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« L’Afrique ne peut pas abandonner le Mali à quelques colonels », Gilles Yabi

« L’Afrique ne peut pas abandonner le Mali à quelques colonels », Gilles Yabi

L’analyste politique et économiste béninois Gilles Yabi pense que tous les pays africains devraient se pencher sur la situation qui prévaut au Mali.

L’analyste politique et économiste béninois Gilles Yabi pense que tous les pays africains devraient se pencher sur la situation qui prévaut au Mali.

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Gilles Yabi

 

La situation sociopolitique au Mali préoccupe Gilles Yabi. Analyste politique, économiste et fondateur de Wathi, un think tank citoyen ouest-africain, le Béninois a invité les pays africains à se pencher sur le cas de ce pays qui connaît depuis quelques années des coups d’Etats.

Le lundi 24 mai 2021, le président de la transition au Mali Bah N’Daw et son Premier ministre ont été enlevés et gardés au camp militaire de Kati. Le mardi 25 mai, Assimi Goïta, vice-président de la transition a annoncé les avoir mis « hors de leurs prérogatives » pour « préserver la charte de la transition », adoptée en septembre 2020. Le Colonel Assimi Goïta est d’ailleurs le chef de la junte qui a fait le coup d’Etat du 18 août 2020 contre le régime du président Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK). Un putsch qui a conduit au processus de transition en cours dans le pays.

Malgré tous les appels de la CEDEAO, l'UA, l'ONU, l'UE à la libération de Bah N’Daw et Moctar Ouane, les militaires les ont gardés au camp de Kati. Dans la soirée du mardi 25 mai, l'UE a annoncé des "sanctions ciblées" contre les militaires. Mercredi 26 mai, le président et son Premier ministre ont dû présenter leurs démissions au Colonel Assimi Goïta, N° 2 du gouvernement de transition. Plus tard dans la nuit du mercredi au jeudi 27 mai, les deux hommes ont été libérés. Suite à la « vacance de la présidence », vendredi 28 mai, la Cour constitutionnelle malienne a déclaré Assimi Goïta, président de la transition, chef de l’Etat avec « tous les attributs et toutes les prérogatives » qui y vont avec.

Pour Gilles Yabi, la gestion de ce pays ouest-africain ne devrait pas être laissée à l’Armée. « L’Afrique ne peut pas abandonner le Mali à quelques colonels », a martelé l’analyste dans une chronique publiée ce samedi 29 mai 2021 sur RFI. Si le fondateur de Wathi convient que la situation est complexe, il estime qu’il n’y a pas lieu de laisser faire. « Même si la tentation du découragement est forte, la résignation n’est pas une option », conseille-t-il. Car, poursuit Gilles Yabi, « C’est dans chacun des pays africains que se joue le destin de l’ensemble du continent ».

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