du g. vers la d. Luc Gnacadja, maire de Cotonou, José Tonato, Conseiller du Président de la République du Bénin aux infrastructures et Lionel Zinsou, économiste et ancien Premier ministre de la République du Bénin, le 13 juin 2026 à Lomé
Face aux défis énergétiques et climatiques auxquels sont confrontées les villes africaines, Cotonou a porté, ce 13 juin, sa voix lors des BOAD Development Days 2026. Réunis autour du thème « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique », les participants ont échangé sur les solutions capables d’accompagner la transformation urbaine de la sous-région.
A cette occasion, le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, a appelé à dépasser une vision limitée de la performance énergétique centrée uniquement sur les bâtiments. Selon lui, l’habitat doit être appréhendé comme un véritable système de vie intégrant les logements, les espaces publics, les infrastructures, les mobilités et les services qui structurent le quotidien des populations.
Changer d’échelle pour réussir la transition énergétique
Au cœur de son intervention, l’ancien ministre de l’Environnement devenu maire de Cotonou a insisté sur la nécessité de remettre la conception bioclimatique au premier plan. « L’énergie la moins chère, la plus propre et la plus souveraine est souvent celle que l’on ne consomme pas », a-t-il déclaré, invitant les acteurs du secteur à s’inspirer davantage des principes architecturaux adaptés aux réalités climatiques africaines.
Pour le maire de Cotonou, la transition énergétique ne concerne pas seulement les nouvelles constructions. Elle doit également s’appliquer aux quartiers déjà existants, où vivent aujourd’hui des millions de citoyens. L’enjeu est donc d’améliorer progressivement les performances énergétiques, environnementales et sociales des espaces urbains déjà habités.
Luc Gnacadja a également mis en avant la question de la souveraineté énergétique. Celle-ci, a-t-il expliqué, dépend aussi de la capacité des pays à valoriser leurs ressources locales. Terre stabilisée, terre cuite, bois et autres matériaux adaptés aux contextes ouest-africains constituent, selon lui, des alternatives capables de réduire les importations, de limiter les émissions de carbone et de créer des emplois locaux.
L’élu a par ailleurs insisté sur le rôle central des collectivités territoriales dans cette transformation. Urbanisme, réhabilitation des quartiers, végétalisation des espaces publics ou développement des mobilités de proximité figurent parmi les leviers dont disposent les villes pour agir concrètement.
Enfin, Luc Gnacadja a plaidé pour un meilleur accès des collectivités aux financements verts. Selon lui, l’efficacité des mécanismes de financement climatique ne devrait pas être mesurée uniquement à travers les montants mobilisés, mais aussi par leur capacité à atteindre les territoires où se jouent les transformations réelles.
À travers cette intervention, le maire de Cotonou a défendu une conviction forte : la transition énergétique du bâtiment ne pourra produire des résultats durables que si elle s’inscrit dans une transformation plus large des villes africaines. Un appel à changer d’échelle pour faire de l’habitat durable un véritable moteur de développement et de souveraineté pour l’Afrique de l’Ouest.
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