
Dernière ligne droite au cœur des défis socio-économiques et sécuritaires des communes frontalières du Bénin. Les publications qui s’étaleront du 05 au 10 octobre nous amèneront à découvrir la Cité des Omo Oduduwa ou la ville aux 201 divinités. Capitale des traditions Yorouba, Kétou a encore des reliques d’un passé glorieux de citadelle imprenable et des spécificités culturelles qui constituent un riche patrimoine touristique inexploité du Bénin.
Dispersé à travers les six arrondissements de la commune, le patrimoine touristique regroupe entre autres, le musée Akaba-Idena classé patrimoine mondial de l'UNESCO où se trouve une porte magique.
A l’instar de ce vestige abandonné à l’usure que l’Etat a décidé de réhabiliter, la maison du Guèlèdè (autre patrimoine de l’UNESCO), des rivières sacrées, le parcours initiatique des rois et autres sont dans un état interpellateur.
Avant même d’aller à la découverte des attraits touristiques de Kétou, ce qui tient à cœur aux Kétois est la transhumance transfrontalière avec ses corollaires. Au-delà des publications de faits-divers épisodiques dans les médias, Banouto est allé recueilli des récits à vous couper le souffle sur les drames de la transhumance transfrontalière.
Dévastations de cultures, actes de vengeance, crimes crapuleux, familles brisées…, l’arrivée de transhumants transfrontaliers par les ouvertures sauvages sur le Nigéria est synonyme de saison des morts. Eleveurs, paysans, forces de sécurité, dignitaires, autorités locales et citoyens, tous ont parlé à cœur ouvert du phénomène comme jamais dans la presse.
On vous donne à lire un récit épique à partir de l'assassinat survenu le 1er mai 2020 d’un chef village, lors de l’énième attaque de transhumants peulhs armés de fusils, encore vivace dans les esprits.
Volet sécurité encore, dans ce dossier spécial réalisé sur la ville de Kétou, on vous parlera de l'Unité spéciale de surveillance des frontières (USSF) du petit village frontalier d'Iwoyé. Cette unité lancée en décembre 2014 constitue aujourd'hui un dispositif important dans la sécurité des biens et des personnes de ce village à cheval sur le Bénin et le Nigeria.
Le paradoxe kétois
Avec plus de 20 ans de décentralisation, Kétou à l’instar des 76 autres communes du Bénin, aspire à pourvoir à ses besoins à partir de ses propres moyens. Voisine du Nigéria, la ville de Kétou a bien des atouts que son positionnement géographique de carrefour du commerce tranfrontalier lui offre pour trouver les ressources de financement du développement local.
Fondée par un roi Yorouba venu du Nigéria, Kétou entretien avec le géant de l’Est des relations historiques et même économiques qui brassent des milliards de franc CFA. Hélas ! Les caisses de la ville peinent à se renflouer.
Pourtant, d’énormes quantités de produits agro-alimentaires cultivés à Kétou où dans les communes voisines sont régulièrement déversées sur le Nigéria. Ce n’est pas tout, le trafic transfrontalier se fait chaque jour malgré la fermeture des frontières nigérianes depuis le 20 août 2020. Des dizaines de motos et de camions transportant du "Fayawor", les produits de contrebande traversent les multiples ouvertures le long de la frontière.
On dit qu’à Kétou, le Nigéria fabrique des riches.
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