Alassane Ouattara se veut rassurant relative au dossier des soldats ivoiriens détenus au Mali. Le chef de l’Etat ivoirien s’est exprimé 31 décembre 2022, à l’occasion de son message de vœux de nouvel an à ses concitoyens, sur ce dossier qui a, pendant plusieurs mois, empoisonné les relations entre la Côte d’Ivoire et le Mali. « Les 46 autres soldats regagneront bientôt le sol ivoirien », a rassuré Alassane Ouattara.
Les quarante-six (46) soldats ivoiriens pour qui le président de la Côte d’Ivoire a eu une pensée particulière sont détenus à Bamako depuis le 10 juillet 2022. Ils sont accusés par les autorités maliennes d’être des « mercenaires » venus déstabiliser le pouvoir en place à Bamako. Les soldats étaient au départ quarante-neuf (49) dont trois (03) femmes. Suite à une médiation des autorités togolaises, les trois soldates ont été remises en liberté et ont regagné leur pays. Les 46 autres militaires sont toujours détenus à Bamako.
Lourdes peines
Dans ce dossier, la Côte d’Ivoire a longtemps clamé l’innocence de ses hommes. Les autorités soutiennent que les soldats arrêtés à l’aéroport de Bamako avec des armes étaient venus remplacer leurs frères d’armes dans le cadre d’une rotation au sein de la force multidimensionnelle de maintien de la paix (MUNISMA) déployée au Mali depuis un certain. Mais pour Bamako, les soldats dont la Côte d’Ivoire espèrent la libération dans un futur proche ne sont pas exempts de tout reproche. La justice malienne le pense aussi.
Le 30 décembre 2022, après deux jours de procès à huis, une cour d’assise spéciale mise en place a lourdement condamné les soldats ivoiriens. La cour a jugé les 49 militaires ivoiriens coupables de crimes « d’attentat et complot contre le gouvernement, d’atteinte à la sureté de l’Etat, de détention, transport et port d’armes et de munitions de guerre ou de défense intentionnellement avec une entreprise individuelle et collective ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».
Les 46 militaires encore détenus ont, pour ces motifs, été condamnés à 20 ans de reclusion criminelle et à une amende de deux millions (2 000 000) francs CFA chacun. S’agissant des trois soldates déjà libérées, la sentence a été plus lourde. La Cour les a condamnées par contumace à la peine de mort et à une amende dix millions (10 000 000) francs CFA chacune.
Mémorandum d’accord
Le jugement puis la condamnation des militaires ivoiriens sont intervenus quelques jours après la signature par les autorités ivoiriennes et maliennes d’un mémorandum d’accord en vue d’un dénouement heureux de cette crise. Le contenu de l’accord obtenu grâce à la médiation des autorités togolaises n’a pas été divulgué.
Mais après la condamnation prononcée à Bamako, les avocats assurant la défense des militaires ivoiriens n’ont pas fait appel de la décision. Selon un RFI, les avocats ont déposé au greffe de la Cour d’appel un acte de non-pourvoi. Ceci, pour attester qu’ils renoncent à exercer toute voie de recours.
Cet acte a été posé dans le dessein d’une éventuelle grâce présidentielle en faveur des soldats ivoiriens par le chef de l’Etat malien, le Colonel Assimi Goïta.
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