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Accès des femmes à la terre au Bénin : échanges sur les enjeux économiques dans les communes du Zou

Accès des femmes à la terre au Bénin : échanges sur les enjeux économiques dans les communes du Zou

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « un monde sans faim », la fondation Konrad-Adenauer et son partenaire, le réseau WiLDAF/FeDDAF-Bénin ont entretenu sur les acteurs locaux en milieu rural sur les « enjeux économiques du foncier et défis de la sécurisation des terres pour les femmes ».

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « un monde sans faim », la fondation Konrad-Adenauer et son partenaire, le réseau WiLDAF/FeDDAF-Bénin ont entretenu sur les acteurs locaux en milieu rural sur les « enjeux économiques du foncier et défis de la sécurisation des terres pour les femmes ».

enjeux-economiques-acces-femmes-terre-benin-konrad-adenauer Une participante à l'atelier sur les « enjeux économiques du foncier et défis de la sécurisation des terres pour les femmes »

Plus qu’une question d’égalité des sexes, la problématique de l’accès sécurisé des femmes à la terre au Bénin est apparue à des acteurs de la gestion du foncier rural du Zou comme une question de développement. A Bohicon, s’est ouvert mardi 27 octobre 2020, un atelier de sensibilisation /plaidoyer sur les « enjeux économiques du foncier et défis de la sécurisation des terres pour les femmes ».

Organisé par le réseau WiLDAF/FeDDAF-Bénin avec l’appui de la fondation Konrad-Adenauer dans le cadre de la mise en œuvre du projet « un monde sans faim », la rencontre de deux jours mobilise des acteurs à divers niveaux dans la gestion du foncier rural.

A l’écoute de 3 experts

Venus des communes de Ouinhi, Zagnanado et Zogbodomey pour la première journée, les participants ont été entretenus sur l’importance de l’accès sécurisé des femmes à la terre dans l’économie locale et le développement à la base à l’ère de la décentralisation au Bénin. Pour éclairer leur lanterne, trois experts se sont succédés dans des présentations bien spécifiques. Bertrand Yèhouénou, spécialiste du foncier rural et Secrétaire permanent de Synergie paysanne, Abel Gbètoénonmon, économiste planificateur, consultant en analyse des politiques de développement et Directeur de Afrique performance (AFRIPERF) et la juriste consultante en genre Solange Alitonou Bankolé.

enjeu-economique-acces-femmes-terre-benin-konrad-adenauer-stiftung Abel Gbètoénonmon, formateur face à des participants à l'atelier sur les « enjeux économiques du foncier et défis de la sécurisation des terres pour les femmes »

Le premier a évoqué « la gouvernance foncière et les législations au Bénin » avec un accent sur « les droits des successions et les mécanismes institutionnels de sécurisation foncières, de recours et de médiation en cas de litige impliquant les femmes ». Avec les participants, Bertrand Yèhouénou a fait l’état des lieux du cadre législatif et institutionnel de gouvernance foncière en relevant les avancés mais aussi en soulignant les écueils. Deuxième intervenant dans l’ordre de passage devant les acteurs locaux de la gestion foncière, le consultant en analyse des politiques de développement a montré comment il est impératif de conjuguer ensemble la gestion du foncier rural et les enjeux économiques pour les femmes et les communes.

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Avec des statistiques à l’appui, l’économiste a relevé la grande contribution des femmes à tous les échelles de l’agro-business depuis la production jusqu’à la commercialisation en passant par la transformation et un intérêt particulier à la sécurité alimentaire non seulement dans leurs familles mais dans leurs environnements immédiats. Il ressort de son exposé que penser l’urbanisation des communes sans une politique de gestion foncière inclusive favorable à l’accès sécurisé des femmes à la terre est une grande menace pour la suivie de tous.

 De l’accès des femmes à la sécurisation foncière, il a en suffisamment été question avec la juriste Alitonou Bankolé. Tout en revenant sur les opportunités économiques en milieu rural, elle a orienté ses échanges sur les défis et les perspectives  pour « une gouvernance foncière sensible du genre ». Chaque acteur local à son niveau, dit-elle, doit jouer sa partition pour la cause que tous approuvent. En autres perspectives, elle souligne le besoin de mettre en place des mesures d’accompagnement spécifiques pour les femmes, pour leur accès sécurisé à la terre selon les divers modes qui existent au Bénin.

Le mal à exorciser

Le Bénin, s’il a le mérite d’avoir un cadre législatif de plus en plus explicite sur le droit d’accès des femmes à la terre reste un pays avec des pesanteurs sociologiques qui freinent son élan dans la justice foncière pour tous ses citoyens. « La pertinence de la présente activité se justifie par le fait qu’en dehors des avancées qui se constatent chaque jour un peu plus dans le domaine de l’accès, de la sécurité et du contrôle des droits fonciers, plusieurs femmes notamment les plus vulnérables et résidant pour une large part en milieu rural, sont souvent privées de leurs droits fonciers. Les raisons évoquées sont liées à certaines de nos réalités sociologiques qui perdurent encore de nos jours. Comme conséquence, cela entretient les violences sexospécifiques basées sur le genre parfois favorisées par la méconnaissance des dispositions législatives et règlementaires par les populations en général et par les femmes elles-mêmes, etc. », a relevé à l’ouverture de l’atelier, Françoise Sossou Agbaholou, la Coordonnatrice nationale du réseau WiLDAF/FeDDAF-Bénin.

fondation-konrad-adenauer-acces-femmes-terres-benin Les participants à l'atelier sur les « enjeux économiques du foncier et défis de la sécurisation des terres pour les femmes »

« Il n’est nullement rare de constater que bien de femmes restent encore exclues de l’accès à la propriété foncière par des pratiques coutumières et mécanismes complexes édictés quelques fois par la législation foncière moderne », a confirmé Julien Ouankpo, le représentant du préfet du département du Zou. « Ceci nuit gravement à l’autonomisation socio-économique de la femme et inhibe les efforts déployés par les acteurs étatiques et non étatiques pour la réalisation performante des ODD d’ici à l’horizon 2030, lesquels ambitionnent l’égalité des sexes, l’élimination des VBG et une croissance inclusive assurant le plein épanouissement de tout citoyen sans discrimination aucune. Cet état de fait porte également atteinte aux plus – values que peuvent tirer les municipalités en matière d’une gestion performante de ressources foncières », a-t-il également déploré.

En appuyant cet atelier qui est l’énième dans la série d’interventions qu’elle appuie pour l’accès sécuriser des femmes à la terre au Bénin, la fondation allemande Konrad-Adenauer est convaincue que c’est une action nécessaire pour le développement du pays. « La maitrise des enjeux économiques liés à l’accès de cette ressource (la terre, ndlr) aux femmes ainsi qu’aux modalités de sa gestion pour les élus est le socle du développement économique local. Le thème de l’atelier de ce jour est assez important dans le cadre des débats concernant la réponse à la question de lutte contre la pauvreté et de la  promotion de la sécurité alimentaire », a expliqué Mounirou Tchacondoh, coordonnateur national de Konrad-Adenauer-Stiftung au Bénin.   

« La KAS en jouant son rôle de facilitateurs pour impulser le débat pour  le soutient  économique des femmes, travaille avec un ensemble complexe d’acteurs entre autres les autorités traditionnelles et coutumières, les autorités religieuses et politiques au niveau national et local, les acteurs constitués, les femmes elle-même   et le grand public en général. Notre but, c’est de connecté l’ensemble de ces acteurs dans une interaction agissante pour un renforcement du rôle économique des femmes », a-t-il fait savoir aux participants désormais mieux éclairés. 

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