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Opposant béninois condamné à 10 ans de prison ferme, Joël Aïvo compare son sort à celui d'anciens chefs d'Etats béninois. Dans une correspondance au ministre de la justice, Sévérin Quenum l'opposant se dit victime de traitement injuste et vindicte politique pour avoir osé se positionner en adversaire à Patrice Talon à l'élection présidentielle 2021.
« Quoi que vous fassiez, Monsieur le Garde des sceaux, le procès du 06 décembre 2021, si on ose l'appeler procès, restera dans les archives de la justice, comme un procès politique, un procès irrégulier, liquidé en moins de douze (12) heures d'horloge », a-t-il d’abord commenté.
Joël Aïvo a été condamné par la Cour de répression des infraction économiques et du terrorisme (CRIET). Il a été reconnu coupable des faits de ‘’complot contre la sûreté de l’Etat et blanchiment de capitaux”. L’opposant béninois a, dans sa lettre envoyée au ministre de la justice, rappelé qu’il n’est pas la première personnalité à subir ‘’un simulacre de procès dans l’histoire du Bénin’’. Mieux, des présidents en ont été victimes avant lui.
Alphonse Alley, ancien chef d'État, condamné en 1969 à 10 ans de prison devant la Cour de sûreté de l'État et Maurice Kouandété, ancien chef d'Etat condamné en 1972 à mort devant la Cour militaire de justice ont été cités dans sa missive au Garde des Sceaux. En dehors des présidents, Joël Aïvo apprend que l’ancien ministre béninois de la justice, Louis Joseph Chasme a été condamné en 1968 à 20 ans de prison devant le Tribunal militaire d'exception. Aussi, ajoute-t-il, Maître Adrien Houngbédji, ancien Procureur de la République, a été condamné à mort en 1975 par le Tribunal révolutionnaire national.
Eu égard à ces éléments du passé, il informe le ministre de la justice que c'est du déjà vu et que cela relève d'un règlement de compte. "Monsieur le Garde des sceaux, ce que vous faites depuis quelques années en organisant à tour de bras, les procès de vos adversaires politiques et en leur distribuant à la clé des condamnations tous azimuts à des peines d'emprisonnement ferme, c'est ce que faisaient déjà les dirigeants politiques de notre pays dans les années 1960 et 1970. À l'époque déjà, c'était leur jeu favori. Car, c'est en instrumentalisant la justice que les dirigeants du jeune État du Dahomey réglaient des comptes politiques."
A l'époque insiste-t-il, "les uns faisaient condamner les autres à dix (10) ou vingt (20) ans de prison, parfois à mort, jusqu'à ce que les autres ne viennent à leur tour les faire condamner à dix (10) ou vingt (20) ans, parfois à mort, toujours au moyen de parodies de procès. C'était cela, l'histoire de notre pays.
C'est cette épée, l'épée de la vengeance politique que vous avez déterrée contre vos adversaires. Plaise au ciel que vous ayez la clairvoyance de la détruire de vos propres mains avant que d'autres ne s'en emparent à leur tour."
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