Sandrine Ahouanye, coordinatrice du comité d’organisation du FNFL
Des propositions du Réseau des femmes leaders africaines (AWLN Bénin) pour une bonne inclusion financière et une autonomisation des femmes. Clôturée le 30 septembre 2026 à Cotonou, la 3ᵉ édition du Forum national des femmes leaders (FNFL 2026), a débouché sur 07 niveaux de recommandations.
Ces dernières ont été formulées pour accélérer l'inclusion financière et économique des femmes. Organisé autour du thème : « Gouvernance économique inclusive et masculinités positives : leviers pour accélérer l'inclusion financière et économique des femmes au Bénin », le forum s'est tenu les 29 et 30 septembre 2026 à Cotonou.
Des progrès réels, mais un écart persistant
Dans sa déclaration faite au terme des travaux, Sandrine Ahouanye, la coordinatrice du comité d’organisation, a d'abord dressé un état des lieux chiffré. Des données obtenues grâce à une étude conduite par AWLN Bénin avec le bureau Cosinus Conseil.
Selon les résultats de cette étude, rapporte-t-elle, le Bénin affiche le meilleur taux d'inclusion financière de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) avec 89,8 % en 2024, contre 73,6 % pour l'Union. Le pays enregistre également le plus fort recours à la, microfinance de la sous-région, avec 51,1 % des adultes contre 39,3% du Sénégal et 12,6% de la Côte d’Ivoire. Le microcrédit Alafia a touché plus de 650 000 bénéficiaires, dont 84 % de femmes.
« La représentation politique a progressé. Les femmes occupent 25,69 % des sièges de l'Assemblée nationale depuis 2023 contre 7,23 % auparavant. 22% de postes ministériels et 20,5% des postes de responsabilité de l’administration publique », a-t-elle partagé.
Sandrine Ahouanye souligne que « ces avancées n’ont pas résorbé les écarts entre les sexes » arguant que « les autorités reconnaissaient en octobre 2025 qu’un tiers de la population reste exclu du système financier formel avec des écarts persistents entre les sexes ».
Selon la coordonnatrice du comité d’organisation du FNFL 2026, les femmes empruntent moins que les hommes pour développer une activité (8,3 % contre 10,5 %) et davantage sur les dépenses de santé. Elles sont 13% à posséder de terre contre 36,4 % des hommes. 95 % des femmes occupées, avance-t-elle, travaillent dans l’informel contre 86 % des hommes et 7 sur 10 travaillent sans aucun contrat.
Cinq obstacles identifiés
D’après Sandrine Ahouanye, l’étude menée par AWLN Bénin avec le bureau Cosinus Conseil a permis d'identifier plusieurs freins à l’inclusion financière et à l’autonomisation économique des femmes au Bénin.
Comme obstacle, elle cite en premier, des garanties difficiles à mobiliser et des financements peu adaptés aux cycles de production. Deuxièmement, pointe-t-elle, l'information n'est pas suffisamment accessible, notamment en langue locale. Troisièmement, il y a une faible structuration des activités.
Quatrièmement, un manque de moyens productifs et de débouchés commerciaux ainsi que des charges domestiques et des normes sociales contraignantes, limitant le temps disponible et la mobilité des femmes, souligne-t-elle. S'y ajoutent une participation encore insuffisante aux décisions économiques et publiques, et une couverture inégale des territoires et des besoins, en particulier pour les femmes rurales et les entrepreneures informelles.
07 paliers de recommandations
Face à ces constats, le Forum a formulé des recommandations regroupées en sept niveaux, chacun assorti d'un horizon de mise en œuvre et adressé à des institutions précises. La coordinatrice du comité d’organisation, Sandrine Ahouanye assure qu'AWLN Bénin jouera un rôle de coordination et de plaidoyer, afin que ces recommandations trouvent un écho concret auprès des différents acteurs concernés et puissent être effectivement mises en œuvre.
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Renforcer la gouvernance sensible au genre (Horizon 6 à 12 mois) : le gouvernement, l'Assemblée nationale et les collectivités territoriales sont appelés à renforcer la budgétisation sensible au genre, la consultation des femmes à la base, et le contrôle de l'application des mesures de non-discrimination.
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Adapter les garanties et les produits de financement (Horizon 6 à 12 mois) : les ministères de l'Économie et des Finances, les structures de financement et les banques devront élargir les solutions accessibles aux femmes sans garantie foncière, et adapter les montants et échéances aux cycles économiques.
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Relier les appuis aux équipements et aux marchés (Horizon 12 mois) : les ministères sectoriels, le FNDA et les collectivités sont invités à financer des parcours associant formation, équipements et débouchés commerciaux.
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Rendre l'information et l'éducation financière accessibles (Horizon 12 mois) : une information en langues locales sur les financements, ainsi qu'un accompagnement numérique, sont demandés aux institutions financières, aux médias et aux structures d'appui.
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Renforcer le pouvoir de décision et transformer les normes (Horizon 12 à 24 mois) : les réseaux d'hommes, leaders traditionnels et religieux sont appelés à promouvoir le partage des tâches domestiques et le respect des choix économiques des femmes.
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Soutenir le leadership des femmes pour la paix et la résilience (Horizon 12 mois) : les autorités et les collectivités devront associer davantage les femmes aux mécanismes de prévention des conflits et de médiation.
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Produire les données et suivre les engagements : la BCEAO, l'INSTaD et les prestataires financiers sont invités à désagréger leurs statistiques par sexe, tandis qu'un registre des engagements, précisant responsables, échéances et indicateurs, sera mis en place pour un suivi périodique.
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