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Tribunal de Cotonou : un jeune condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son père

Tribunal de Cotonou : un jeune condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son père

Statuant en matière criminelle, le Tribunal de première classe de première instance de Cotonou a connu, mardi 5 juillet 2022, a connu d’un dossier de parricide. L’accusé a reconnu les faits.

Statuant en matière criminelle, le Tribunal de première classe de première instance de Cotonou a connu, mardi 5 juillet 2022, a connu d’un dossier de parricide. L’accusé a reconnu les faits.

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Réclusion criminelle et internement dans un centre psychiatrique. L’un des deux dossiers au rôle mardi 5 juillet 2022 à l’audience au Tribunal de première classe de première instance de Cotonou est une affaire de parricide.   

L’accusé a 25 ans et est accusé d’avoir donné la mort à son géniteur alors âgé de 70 ans environ. Le dimanche 12 décembre 2016, autour de 22 h, Gandji Augustin, le père de l’accusé est retrouvé, dans la cour, gisant dans une mare de sang. Il est transporté d'urgence à l'hôpital où il est passé de vie à trépas. A la barre, le prévenu a reconnu les faits de parricide et de tentative d’assassinat qui lui sont reprochés. Le juge lui a alors demandé ce qui s'était passé.

Une affaire de sous

Le prévenu a confié que toute son économie d’un montant de 50.000 FCFA était gardée par son père. Voulant effectuer un voyage sur le Nigéria où il allait souvent effectuer de petites tâches de maçonnerie, il dit avoir réclamé à son père cette somme avant son départ. A sa grande surprise, son père a opposé un refus catégorique en lui disant qu’il allait dilapider les sous dans les ghetto. Choqué, le prévenu a levé le ton sur son père le samedi 11 décembre 2016. Malgré tout, le père n’a pas daigné lui remettre son épargne. Mais dans le quartier, l’accusé apprend que son père allait faire un retrait de 2.000.000 FCFA. C’est ainsi que l’idée de donner la mort à son père et de s’emparer de cette grosse somme d'argent lui passe par la tête.

Aux environs de 18 h le dimanche 12 décembre 2022, le détenu dit avoir dissimulé un pilon dans sa chambre en attendant la nuit pour atteindre à la vie de son père. A 22h le père s’est lui-même porté vers lui certainement pour échanger avec lui. Pendant ce temps, l’accusé dit avoir reçu un message dans la tête lui ordonnant de tuer son père. Il se saisit de l'objet contondant pour asséner 50 coups bien comptés à son géniteur.

Quand il a constaté que ce dernier était inanimé, il s’est réellement emparé du sachet que portait le père mais dit n’y avoir découvert que la somme de 20.000 FCFA et le portable de son père. Il a donc pris la clé des champs et s’est réfugié à Porto-Novo, puis après au Nigéria où, va-t-il informer ses amis de son forfait. Les amis lui ont conseillé de rentrer chez lui car, où qu’il soit, la police irait le chercher. C’est alors qu’il est retourné à la maison le 31 décembre 2016. Il a été interpellé la même nuit par la police.

Dans sa réquisition, le Ministère public démontre que les infractions mises à la charge du prévenu sont constituées. Dit qu’il y a homicide volontaire et pas de circonstance atténuante. Il requiert alors qu’il plaise à la cour de le déclarer coupable et de le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité.

De la défense

L’analyse médico-psychiatrique du prévenu prouve que son état de santé nécessite un internement dans un centre psychiatrique. Il souffrirait d’une hallucination et d'une instabilité émotionnelle au moment des faits. Le prévenu aurait besoin d’un traitement de chimiothérapie et d'un accompagnement psychologique avec un traitement adéquat.

L’avocat de la défense Me Harry Henry Claire-Lise Jesunuwa plaide coupable. Mais, elle évoque la santé mentale de son client qui ne nécessite pas un emprisonnement mais plutôt une prise en charge dans un centre psychiatrique. Elle affirme qu’il n’y a rien de normal dans la déclaration de son client, et que la manière dont il détaille les faits montre qu’il n’est pas normal.

L’Avocate soutient fermement le rapport de l’expert et dit que c’est la première fois dans sa carrière qu’elle rencontre un prévenu qui narre les faits d’un crime qu’il a commis aussi facilement.

Verdict de la Cour

Après avoir donné la parole à l’accusé, l’audience a été suspendue. Dans sa décision, à la reprise, la cour reconnaît coupable l’accusé. Elle le condamne à 30 ans de réclusion criminelle et ordonne son internement au centre psychiatrique de Jacko.