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États africains atlantiques : 03 priorités en ligne de mire après la rencontre de Cotonou

États africains atlantiques : 03 priorités en ligne de mire après la rencontre de Cotonou

Réunis à Cotonou ce lundi 13 juillet 2026 pour la 7ᵉ réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques (PEAA), les représentants de 23 pays ont affiché une ambition commune : faire de la façade atlantique un véritable levier d'intégration, de sécurité et de développement durable. Au-delà des discours, les participants ont insisté sur la nécessité de traduire les engagements en actions concrètes.

Réunis à Cotonou ce lundi 13 juillet 2026 pour la 7ᵉ réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques (PEAA), les représentants de 23 pays ont affiché une ambition commune : faire de la façade atlantique un véritable levier d'intégration, de sécurité et de développement durable. Au-delà des discours, les participants ont insisté sur la nécessité de traduire les engagements en actions concrètes.

Photo de famille des personnalités ayant pris part à l'ouverture de la 7ᵉ réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques, ce lundi 13 juillet 2026 à Cotonou

Photo de famille des personnalités ayant pris part à l'ouverture de la 7ᵉ réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques, ce lundi 13 juillet 2026 à Cotonou

Quatre ans après le lancement du Processus des États africains atlantiques (PEAA) à Rabat, le rendez-vous de Cotonou marque une nouvelle étape. Plus qu'un forum de concertation, les États membres veulent désormais faire de cette initiative un instrument opérationnel capable de répondre aux défis sécuritaires, économiques et climatiques qui traversent l'espace afro-atlantique.

 

Placée sous le thème « Consolider un espace atlantique africain intégré : sécurité maritime, corridors logistiques verts et transition énergétique durable », cette 7ᵉ réunion ministérielle a réuni, ce lundi 13 juillet 2026, les 23 pays membres autour d'un objectif commun : transformer la géographie en opportunité de développement.

 

Une coopération qui entre dans une nouvelle phase

 

Pour Mohamed Methqal, directeur général de l'Agence marocaine de coopération internationale, le temps des déclarations d'intention est désormais révolu. « Il ne s'agit plus de définir une vision, mais de la mettre en œuvre. Il ne s'agit plus de poser des principes, mais de les traduire en actions concrètes », a-t-il affirmé à l'ouverture des travaux.

 

Selon lui, la Déclaration de Cotonou doit constituer une véritable feuille de route autour de trois priorités désormais indissociables : la sécurité maritime, le développement de corridors logistiques verts et la transition énergétique. Le responsable marocain a rappelé que l'espace afro-atlantique est longtemps resté sous-exploité malgré son immense potentiel. « Nous l'avions laissé devenir une périphérie subie plutôt que pensée, réduite à des lignes de côtes sur des cartes géographiques, plutôt que d'en faire des axes stratégiques de développement », a-t-il regretté.

 

 

Faire de l'océan un moteur d'intégration

 

Les débats ont largement porté sur la sécurité maritime, devenue un enjeu majeur dans un contexte international marqué par les tensions sur les routes commerciales. Mohamed Methqal a rappelé que près de 90 % du commerce mondial transite par voie maritime et que les récentes perturbations dans le détroit d'Ormuz ont montré combien les économies africaines restent vulnérables aux crises internationales.

 

 

Dans ce contexte, les États africains atlantiques entendent renforcer leur coopération contre la piraterie, les trafics illicites, la pêche illégale et les cyberattaques visant les infrastructures portuaires. Le directeur général de l'Agence marocaine de coopération internationale a notamment souligné que 95 % des enlèvements en mer recensés dans le monde sont liés à la piraterie dans le golfe de Guinée, une situation qui appelle une réponse collective.

 

 

Des ports mieux connectés pour stimuler les échanges

 

Autre enseignement majeur de cette réunion : la volonté de faire des infrastructures portuaires un moteur de l'intégration africaine. Pour les participants, le développement de corridors logistiques verts doit permettre de mieux relier les ports africains entre eux, mais aussi de connecter davantage les pays de l'hinterland aux grandes routes commerciales.

 

 

La ministre béninoise des Affaires étrangères et de l'Intégration des Afro-descendants, Corinne Amori Brunet, a insisté sur cette complémentarité. « S'il existe une compétitivité entre nos ports, il existe aussi une complémentarité qui n'est pas encore assez exploitée aujourd'hui », a-t-elle souligné. Elle a plaidé pour la digitalisation des procédures douanières, le développement des guichets uniques et une meilleure articulation entre les transports maritime, routier et ferroviaire afin de fluidifier les échanges sur le continent.

 

 

Une transition énergétique pensée à l'échelle africaine

 

La transition énergétique constitue le troisième pilier de la rencontre de Cotonou. Les États membres souhaitent accélérer le développement des énergies renouvelables, notamment les énergies marines, tout en mobilisant davantage de financements internationaux. Pour Mohamed Methqal, le continent dispose d'atouts considérables mais reste insuffisamment financé.

 

 

Il a rappelé que l'Afrique représente moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, alors qu'elle demeure la région la plus exposée aux effets du changement climatique. « L'Afrique est le continent le mieux doté pour devenir le champion mondial des énergies renouvelables. Pourtant, elle ne capte actuellement que 2 % des investissements mondiaux dans ce secteur. C'est un paradoxe que nous devons résoudre », a-t-il déclaré. De son côté, Corinne Amori Brunet a appelé qu'il est important de développer des infrastructures à faible émission de carbone et des projets régionaux capables d'attirer les financements climatiques.

 

 

Le Bénin veut transformer sa position géographique en avantage économique

 

En accueillant cette réunion ministérielle, le Bénin entend également mettre en avant sa propre stratégie. Le pays poursuit la modernisation du port de Cotonou, renforce la coordination de l'action de l'État en mer et accélère la digitalisation de sa plateforme logistique.

 

Mais, pour la ministre béninoise, l'ambition dépasse le simple transit des marchandises. « Nous voulons que nos infrastructures soutiennent aussi la production, la transformation locale et également la valeur que nos économies créent », a-t-elle expliqué.

 

 

À travers la Déclaration de Cotonou, les États africains atlantiques espèrent désormais franchir un nouveau cap. Comme l'a résumé Corinne Amori Brunet, le véritable succès du processus se mesurera à « notre capacité à transformer notre géographie commune en coopération concrète, utile à nos économies et à nos populations ».

 

Un défi qui pourrait faire de la façade atlantique non plus une simple frontière maritime, mais un espace stratégique au service de l'intégration africaine.

 

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