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Presse béninoise: bons et mauvais points, selon le Baromètre des médias africains 2021

Presse béninoise: bons et mauvais points, selon le Baromètre des médias africains 2021

Le baromètre des médias africains est un instrument d’analyse et d’évaluation du paysage médiatique dans differents pays africains. L'édition 2021 sur le Bénin, a été rendu public, jeudi 24 mars 2022 à l’Université d’Abomey Calavi.

Le baromètre des médias africains est un instrument d’analyse et d’évaluation du paysage médiatique dans differents pays africains. L'édition 2021 sur le Bénin, a été rendu public, jeudi 24 mars 2022 à l’Université d’Abomey Calavi.

/uploads/barometre1.jpgLes panélistes au cours du lancement

Le Baromètre des médias africains (BMA) est une description profonde et compréhensive et un système d'évaluation de l'environnement médiatique dans différents pays africains. Il a été mis sur pied en 2004 grâce à l’étroite collaboration entre Fesmedia Africa et l’Institut des Médias d’Afrique Australe (Media of Southern Africa, MISA). Tous les trois à quatre ans, un panel de 10 à 12 experts, dont des practiciens des médias et des acteurs de la société civile, évalue la situation des médias dans leur pays. L'édition 2021 sur le Bénin, intitulé "Baromètre des médias africains, Bénin 2021", un document bilingue de 118 pages réparties en quatre secteurs. Ce sont: la protection, la promotion des libertés d’expression ; la diversité, l’indépendance et la durabilité du paysage médiatique ; la transparence et l’indépendance dans la régulation de la communication audiovisuelle et l’exercice des normes professionnelles.

Protection et promotion de la liberté d’expression

Jeudi 24 mars 2022, à la cérmonie de lancement du BMA Bénin 2021 à l'Université  d'Abomey-Calavi, devant les étudiants de l'Ecole nationale des sciences et techniques de l'information et de la communication (Enstic), les principaux résultats ont été présentés par Dorice Djèton, expert ayant participé à l'évaluation. 

On retient qu'au Bénin, la liberté d’expression est garantie par la Constitution. Le baromètre a reconnu que les articles 23 et 24 de la loi fondamentale adoptée en 1990 et révisée en 2019 la protègent. En ce qui concerne la liberté de la presse, elle est reconnue et garantie par l’Etat conformément à l’article 24 de la Constitution. Elle est aussi protégée par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) à travers la loi organique numéro 92-021 du 21 août 1992 en son article 5. Selon les conclusions du rapport, au Bénin ces trois dernières années, les syndicalistes, les militants des droits humains, les journalistes, les dignitaires des religions endogènes et même de simples citoyens se sentent menacés quand il s’agit d’exercer le droit à la liberté d’expression.

Le rapport révèle que le code du numérique constitue aussi une source de crainte pour les citoyens y compris les journalistes. Le baromètre a aussi fait remarquer que la détermination avec laquelle les acteurs de la société civile se mobilisait afin de défendre la cause des médias a fortement baissé ces dernières années.

Diversité, indépendance et durabilité du paysage médiatique

Le paysage médiatique béninois est diversifié, avec l'existence de plusieurs journaux, radio, télé et de sites d'information. Cependant, la question du financement des entreprises de presse demeurre. « L’appui de l’Etat à la presse privée et le financement des médias publics institués par la loi n’ont pas été mis en œuvre de façon adéquate ces dernières années», souligne le rapport.

Les médias privés n’ont pas reçu d’aide de l’Etat depuis plusieurs années. « Le code de l’information et de la communication a institué la création du Fonds d’appui pour le développement des médias (Fadem) qui n’est pas encore totalement opérationnel», a indiqué Dorice Djèton dans sa présentation.

Problème recurrent, avancées et reculs 

Le baromètre a soulevé un problème récurrent. Celui de la rareté des productions d'investigation, qui est lié au modèle économique des médias. Le rapport signale aussi que le niveau de traitement de l’information n’obéit pas souvent aux principes de base d’exactitude et d’équité dans les médias surtout dans les médias en ligne à l’exception d’un petit nombre. « Dans les médias en ligne à l’exception d’un petit nombre dont le site d’information Banouto, le traitement de l’information est assez déséquilibré », souligne le rapport du baromètre des médias africains.

Comme avancées, rapporte Dorice Djèton, le BMA Bénin 2021 note l’amélioration dans la formation initiale et continue des journalistes, une tendance vers la spécialisation des journalistes, l’éclosion des médias en ligne. Les points négatifs sont la cherté du coût de l’internet, la restriction de l’espace civique à travers l’avènement de nouvelles lois, la baisse du financement des médias et la suppression du ministère de la communication.