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Prévention de l’extrémisme violent au Bénin: ISS et Wanep outillent journalistes et société civile

Prévention de l’extrémisme violent au Bénin: ISS et Wanep outillent journalistes et société civile

Les acteurs de la société civile et des médias béninois ont été outillés sur la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent en au Bénin. Organisé par l’Institut d’études de sécurité (ISS) et Wanep-Bénin, l’atelier de partage d’analyses et d’expériences s’est tenu les 1er et 2 octobre 2020 à Cotonou.

Les acteurs de la société civile et des médias béninois ont été outillés sur la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent en au Bénin. Organisé par l’Institut d’études de sécurité (ISS) et Wanep-Bénin, l’atelier de partage d’analyses et d’expériences s’est tenu les 1er et 2 octobre 2020 à Cotonou.

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Le Malheur n’arrive pas qu’aux autres. Le bureau pour l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et le bassin du Lac Tchad de l’Institut d’études de sécurité (ISS) et la section béninoise du Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (Wanep-Bénin) veulent anticiper sur l’extrémisme violent au Bénin. Depuis plus d’une décennie, plusieurs pays africains, en l’occurrence ceux du Sahel, sont le théâtre de plusieurs attaques perpétrées par des Groupes extrémistes violents (GEP). 

Chaque année, des centaines de personnes sont enlevées et ou tuées au Mali, au Tchad, au Burkina Faso, au Nigéria, au Cameroun, au Niger, entres autres. « L’activisme des groupes extrémistes en Afrique de l’Ouest s’est accentué au cours des dernières années. Leurs actions ne se limitent plus aux Etats sahéliens », relève l’ISS.

Au regard des signes d’activités de ces groupes dans les espaces frontaliers du Burkina Faso et les régions septentrionales des Etats du Littoral tels que le Bénin et la Côte d’Ivoire entre autres, il est clair que les médias et la société civile ont un important rôle à jouer dans la prévention et la lutte contre l’extrémiste violent (P/LEV) par l’information et la sensibilisation. 

C’est pourquoi l’ISS et Wanep-Bénin, en partenariat avec l’Open society initiative for West Africa (OSIWA) et le Danemark, ont décidé sous l’égide de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (ABeGIEF), d’outiller les acteurs des médias et de la société civile sur cette thématique. Car, a souligné Lori-Anne Théroux-Bénoni, directrice régionale de l’ISS, même si le Bénin semble être à l’abri des activités de ces groupes, « le risque demeure réel ».

« L’extrémisme violent est une véritable menace à la paix et à la sécurité qui se rapproche de plus en plus de nous à grands pas », a renchéri Maryse Ahanhanzo Glèlè, Coordonnatrice nationale de Wanep-Bénin. Pour elle, même si tout laisse croire qu’il n’y pas de menaces de GEV dans le pays, il y a de « petites actions qui interpellent ».

« Domestiquer les concepts »

Selon les organisateurs, cet atelier de partage d’analyses et d’expérience sur la P/LEV a pour but de permettre aux OSC et aux médias d’améliorer leur compréhension de l’extrémisme violent (nature, évolutions, acteurs, modes opératoires) dans le Sahel, dans le bassin du Lac Tchad et dans la sous-région et surtout d’identifier les bonnes pratiques et les leçons apprises dans le contexte et du Sahel et du bassin du Lac Tchad.

Ce qui leur permettra de contribuer de manière active et informée aux débats publics, aux processus politiques et à la mise en œuvre de projets en lien avec cette question au Bénin et en Afrique de l’Ouest.

Le Bénin, apprend Dr Marcel Baglo, Directeur général de l’ABeGIEF, accorde une importance au phénomène et travaille pour anticiper. « Quand vous ne savez pas ce à quoi vous attendre, vous ne savez pas quoi faire », a-t-il expliqué. Pour lui, les OSC et les médias constituent un « maillon fort » dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.

C’est pourquoi il a invité les participants à accorder un intérêt particulier aux échanges afin de pouvoir « domestiquer les concepts » en vue de donner des réponses adéquates aux frustrations des populations frontalières. Lesquelles frustrations, ont démontré les experts en sécurité, sont souvent sources de vulnérabilités et susceptibles d’exposer les populations, notamment frontalières aux activités de groupes extrémistes violents. 

benin

Pendant deux jours, les participants ont eu des séances de partages d’expériences et d’analyses avec des experts des questions de sécurité, acteurs de la société civile et journalistes par visio-conférence depuis le Tchad, le Mali et le Burkina Faso, la République démocratique du Congo et en présentiel avec d’autres experts à Cotonou.

Ce qui leur a permis de comprendre que l’extrémisme violent est l’affaire de tous et que plusieurs facteurs et déterminants interviennent dans l’évolution de ce fléau : stigmatisation, inégalités sociales, frustrations politiques, idéologiques, sociologiques, manque d’infrastructures sociocommunautaires (notamment dans les zones frontalières), absence de l’Etat matérialisé par le sentiment d’appartenance au pays voisins.

Dans les pays touchés par les activités des GEV, des réponses nationales et régionales (sécuritaires, sociales et économiques) ont été apportées pour freiner le phénomène à défaut de l’éradiquer. Des différentes expériences, il ressort que ces réponses marchent dans certains pays et échouent dans d’autres pays. D’où la nécessité d’adapter les réponses au contexte de chaque pays pour une lutte efficace contre le phénomène.

Pour une prévention efficace

Dans la perspective de la prévention au Bénin, recommande l’expert Etienne Adossou, Général à la retraite, « il faut d’abord des solutions sociologiques ». Si ces solutions ne marchent pas, poursuit-il, l’on pourrait penser aux « réponses militaires » pour faire face au phénomène afin que les populations soient en paix et en sécurité. « Nous avons la chance d’être au Bénin comme sur une île paisible mais il y a quand même des vagues qui montent autour de cette île », a-t-il averti.

Pour prévenir le phénomène, exhorte-t-il, chacun doit contribuer à son niveau à la production de la sécurité en informant les Forces de défenses et de sécurité (FDS) de mouvements inhabituels observés dans sa communauté.

Dans ce processus d’anticipation, souligne l’expert Adossou, il est important de renforcer les mécanismes qui existent déjà et mettre ensemble les moyens politiques, socioéconomiques, judiciaires, voire sécuritaires pour faire face au phénomène parce que « les réponses sécuritaires ont commencé à montrer leurs limites ».

Les participants, quant à eux, ont pris l’engagement de travailler ensemble davantage pour la P/LEV.

Pour Blanche Sonon, présidente du réseau Social Watch Bénin, dans cette perspective de prévention, les acteurs des médias et de la société civile vont faire « une synergie d’actions afin de fédérer leurs efforts pour une lutte efficace » au Bénin.

« L’extrémisme violent est un problème qui interpelle tous les journalistes parce que nous devons pouvoir porter la voix des frustrés afin que l’Etat soit présent dans toutes les localités du pays et que les poches de résistance soient rapidement abandonnées », a lancé Aziz Badarou, journaliste et participant.