu beaucoup de ces cas. »

En moyenne 30 cas de violences basées sur le genre  dont des violences faites aux minorités sexuelles sont répertoriés par mois au niveau d’Affirmative action Bénin, une association identitaire qui apporte assistance aux personnes homosexuelles vivant avec le VIH Sida. « On compte jusqu’à 50 cas par mois. Des violences verbales ou psychologiques, des arrestations arbitraires sur la base du genre, des agressions physiques. Plus d’une personne subit une VBG par jour à Cotonou, Calavi et environs », informe Kami Oba, activiste des droits des minorités sexuelles à Affirmative action Bénin. Ces données, apprend-il, sont collectées grâce à Eya, une application connue des membres de la communauté.

De la stigmatisation à l’irréparable

lgbtq-homosexuel-homosexualite-benin-cotonou-calavi-parakou Regard de personne homosexuelle victime d'agression à Abomey-Calavi (Ph: Hirondelle club Bénin)

Poussées à bout par l’hostilité de l’entourage, des personnes homosexuelles n’ont pas eu la chance de Tranquilin et sont déjà passées de vie à trépas. Les organisations identitaires déplorent des décès qui motivent davantage leurs actions pour une société tolérante et ouverte à la diversité sexuelle. Selon Kamal-Deen Bankolé de BSYP-Bénin, les personnes homosexuelles fuyant la stigmatisation et la discrimination en milieu hospitalier se sont livrées à l’automédication et en sont décédées.

« On a eu des cas où, quand ils ont subi, ils n’ont pas signalé ça aux responsables des réseaux, ils ont fait de l’automédication avec des tisanes traditionnelles puis en sont décédés. De juillet 2019 à septembre 2020, on a eu successivement au moins 5 cas de décès dus à l’automédication des suites de mauvais traitements du personnel de santé ».

Sur les cinq cas auxquels il fait référence, l’un des regrettés a laissé un journal intime dans lequel les membres de la communauté ont découvert ses confidences. « On a eu un cas où on a vu son journal intime dans lequel il décrit comment un voisin du quartier travaillant dans le centre où il va, le dévisage du regard et l’a signalé à sa famille. »

Kami Oba, l’activiste d’Affirmative action Bénin témoigne avoir perdu des proches qui se sont donnés la mort en raison des effets du rejet. « Il y a des cas de stigmatisation qui sont allés au suicide. Des proches qui ont vécu la stigmatisation et dès qu’ils sont rentrés, ils se sont suicidés ».

Du côté de Hirondelle Club Bénin, le Président Luc Agblakou rapporte « des cas où les gens sont décédés suite à l’automédication faute de soins par crainte de stigmatisation ». L’un des décès enregistrés en 2021, relève-t-il, est celui d’une femme trans à Dangbo au sud du pays.

En dehors des 20.000 LGBTQ identifiés, de nombreuses personnes homosexuelles vivent en marge des associations et réseaux identitaires. Pour les porte-voix des minorités sexuelles, ces personnes qui ne se font pas accompagner sont plus vulnérables face aux effets de la stigmatisation et décèdent dans le silence.

Avis de médecin

Pointés du doigt parmi ceux qui compliquent l’accès aux soins pour les personnes homosexuelles, les médecins et agents de santé sont-ils en droits de s’interdire de soigner un patient encore appelé client dont ils n’approuvent pas l’orientation sexuelle ? A la recherche de réponse à cette question, Banouto a interrogé Docteur Rodrigue Kakpo Zannou, Médecin Coordonnateur de la Zone Sanitaire Cotonou 6. « La réponse, c’est non ! », rejette-t-il daredare avant de poursuivre : «  Ce ne sont pas les conditions sociales de l’individu ou du client que nous avons devant nous qui détermine les soins. Nous offrons le soin sans préjugé. Rien ne nous permet de nous opposer à l’offre de soin à quelque patient que ce soit, fu-t-il un homosexuel. Les textes ne le permettent pas ».

Si le serment d’Hippocrate et la déclaration de Genève font obligation à l’agent de santé de donner ses soins « à quiconque » les lui demandera, des soignants se retrouvent en conflit avec leurs fois et leurs convictions face à des personnes homosexuelles. Pour Docteur Rodrigue Kakpo Zannou, ce ne sont pas des raisons valables au regard de la déontologie. « Le médecin ou l’agent de santé assermenté offre les soins selon la déontologie. Si la déontologie médicale est respectée, je ne pense que l’agent aura à porter un jugement sur l’orientation sexuelle du client avant de lui administrer les soins. Sa foi ou ses convictions personnelles n’interviennent pas dans l’offre de soins. Pas du tout alors ! », rappelle ce professionnel de la santé.

Sous un autre angle, explicite-t-il, « On peut même quitter le terrain de l’homosexualité. Est-ce que pour mes convictions personnelles ou ma foi, je peux refuser d’administrer des soins à un client qui n’est pas de la même obédience que moi ? La réponse est non ! C’est exactement la même chose que nous aurons à faire dans ce cas de figure. Le client homosexuel a les mêmes droits. Son appartenance à une catégorie sociale ne lui enlève pas le droit à la santé.  Donc, la conviction personnelle du soignant ne doit pas prévaloir dans l’offre de soins ».

En cas de refus de soins pour raison d’orientation sexuelle, Docteur Rodrigue Kakpo Zannou recommande aux victimes présumées de faire valoir leurs droits en saisissant les autorités et institutions compétentes. « Comme toute personne qui sent ses droits bafoués, la personne homosexuelle est autorisée à porter plainte devant les juridictions compétentes. D’abord devant le supérieur hiérarchique de l’agent qui lui aurait refusé les soins. Il peut aussi aller par voie pénale porter plainte devant les juridictions compétentes et la procédure va suivre son cours. C’est la porte de sortie. Je sens mes droits bafoués, je porte plainte pour qu’on me répare le préjudice causé ».

 A l’origine du rejet, des « valeurs boussoles »

dodji-amouzouvi-lgbtq-benin-homosexuel-homosexualite-cotonou-calavi-parakou Professeur Dodji Amouzouvi, sociologue et directeur scientifique du LARRED

Malgré les drames du rejet et de la stigmatisation, une majorité de Béninois reste hostile à l’homosexualité. De l’avis des spécialistes des faits de société, c’est un rejet qui s’explique.

« Les valeurs boussoles de notre société ou de nos sociétés aujourd’hui au Bénin, n’acceptent pas encore cette pratique-là. C’est pour cela que vous verrez des résistances frontales aux homosexuels. », signale le professeur titulaire de sociologie Dodji Amouzouvi. Qu’elles soient religieuses, héritages culturels ou qu’elles soient dans la perception du sexe, résume le chercheur et directeur scientifique du Laboratoire d'analyse et de recherche : religions, espace et développement (LARRED)« ces valeurs boussoles disent : " pour manger de l’igname pilé, il faut un mortier et un pilon. Lorsque vous avez deux mortiers, vous ne mangez pas de l’igname pilé. Lorsque vous avez deux pilons, vous ne mangez pas de l’igname pilé." ». 

Dans les sociétés béninoises explique le sociologue, « pendant longtemps, nous avons considéré le sexe de l’humain comme des organes reproducteurs et le mystère qui entoure la vie est tel que nous l’avons reporté sur ces organes. Pour nous, c’est tellement sacré, c’est tellement mystérieux que la valeur et le respect qu’on doit leur donner ne peuvent passer que par des interdits, une sorte de tabourisation au point de sacralisation. » Du coup, apprend-il, l’homosexualité est perçue comme  « une défiance aux dieux » sur la base de cette conception religieuse et cultuelle de la fonction du sexe dans la société.

« Aujourd’hui encore, nos cultures, notre héritage culturel est encore à ce niveau-là : on ne défie pas impunément un dieu ou les dieux. On ne provoque pas impunément un dieu. Aujourd’hui, mettre un homme et un homme ensemble, une femme et une femme ensemble, pour le Béninois lambda, pour notre culture, c’est une manière de défier les dieux. »

D’un sociologue à un autre, le constat est le même, la conception du rôle dévolu au sexe motive le rejet de l’homosexualité. Dr Raymond Assogba, Maître de conférences des universités CAMES, rappelle qu’au Bénin l’hétérosexualité est la norme socialement admise en termes d’orientation sexuelle. « Depuis notre enfance jusqu’à notre détermination à constituer une famille, on sait que la normalité du couple, c’est un homme et une femme ou un homme et plusieurs femmes ».

Outre les considérations religieuses et culturelles, les Béninois, rapportent les deux sociologues, perçoivent l’homosexualité comme une pratique que les Occidentaux propagent à travers le monde.

« Nous sommes aujourd’hui dans un contexte de mondialisation depuis 1892. Ça fait 130 ans d’ouverture à 360° sur les sociétés occidentales. Cela entraine cette particularité de découvrir par la technologie de l’informatique et de la communication, les faits sociaux des sociétés avec tendance de socialisation, de conditionnement à copier aux influences de vie dans ces sociétés-là », pointe Dr Assogba. Cet enseignant de Boologie (Science inventée au Bénin qui étudie les variables scientifiques des Djowamons culturels – réalités cultuelles endogènes- que sont fa-vodoun et boo), à l’université d’Abomey-Calavi soupçonne « une politique occidentale post-moderne qui cherche à favoriser le conditionnement et la socialisation des Béninois aux tendances homosexuelles. » à travers des influences sur les organisations de la société civile et les gouvernants.

Dodji Amouzouvi affirme comme lui, qu’« on nous l’impose par différents canaux ». Le directeur scientifique du LARRED relève que les barrières à l’homosexualité sont « vite franchies face à la force de l’argent ». Et de quelle façon ? Il répond : « Ceux qui aujourd’hui détiennent les bourses mondiales sont soit des homosexuels, soit des défenseurs de l’homosexualité. Quand vous avez besoin d’argent, ils vous imposent en disant, tant que vous n’allez pas les reconnaître et les mettre dans votre constitution, on vous ferme le robinet. Du coup, ça y est ! on accepte. » A ce sujet, le boologue Assogba se rappelle du plaidoyer du président Barack Obama au Sénégal. « Quand il était au pouvoir, le président américain Obama est venu en Afrique au Sénégal et a demandé qu’on assouplisse la législation au profit des personnes à tendance homosexuelle. », a-t-il cité en exemple de moyen de pression.

 En dépit des influences extérieures qu’ils observent, ces sociologues reconnaissent qu’il a toujours existé une forme d’homosexualité dans la société béninoise depuis la nuit des temps. Celle-ci, le professeur Dodji Amouzouvi, l’appelle homosexualité "rituelle" et n’est observée que chez les adeptes du vodoun.

« Les études, les niveaux de connaissance que nous avons aujourd’hui, remontent à une certaine posture homosexuelle spirituelle, mais pas pour s’accoupler, pour avoir le plaisir comme un homme et une femme auraient pu jouir du plaisir. » fait-il savoir.

Le sociologue spécialiste des réalités endogènes Raymond Assogba en parle aussi. « Il ne faut pas penser que ce n’est pas propre à nous. Seulement, il y a une manière de circonscrire les cas qui sont gérés par le vodoun », dit-il aussi. Il a d’ailleurs assisté à une scène datant de trois ans qui a suscité des interrogations en lui. « Je suis parti assister à épé-épé à Glidji (fête de fin d’année chez les populations Mina ou Ewé au Bénin et au Togo) et dans la communauté des vodounsis (adeptes ou initiés vodoun), le regard de l’attachement entre deux vodounsis de même sexe a attiré mon attention. Et je me suis demandé "est-ce que ce sont des homosexuels ?". C’est ce que l’Occident a donné comme nom. Il faut qu’on aille chercher l’appellation dans le cas du vodoun parce que je sais qu’il y a des prises en charge pour reconfigurer la personnalité de cette tendance. (..). Ces tendances sont gérées par les Djowamons béninois », témoigne le chercheur béninois.

‘’Aucune progression sociale ne remet en cause le droit à la vie’’

lgbtq-benin-homosexuel-homosexualite-cotonou-calavi-parakou La circulation à Cotonou

Malgré les valeurs qui sous-tendent le rejet des minorités sexuelles dans la société béninoise, les sociologues chercheurs Raymond Assogba et Dodji Amouzouvi déconseillent les violences faites à ces personnes. « Il n’y a pas de progression sociale qui remettent en cause le droit à la vie de la personne homosexuelle. Ceux qui violentent les homosexuels commettent des délits », a prévenu le boologue.

« Pour être franc. On ne peut pas continuer à entretenir une hostilité. Un Etat qui entretient ça n’est pas responsable, un gouvernement qui entretient ça n’est pas responsable puisque les homosexuels sont aussi les enfants de la République. », a dit Amouzouvi. Il estime qu’il faut mettre en place des mécanismes pour que les minorités ne soient pas écrasées et agir pour la tolérance au niveau de la population sans lui forcer la main. « Il faut travailler pour que la société évolue, comprenne, mûrisse. Il y a des chocs intérieurs comme des chocs extérieurs. Il faut compter avec le temps. Un jour viendra où être homosexuel ne sera plus un problème, mais pour le moment, c’est un problème parce que ça ne répond pas aux valeurs. Quand on sait que les valeurs évoluent, il faut suivre et laisser éclore au moment où ça doit. »

Appelés Friendly dans le milieu des minorités sexuelles, il existe quelques centres de santé où les personnes homosexuelles affiliées à des organisations identitaires ou référées parviennent à se faire soigner.  « Ces centres sont des centres que nous appelons Friendly parce qu’ils donnent des services adaptés. Dans ces centres, le personnel a été formé. Il y a un centre de santé public et un centre de santé privé qui sont les deux que nous avons ici à Cotonou. », apprend le Superviseur et Chef Bureau chez BSYP Bénin.

En 2019, peut-on lire dans le rapport 2020 du Conseil national de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose, le paludisme, les hépatites, les IST et les épidémies (CNLS-TP), BSYP a notamment référés 82 cas positifs au VIH et 74 cas d'IST diagnostiqués au niveau des homosexuels vers ces formations sanitaires friendly pour les soins et traitements idoines.

Au niveau de ces centres, témoigne également le président de Hirondelle Club Bénin, « il y a des médecins gays Friendly qui ont des attitudes appropriées pour soigner les cibles ».

Affirmative action Bénin qui suit les personnes homosexuelles vivant avec le VIH/SIDA auprès de ces centres note une satisfaction globale. « Une personne LGBTQ qui a des soucis de santé peut se rendre dans ces centres. En termes de prise en charge, ils font un très bon travail », recommande Kami Oba.

A l’instar, de ces professionnels de santé, souhaitent les défenseurs des droits des personnes homosexuelles, tout le monde devrait avoir une attitude de tolérance sans distinction d’orientation sexuelle. C’est d’ailleurs, selon la CBDH, ce que stipule la Constitution béninoise en son article 36 : « Chaque Béninois a le devoir de respecter et de considérer son semblable sans discrimination aucune et d’entretenir avec les autres des relations qui permettent de sauvegarder, de renforcer et de promouvoir le respect, le dialogue et la tolérance réciproque en vue de la paix et de la cohésion nationale ».

*Tranquilin est un prénom d’emprunt pour préserver l’identité de la personne homosexuelle.

A lire aussi ...