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Affaire Kemi Seba en Afrique du Sud : ce qu'il faut retenir de l'audience du 11 mai 2026

Affaire Kemi Seba en Afrique du Sud : ce qu'il faut retenir de l'audience du 11 mai 2026

L’activiste béninois Kemi Seba reste en détention après sa troisième comparution devant le tribunal régional de Pretoria ce lundi 11 mai 2026. À l’issue de l’audience, le délibéré de son dossier a été renvoyé au 19 mai 2026.

L’activiste béninois Kemi Seba reste en détention après sa troisième comparution devant le tribunal régional de Pretoria ce lundi 11 mai 2026. À l’issue de l’audience, le délibéré de son dossier a été renvoyé au 19 mai 2026.

Kemi Seba, activiste politique

Kemi Seba, activiste politique

Kemi Seba maintenu en détention pour une quatrième semaine. De son vrai nom Stellio Gilles Robert Cakpo Chichi, Kemi Seba, 45 ans, a comparu à nouveau devant la justice sud-africaine après les deux précédentes audiences tenues les 20 et 29 avril 2026.

 

Lors de la précédente audience, une demande de mise en liberté sous caution a été introduite par ses avocats. Le ministère public s'est opposé à cette demande de liberté sous caution formulée par la défense. Le tribunal devrait se prononcer sur cette demande au cours de cette troisième audience. Mais le délibéré a été reporté au 19 mai 2026, selon plusieurs médias dont Iol, média sud-africain.

 

Lors de l’audience, Kemi Seba a soutenu qu’il n’a plus foulé le sol béninois depuis mai 2024. Il a évoqué des craintes pour sa vie et des persécutions politiques. « J’ai la crainte fondée, non seulement perçue mais réelle, que ma vie soit en danger si je retournais au Bénin sous son administration actuelle », a lu son avocat, Bill Kobras, dans une déclaration sous serment devant le tribunal, rapporte Iol. 

 

Kemi Seba a expliqué que c'est la raison pour laquelle il a dépassé la durée de son permis de séjour sud-africain qui a expiré fin février. L’activiste a également confirmé son intention de demander l'asile. Une demande a été déposée auprès du ministère de l'Intérieur sud-africain le 28 avril, selon ses déclarations.

 

L’activiste et son fils ont été interpellés le 13 avril 2026 dans un centre commercial de Pretoria, aux côtés d’un homme soupçonné d’avoir facilité une traversée illégale vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Selon le parquet sud-africain, ce facilitateur aurait perçu 250 000 rands, soit environ 8 millions de francs CFA, pour organiser leur passage avant un éventuel départ vers l’Europe.

 

Une demande d'extradition vers le Bénin

 

Opposant virulent au président béninois sortant, Patrice Talon, Kemi Seba a rêvé un temps être candidat à l’élection présidentielle, remportée par Romuald Wadagni, dauphin du chef de l’Etat sortant du Bénin.

 

Il est recherché par le Bénin, son pays d’origine. Deux mandats d’arrêt ont notamment été émis par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le 20 avril 2026, le chef du parquet spécial, Mario Mètonou a précisé que le premier mandat d’arrêt concerne des faits présumés de blanchiment de capitaux. Le second, émis le 12 décembre 2025, porte sur des accusations d’apologie de crime ainsi que d’incitation à la haine et à la violence.

 

Ces poursuites font suite à une vidéo publiée lors de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 au Bénin. Dans cette séquence, l’activiste a qualifié cette journée de « jour de la libération » et présenté les auteurs du putsch comme des « militaires patriotiques ». Après avoir momentanément pris le contrôle de la télévision nationale, les mutins avec à leur tête Pascal Tigri, ont délogés par l’armée béninoise. 

 

A la suite de l’arrestation de Kemi Seba à Prétoria, les autorités béninoises ont engagé une procédure d’extradition à son encontre. « En ma qualité de Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), je procède actuellement à la préparation de cette demande, laquelle s'inscrit dans le cadre des conventions multilatérales auxquelles la République du Bénin et la République d'Afrique du Sud sont parties », a déclaré Mario Mètonou.

 

Né en France, Kemi Seba a été déchu de sa nationalité française en 2024. Il détient un passeport diplomatique nigérien accordé par les autorités militaires issues du coup d’État de 2023 au Niger, avait confirmé mi-avril le ministre nigérien des Affaires étrangères sur Vox Africa.

 

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