Maryse Lokossou, directrice générale de la Caisse des dépôts et consignations au Forum d’investissement sur les zones économiques spéciales, ce mercredi 21 octobre 2026 à Cotonou
Au Bénin, des financements sont disponibles pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME), mais les projets capables d’en profiter restent insuffisants. C’est le constat dressé par Maryse Lokossou, directrice générale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), lors du premier panel du Forum d’investissement sur les zones économiques spéciales, mercredi 21 octobre 2026, à Cotonou.
« On n’a pas un problème de financement au Bénin », a-t-elle affirmé.
Elle a annoncé que la CDC prépare deux programmes destinés aux PME, financés respectivement grâce à des ressources mobilisées par l’État auprès de l’Agence française de développement (AFD) et de la Banque mondiale.
Mais ces ressources risquent de ne pas trouver suffisamment de bénéficiaires. « Je ne suis pas sûre qu’on ait un marché qui ait la capacité d’absorption de toutes ces lignes-là », a prévenu Maryse Lokossou. Selon elle, nombre de PME béninoises sont encore à un stade précoce de développement et ne disposent pas de projets suffisamment matures pour accéder aux financements.
Des maillons manquants dans les chaînes de valeur
L’exemple du textile illustre cette difficulté. Alors que l’État a investi dans le développement de cet écosystème, plusieurs activités connexes restent à développer, notamment la production locale de boutons et de fermetures. Ces segments devaient être pris en charge par des entreprises béninoises, mais les initiatives tardent à se concrétiser.
La Société d’investissement et de promotion de l’industrie (SIPI) a pourtant invité des PME à proposer des projets dans ces domaines, en leur offrant un accompagnement pour mobiliser les financements. L’initiative n’a pas suscité l’intérêt attendu, selon la directrice générale de la CDC.
Face à cette situation, Maryse Lokossou plaide pour une approche plus proactive : identifier les maillons manquants des chaînes de valeur et préparer des projets que les entrepreneurs pourront reprendre et développer. « Il faut aller plus en amont, ne plus attendre », a-t-elle insisté.
Préparer les entreprises à prendre le relais
Pour la responsable, l’État ne peut porter seul le développement industriel. Le secteur privé doit progressivement prendre le relais, avec l’appui des investisseurs et des institutions de financement. Elle appelle ainsi à mieux accompagner les PME et à renforcer leur capacité à concevoir des projets viables. Car, au-delà de l’accès au crédit, leur développement exige aussi une meilleure préparation des entrepreneurs, notamment sur les délais de rentabilité. « Les PME ont aussi leur rôle à jouer », a rappelé Maryse Lokossou. L’abondance des financements ne suffira donc pas : encore faut-il des entreprises prêtes à les transformer en activités durables.
0 commentaire
0 commentaire