Archives

Bénin : Patrice Talon admet un recul démocratique et se justifie

Bénin : Patrice Talon admet un recul démocratique et se justifie

Pour Patrice Talon, il est nécessaire de réduire des acquis démocratiques pour amener son pays le Bénin à accéder au développement.  

Pour Patrice Talon, il est nécessaire de réduire des acquis démocratiques pour amener son pays le Bénin à accéder au développement.  

patrice-talon-greve-democratie-benin-francePatrice Talon, Président du Bénin

Le Président du Bénin a une conception du développement qui ne s'accommode pas trop des libertés démocratiques. Le Chef de l’Etat béninois qui s'exprimait mardi 30 août 2022 à Paris dans le cadre d’une rencontre avec les entrepreneurs français s’est fondu en justification du recul démocratique dans son pays.

“J’ai rencontré les parlementaires. Je les ai convaincus. Nous avons légiféré et désormais au Bénin, la grève est interdite dans les secteurs vitaux comme la santé, la police, les pompiers - tout ce qui concourt à la survie des concitoyens-, c’est interdit!”, a d’abord affirmé, tout fier le président béninois. “Dans les autres secteurs, la grève est limitée à deux jours maximum par mois et dix jours par an”, a-t-il poursuivi avant d’avouer: “C’est vrai, c’est un recul par rapport aux acquis de démocratie”. 

A son aveu, le président a une explication tout trouvé, c’est le sacrifice à faire pour conduire le pays au développement. “Vous savez, moi, je n’ai pas l’ambition d’avoir une expression démocratique identique à la France. Je vois des gens qui sont choqués. Je vais vous dire pourquoi. Quand un pays comme la France, l’Italie, les Etats-Unis, est  construit, organisé, structuré, que la plupart des fondamentaux sont acquis, l’expression démocratique peut flirter avec l’anarchie. C’est pas grave, ça ne compromet pas la survie du pays (...).Quand un pays est construit, on peut ne pas avoir un gouvernement pendant six mois. C’est ce qu’on a vu en Belgique, c’est pas un problème. On peut contester tout ce qui se fait, le pays n’est pas paralysé.”

A contrario, dit-il, “quand un pays est à construire, notamment dans un pays où tout est à reprendre,  vous avez besoin d’avoir une réglementation forte, vous avez besoin que les gens respectent la loi, soient disciplinés, l’expression démocratrique qui doit s’exprimer, faut pas souhaiter que ça soit ce qui est le cas dans les pays développés.” A cet effet, le président béninois est sûr que son expérience ne peut prospérer en France. “Ce qui fait que le droit de grève, tel que cela a été réformé au Bénin, on ne va pas le faire en France parce que ce ne serait pas acceptable”.  Pour son pays, assure-t-il, “c’était devenu important, vital, primordial, sinon ce pays restera éternellement dans la pauvreté.”

2 commentaires

2 commentaires

AGBOSSOU DJEDATIN Marcel
il y a 3 ans
A un moment donné, les Béninois, dans leur démocratie, ont commencé par confondre la liberté au libertinage. Ainsi, le pays ne peut pas évoluer. M. TALON, évolue sans rétroviseurs !
Répondre
Le Béninois
il y a 3 ans
Agbonnon! laisse explication et continue seulement! Dieu est grand.
Répondre