Patrice Talon ne voit pas un danger dans le parrainage introduit par le parlement béninois dans le Code électoral lors d’une modification en novembre 2019. Alors que l’opposition et la société civile dénoncent une disposition électorale qui n’ouvrirait pas la compétition à la prochaine présidentielle, le chef de l’Etat béninois, Patrice Talon assure dans le magazine Jeune Afrique qu’il n’en est pas le cas. « Je ne le pense pas. Il y aura compétition », a-t-il confié.
Selon l’article 132 alinéa 9 du code électoral de novembre 2019, les candidats aux élections présidentielles en République du Bénin doivent être parrainés par un nombre de députés et/ou de maires correspondant à au moins 10% de l’ensemble des députés et des maires. Ces conditions de parrainage sont essentiellement « crisogènes » parce que l’opposition absente des législatives d’avril 2019 et des municipales de mai 2020 ne dispose pas de députés et de maires. Une situation que des organisations de la société civile avaient déploré début septembre 2020.
Les élus peuvent parrainer des candidats de leur choix
Le président béninois a confié que les maires et les députés même issus de ses deux formations politiques peuvent parrainer des candidats de leur choix à la présidentielle de 2021. « Les maires et les députés joueront leur rôle pour parrainer les candidats de leur choix, lesquels ne relèveront pas tous de la majorité. Ils ne seront peut-être pas trente-cinq ou quarante comme autrefois, mais il y en aura plusieurs, et entre eux la bataille sera rude », explique-t-il. « Rassurez-vous la démocratie béninoise est toujours bien vivace », ajoute-t-il.
Sur les craintes exprimées sur le parrainage, Patrice Talon a souligné que ‘’cette règle n’est pas une spécificité béninoise, et préjuger de ses conséquences ne sert à rien’’. « C’est une mesure d’assainissement de notre vie politique, et nous veillerons à ce qu’elle ne débouche pas sur une élection sans compétition », rassure Patrice Talon.
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