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Patrice Talon: une fin de mandat inconnue à l’ère du renouveau démocratique (opinion)

Patrice Talon: une fin de mandat inconnue à l’ère du renouveau démocratique (opinion)

Au moment où le Président Patrice Talon aborde la dernière ligne droite de son mandat, il saute aux yeux du premier observateur que l’ambiance générale dans le pays, soit-elle sociale ou politique, est d’un calme plat et d’une sérénité sidérante, compte tenu des précédents dont l’histoire de nos soixante (60) ans d’indépendance regorge. 

Au moment où le Président Patrice Talon aborde la dernière ligne droite de son mandat, il saute aux yeux du premier observateur que l’ambiance générale dans le pays, soit-elle sociale ou politique, est d’un calme plat et d’une sérénité sidérante, compte tenu des précédents dont l’histoire de nos soixante (60) ans d’indépendance regorge. 

patrice talon

Le ciel est sans nuage visible et ne recèle pas de menace apparente d’orage. Les populations paraissent vaquer tranquillement à leurs occupations quotidiennes et il n’est pas de rue à Porto-Novo,  à Cotonou où ailleurs qui bruisse des furies assourdissantes des contestations et mouvements populaires auxquelles ont pu donner lieu dans le passé des fins de mandats démocratiques ou non.

L’atmosphère qui règne ainsi au sein de nos populations permet de penser à la tranquillité imperturbable avec laquelle, dans les pays postmodernes, on dit que les vaches, dans les prés, regardent les trains passer. C’est dire qu’à six (06) mois du terme de son mandat, le navire béninois, dont le Président Patrice TALON tient fermement le gouvernail, vogue sur des eaux bercées par la brise à destination du bon port où ce bateau va jeter l’ancre sous peu.

La circonstance socio-politique ci-dessus décrite est inédite depuis l’indépendance dahoméenne (béninoise) du 1er août 1960 :

Hubert K. MAGA, élu Président de la République en 1961, n’a pu achever son mandat de cinq (05) ans, le peuple en rébellion l’ayant chassé, le 26 octobre 1963. Sourou M. APITHY et Justin T. AHOMADEGBE, élus respectivement Président, vice-président et chef du gouvernement de la 2ème République en 1964, ont dû quitter le pouvoir fin novembre 1965, après le coup d’Etat militaire du Général Christophe SOGLO.

Qu’il soit civil ou militaire, aucun des successeurs de ce dernier, jusqu’en 1972, n’a pu exercer la magistrature suprême au-delà de (02) deux ans, un coup de force le faisant toujours tomber dans l’intervalle de temps.

Entre 1972 et 1990, ce fût le règne de la dictature du prolétariat d’inspiration marxiste-léniniste ; les mécanismes de gouvernement des régimes de ce type reposaient sur la force et la violence auxquelles la résistance populaire, fortement soutenue par le parti communiste du Dahomey, mit finalement un  terme radical, le 28 février 1990, suivi de l’avènement du renouveau démocratique qu’eurent à conduire de 1991 à 1996 Nicéphore D. SOGLO, de 1996 à 2006, Mathieu KEREKOU, de 2006 à 2016, Thomas  BONI YAYI et après, jusqu’à présent, Patrice Guillaume .A. TALON.

Au total, c’est seulement à l’ère du renouveau démocratique qu’un mandat présidentiel arrive à son terme dans notre pays. Il en découle que c’est par rapport à cette période uniquement qu’il y aurait un intérêt à voir s’il y a eu des fins de mandats semblables, par leur calme et leur sérénité ambiants, à la fin de la mission du Président en fonction.

Dans cet ordre d’idées, on pourrait examiner le cas du Président Nicéphore D. SOGLO, dont le mérite sur le plan de la croissance et du développement économiques n’a jamais été sérieusement contesté par personne et qui, pourtant, a connu une fin de mandat franchement chahutée et  criblée de mille et une controverses et polémiques fondées et justifiées, en ce que ce Président avait fini par être abandonné par ses premiers soutiens comme feus Monseigneur Isidore de SOUZA, Maître F.V. FELIHO, F. MITOBABA et d’autres notabilités politiques de ce temps qui lui reprochaient ses complaisances vis-à-vis de la corruption de son propre entourage familial et l’encouragement par lui des favoritismes et népotismes claniques dont bénéficiaient sa femme, les parents et amis de cette dernière, ses enfants et les leurs, ses frères et autres compagnons avec lesquels ceux-ci s’entendaient comme des larrons en foire.

Les fins des mandats des Présidents Mathieu KEREKOU et Thomas BONI YAYI ne furent pas spécialement glorieuses avec les divers scandales économico-financiers qui ont assombri leurs missions respectives, comme le bradage par le premier à un de ses meilleurs amis de la société nationale de commercialisation des produits pétroliers ( SONACOP) dont le prix, selon son Ministre des finances de l’époque, aurait été réglé avec de l’argent pris dans la caisse même de cette entreprise ou le commerce incestueux de ses proches collaborateurs avec, par exemple , la mafia criminelle de TIDJANI HAMANI et qui avait emporté son Ministre de l’Intérieur d’alors resté impuni ou encore la promotion outrancière par ce Président du régionalisme, du clanisme et du népotisme dont on tenait les preuves, par exemple, avec le surnombre, par une sorte d’opération du Saint esprit, des originaires du Nord dans nos forces armées ou dans nos régies financières publiques ou parapubliques les plus lucratives, alors que le niveau de  connaissances académiques ou les capacités intrinsèques de cette catégorie de personnes ne justifiaient pas du tout ce surnombre.

Ces mal gouvernances, qui ont fini par occulter entièrement les efforts réels accomplis par ce Président sur d’autres plans, ont abouti à son rejet tangible, longtemps avant le terme de chacun de ses deux mandats, à tel point que lorsque le dernier avait commencé à montrer le bout de son nez, c’était presqu’à l’unanimité que tout le peuple béninois, qui voulait en finir à jamais avec lui sur cette question, scandait à tue-tête à son attention : ‘’NE TOUCHE PAS A MA CONSTITUTION’’, ce qui était le signe évident du rejet populaire qui le frappait et qui n’était pas de nature à lui permettre le sommeil ou le repos des justes ou encore le calme et  la sérénité caractéristiques de la fin de mandat du Président Patrice TALON.

Enfin, quand  on en vient au Président Thomas BONI YAYI, auquel il ne serait pas juste de dénier tout mérite en matière de croissance et de développement économiques, on doit à la vérité de reconnaître que ses bévues, frasques et ignominies de toutes sortes, qui ont montré son vrai visage de politicien sans foi ni loi, ont fait de lui un Président de la République dont il serait extrêmement difficile d’égaler l’impopularité ou le rejet massif.

Il ne peut pas en être autrement, lorsqu’on sait que la commune renommée lui donne des mains dégoulinantes du sang de DAGNIVO et d’autres victimes, ou le trouve complètement englué dans les énormes scandales d’ICC SERVICE, CENSAD etc,  le catalogue comme un spécialiste, unique en son genre, des concours et examens frauduleux et le voit comme un mauvais génie, sans pareil, quand il s’agit d’attribuer à ses corégionaires, aux membres de son clan, de sa famille et de sa proximité les avantages, les uns plus indus que les autres et tout cela, sans la moindre gêne de consciences, comme si, au fond, celle-ci était morte.

Dans ces conditions, il est facile d’imaginer que Thomas BONI YAYI a sûrement passé des fins de mandats minées par les tensions, les émotions négatives et les cauchemars, de telle sorte que même un monstre, à sa place, y perdrait le sommeil, car, il ne pouvait avoir  autour de Thomas BONI YAYI aucune atmosphère générale de calme et de sérénité du type de l’ambiance paisible régnant autour du Président Patrice TALON à six (06) mois de la fin de son mandat inscrit, dès le départ, au cœur de la loi, rien que de la loi et de toute la loi.

S’il est vrai que les circonstances politiques actuelles autour du Président Patrice TALON sont historiquement exceptionnelles et inédites, il n’en est  pas moins, qu’elles ont été engendrées et favorisées par un personnage politique tout aussi atypique.

Un homme politique atypique

A cet égard, il est important de rappeler qu’avant et après l’indépendance du 1er Août 1960 jusqu’à présent, la classe politique nationale a toujours été dominée par des fonctionnaires au service de l’Etat qu’une fiction juridique présume, de manière irréfragable, non sujette à la faillite ou à la cessation des paiements, ce qui signifie que, quelques soient, par exemples, le poids et la masse de sa dette ou l’extrême   gravité de ses dysfonctionnements internes ou externes, l’Etat,  employeur des fonctionnaires, ne risque  jamais la mort ou de disparaître, pouvant ainsi  continuer à vivre sans état d’âme et sans se poser de question, outre mesure.

Lorsqu’un préposé est au service d’un tel commettant, sa conscience professionnelle est fatalement à l’avenant et son sens des obligations le porte naturellement plus  vers les obligations de diligence que vers les obligations de résultat plus contraignantes, tant il est vrai que l’effort et la peine  ne sont pas dans la pente naturelle de l’être humain, mais plutôt commandées par les nécessités culturelles de sa vie en société.

Ainsi, c’est par devoir, obligation ou nécessités que l’homme se soumet aux contraintes et aux astreintes.

Il en résulte qu’il n’est pas étonnant qu’avec une classe politique nationale, fortement dominée par des fonctionnaires, les acteurs succombent, sans grande résistance, aux tentations des intérêts particuliers et partisans aux dépens du bien commun et de l’intérêt général, puisque, dans tous les cas, ces comportements, illégaux ou immoraux, ne causent à l’Etat, employeur, aucun dommage irréparable.

Dans cet ordre d’idées, il suffit de se souvenir que nos hommes politiques ont toujours préféré un  partisan ou un séide, même incompétent, à un postulant indépendant de qualité manifestement supérieure. Dans ce registre, personne  ne pourrait oublier que dans notre pays, la classe politique ci-dessus n’a pas hésité à se donner pour chef de parti et leader un illettré doublé d’analphabète et à faire élire députés des hommes et des femmes qui ne savaient ni lire ni écrire le français,  alors que selon l’article 1er de la constitution du 11 décembre 1990, la langue officielle de notre République est le français et que le travail est au cœur de notre devise nationale.

Il va de soi que cette espèce de députés n’allait pas à l’Assemblée Nationale pour y travailler véritablement. Mais ces choses-là n’ont jamais empêché cette classe politique là et son Etat, à lui, de dormir toutes les nuits sur leurs deux oreilles. 

Une autre spécificité de cette classe politique nationale, après l’indépendance,  est qu’elle est peuplée d’hommes  qui se sont engagés dans l’action politique depuis les bancs scolaires et universitaires, à travers leur militantisme dans l’union générale des élèves et étudiants du Dahomey (UGEED), le front d’action des élèves et étudiants du Nord (FACEEN), la fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) ou l’association des étudiants de Dakar( AED), par exemples, et qui ont conçu leurs engagements comme une activité véritablement professionnelle qu’ils mènent dans des conditions telles que, tout autour d’eux, il n’est pratiquement plus personne pour se souvenir du métier qu’ils ont appris à faire dans  leur vie avec leurs diplômes universitaires.

Cet état de choses fait que ces hommes politiques sont devenus des politiciens professionnels qui paraissent incapables de pouvoir continuer à vivre loin des allées du pouvoir ou loin des  lambris dorés des palais de la République.

Dans cette hypothèse, il serait  permis de se demander en quoi ces messieurs pourraient être des modèles pour  une jeunesse qui est dans le besoin irrépressible d’une bonne éducation, d’une bonne formation professionnelle et  d’un bon métier pour travailler à l’essor et  au développement de la nation béninoise.   

Pendant que dans la fonction publique, les agents sont régis par le principe de diligence, il coule de source que c’est le principe contraire de résultat qui seul peut permettre de garantir la pérennité des entreprises privées exposées, au contraire,  à la faillite et à la cessation des paiements, lorsque leurs exploitations sont déséquilibrées, ne dégagent pas de bénéfice ou que leurs comptes restent dans le rouge, outre mesure.

Dans cette hypothèse, lesdites entreprises mettent la clef sous la porte et meurent avec toutes les conséquences sociales de chômage et de pauvreté pour leurs salariés. Il apparait ainsi que le préposé privé ne peut pas s’amuser à faire du dilettantisme aux dépens du professionnalisme nécessaire, sinon, ce serait fatalement à ses risques et périls. C’est sur la base de ces considérations qu’il est facile d’admettre que le Président Patrice TALON, que l’on a appris à connaître et apprécier, au prime abord, à travers ses activités entrepreneuriales et non par le biais d’un quelconque engagement politique est un homme politique à part et atypique.

C’est par sa réussite professionnelle qu’il s’est révélé à ses concitoyens et qu’il a gagné leur cœur et leur estime, en ce sens qu’il est à leurs yeux l’exemple vivant de ce que le travail paie toujours et que le pain finit aussi toujours par se gagner si l’on se donne la peine de la sueur qui perle sur le  front.

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Lorsqu’un concitoyen a devant lui le Président Patrice TALON, il pense instinctivement au maçon au pied du mur ou au bûcheron, à celui de l’arbre et non au beau parleur auquel il penserait automatiquement en présence de l’homme politique traditionnel. 

Au regard de tout ce qui précède, il pourrait venir à l’esprit de se poser la question de savoir si c’est par hasard qu’en 2016, la nation béninoise a préféré jeter son dévolu sur un candidat, capitaine d’industrie et qui ne serait pas arrivé à cette performance s’il n’était pas un adepte impénitent du principe de résultat, unique loi de gouvernement de sa vie sociale, économique et politique.

Pour tenter de résoudre cette énigme, l’idée est venue de consulter et de lire attentivement l’article 53 de la constitution du 11 décembre 1990. En le faisant, on noterait avec intérêt que malgré son article 2, qui proclame la République béninoise laïque, le Président de la République prête son serment d’entrée en fonction en prenant, en premier lieu, à témoins Dieu et les mânes des ancêtres, ce qui impose aussi une lecture spirituelle et pas seulement temporelle de nos lois et règlements.

L’homme propose, dieu dispose et tout se paye ici-bas 

Il est des moments de la vie où le cours des évènements échappe complètement à la maîtrise ou au contrôle des intelligences les plus fines, aux plans les plus élaborés  et aux dispositions pratiques les plus rigoureuses. Tout se passe alors de la manière la plus incroyable et de la façon la plus impensable possible.

Dans cette hypothèse, les plus cartésiens ou rationnels  invoquent l’imprévu et l’impondérable et les autres, irrationnels ou spirituels, pensent à une main invisible ou au dessein insondable de Dieu.

A titre d’exemples, les fans de football se souviennent sûrement encore que pendant la dernière saison de la Ligue européenne des champions, personne n’aurait parié que le grand Barça aurait été finalement étrillé au  retour par Liverpool qu’il avait pourtant battu à plates coutures à l’aller. 

De même, tout récemment, il n’y aurait eu sûrement personne pour parier que le Bayern de Munich pouvait ridiculiser le grand Barça avec huit (08) buts à zéro (00). Si l’on quitte le champ ludique pour s’intéresser à un domaine plus grave, on n’aurait aucune peine à soutenir que jusqu’à six (06) mois de la fin de son mandat en mars 1996,  tout le monde était convaincu et persuadé que l’élection présidentielle suivante ne serait qu’une simple promenade de santé pour Nicéphore D. SOGLO.

Plus tard, quand le second mandat de Thomas BONI YAYI n’était pas encore près de son terme et que ce dernier n’avait pas encore eu l’inintelligence de s’acharner gratuitement contre Patrice TALON qu’il accusait à tort, selon tous les Cours et Tribunaux,   d’empoisonnement, il n’y aurait pratiquement ni engouement, ni enthousiasme, encore moins une quelconque popularité, si Patrice TALON s’était amusé à se porter candidat à une élection présidentielle.

Mais le malheur étant toujours bon à quelque chose, les persécutions de Thomas BONI YAYI contre lui avaient fini par le transformer  en martyr et en agneau innocent que la méchanceté humaine s’échinait, en vain, à offrir en holocauste, ce qui avait eu le don de soulever une indignation générale, de lui valoir une sympathie unanime et de le faire monter au firmament de la popularité dont il récoltera finalement les fruits ou semences à son premier coup d’essai en mars 2016 et qui fût aussi un coup de maître, un coup de maître dont le Président s’emploiera, tout au long de son mandat à en faire la marque et l’ADN de ses actions et initiatives.

A ce propos, il suffit de faire remarquer le génie avec lequel, dans un quasi consensus, il a amené étonnamment les acteurs politiques, qui en faisaient leur beure et leur fonds de commerce,  à scier les branches sur lesquelles ils sont  eux-mêmes assis, en acceptant le durcissement salutaire des conditions de création des partis politiques et de celui du code électoral, tout cela faisant qu’aujourd’hui il n’y a point de place pour les partis sans envergure, ni rayonnements nationaux, ni pour les mandats électifs illimités.

Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que, lors des dernières élections municipales, on se rend compte, pour le bonheur du peuple et le bien de l’unité nationale, que le tout, désormais, n’est plus d’être le roitelet de son petit coin, mais de chercher à être le roi du plus grand nombre possible.

Cette nouvelle réalité, par exemple, a été et reste vécue dans certains milieux comme un véritable séisme, en ce sens que pendant au moins six (06) ans, ces perdants seront sevrés des mondanités du pouvoir qui faisaient visiblement  leurs délices, à tel point que bien des gens  n’hésitent pas à se demander comment ils pourraient survivre  à la perte de ces plaisirs factices et artificiels auxquels ils semblaient beaucoup tenir. 

Au fait, le Président de la République est la clef de voûte de notre système politique.

Ses obligations constitutionnelles sont ainsi et d’une certaine manière le modèle des obligations devant peser sur toutes les personnes appelées à une fonction publique, soit elle élective ou non. Cette idée pourrait faire retourner à l’article 53 de la constitution du 11 décembre 1990 sur le serment du Président de la République et selon lequel, l’intérêt général doit rester le seul guide de cet élu tenu de consacrer  toutes ses forces à la recherche et à la promotion du bien commun, de la paix et de l’unité nationale.

Dans ces conditions, ce serait peine perdue que de chercher ce bien commun derrière les favoritismes, les népotismes, les intérêts particuliers, les attachements aux  allégeances, l’insensibilité à l’intégrité intellectuelle et morale qui favorise l’indépendance de l’esprit et du jugement dont étaient coutumiers les hommes politiques aujourd’hui gênés aux entournures, ouvertement ou secrètement, par les actions d’assainissement publiques entreprises, depuis bientôt cinq (05) ans, par le Président Patrice TALON.

En retenant, par exemple, que les articles 9 et 10 de la constitution du 11 décembre 1990 attachent du prix à la dimension spirituelle de la personne du citoyen béninois auquel l’article 35 fait le devoir, lorsqu’il est chargé d’une fonction publique ou élu à une fonction politique, de l’accomplir dans l’intérêt et le respect du bien commun et qu’on voit que le spectacle des comportements déviants de la catégorie de politiciens ci-dessus est dans le sens contraire, il pourrait être permis, avec la lecture spirituelle plausible de nos lois et règlements,  de se demander s’il n’existe pas une justice immanente ou divine qui est à l’œuvre sous nos yeux.

Il serait trop ingénu de croire que c’est par hasard que tels leaders politiques de l’Ouémé ou du Plateau ont manifestement perdu du terrain ces derniers temps ou que tel autre du Littoral, originaire d’Abomey et dont personne ne connait le métier qu’il a appris à faire dans sa vie a subitement sombré dans les oubliettes et que ses paroles sont devenues inaudibles ou encore que tel autre, originaire du  Couffo, perçu comme un génie politique sans pareil, a cessé de faire rêver une certaine jeunesse par ses manques d’idéal et par le fait qu’il n’excelle que lorsqu’il s’agit de déployer des manœuvres politiciennes, tant il est vrai qu’en d’autres circonstances, il n’avait brillé que par le naufrage des entreprises confiées à sa gestion.

Lorsque que tel anonyme, fait maire d’une ville que le nomadisme vient de lui faire abandonner au profit d’une autre et qui tirait le diable par la queue quand il n’avait pas encore accédé à cette charge, est devenu, selon la commune renommée  et on ne sait par quelle opération du saint esprit, un riche malgré des mandats controversés  pour cause  de gestion douteuse et qu’on apprend qu’il a été finalement atteint mystérieusement par une   maladie handicapante, il n’est pas culturellement stupide, au regard de nos croyances et religions, de considérer que celui-là paye quelque chose et que la justice divine l’a impitoyablement rattrapé.

Les conditions de réussite de sa mission

On désigne couramment le Président de la République comme étant le père de la nation. Cela pourrait faire retourner à l’article 53 ci haut cité où on noterait qu’en outre, le Président de la République se porte garant de l’unité nationale et se fait fort de se conduire partout en fidèle et loyal serviteur du peuple.

La nation et le peuple sont les ensembles de citoyens égaux d’un même pays, unis par la même culture et partageant les mêmes idéaux, même s’il demeure vrai que dans les communautés de ce type, les voix et les idées sont facilement diverses et variées et souvent divergentes.

Le premier devoir d’un père de la nation est donc de se comporter en bon père de famille et il serait incongru qu’un bon père de famille introduise au sein de ses propres progénitures, par ses pensées et par ses actions injustes, la ségrégation et l’apartheid.

C’est exactement ce qui pourrait être reproché au Président de la République, lorsque, par exemple, il s’abandonne à des discriminations négatives comme le régionalisme, le clanisme, le népotisme, le favoritisme, la fraude aux examens et concours et ne lutte pas résolument contre l’impunité etc.

Quand, soit volontairement ou involontairement, le Président de la République laisse s’installer de telles situations, il se rend gravement coupable de violation de son serment et s’expose, dans tous les cas,  à une sanction qui, si  pour une raison ou une autre, n’est pas le châtiment des hommes et de la société, est toujours infligée par la justice immanente ou divine.

A ce propos, il suffit de se souvenir des malheurs et tribulations politiques de toutes sortes qui continuent d’accabler bon nombre de nos anciens Présidents de la République, aujourd’hui victimes pitoyables des trahisons politiques scandaleuses de proches qui auraient été plongés dans un véritable trou noir social, par ce que sans envergure ni relief particuliers, s’ils n’avaient pas été facticement amenés à la lumière ou à la notoriété publiques grâce au coup de pouce dont le favoritisme, le népotisme, le régionalisme, le clanisme et autres travers ont le don indu.

Dans ces conditions et dans la mesure où on soutient, avec des preuves à l’appui, que le Président Patrice TALON, à six (06) mois de la fin de son premier mandat, semble échapper irrésistiblement aux malédictions de ses prédécesseurs, il reste qu’il y a lieu de faire voir en quoi les actions menées par lui, tout au long dudit mandat, ont eu la vertu de le distinguer, de le mettre à part et de lui faire un sort enviable.   

Le bon père de famille a aussi le devoir de se mettre au-dessus de la mêlée, de faire des efforts inlassables pour être, comme la femme de César, au-dessus de tout soupçon et d’être capable de l’intégrité intellectuelle et morale nécessaire pour posséder le jugement et le discernement sans lesquels il est difficile de savoir donner à César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui appartient.

Lorsque le Président de la République, par exemple, est doué des sens sus-indiqués, nul n’est tenté de lui prêter des arrières pensées inavouables ; tout le monde est favorablement disposé à son égard et le crédit dont il jouit ainsi est, à coup sûr, immense et solide. Sauf erreur ou omission, l’Eglise protestante du Bénin, divisée pendant des décennies, était sur le point d’exploser en vol malgré toutes les tentatives de réconciliations entreprises par la plupart des prédécesseurs immédiats du Président Patrice TALON qui, lui, a réussi le miracle des retrouvailles de cette communauté religieuse, sûrement par ce qu’il aurait eu à bénéficier de la confiance générale et du crédit consensuel qui auraient visiblement fait défaut auparavant.

Quand ce Président avait eu à former son premier gouvernement et son cabinet, il avait paru bizarre et inexplicable à une bonne partie de l’opinion publique qu’il eût fait appel à des collaborateurs dont certains avaient été publiquement compromis dans des scandales du Port Autonome de Cotonou et d’autres, poursuivis par de forts soupçons de malversations, alors qu’ils étaient ministres.

Mais,  près de cinq (05) ans plus tard, force est de reconnaître qu’il y avait plus de peur que de mal, les mis en cause ayant probablement fait amende honorable et s’étant sûrement repentis sous l’influence bienfaisante de l’intégrité intellectuelle et morale de leur patron dont le commerce a ainsi la vertu de blanchir les consciences noires et de faire retrouver au pécheur son innocence perdue.

Quand le Président Patrice TALON jette le dévolu sur une personne, cette dernière jouit automatiquement d’une sorte de surévaluation et de surcôte dans l’opinion publique qui se dit que,  sûrement, cet heureux élu recèle de qualités intrinsèques qui échapperaient même aux yeux d’un lynx. Certes, il n’est pas rare que quelqu’un qui a l’estime du Président Patrice TALON soit mésestimable comme certains de ses proches qui, par exemple, foulent royalement au pied le code des personnes et de la famille du 24 août 2004, en se pavanant sans vergogne dans la polygamie de fait qu’ils affichent, en oubliant qu’ils sont coupables de contremodèle, parce que la femme de César doit être au-dessus de tout soupçon et que dès lors que la polygamie est interdite, toute conduite contraire devient illégale et immorale et n’a pas droit de cité sur la place publique.

En tout état de cause, il est impérieux de savoir, une fois pour de bon, que les  polygames  d’avant le 24 août 2004 avaient la loi et la morale pour eux et auraient été  tout autant capables de monogamie fidèle si, de leur temps, ça avait été là l’ordre de la loi et de la morale. C’est si vrai à cet égard que c’est en vain, au moment où bon nombre de ces vieux polygames tutoient les quatre-vingt (80) ans, que l’on chercherait dans leur rang, à part nos politiciens professionnels, les scandales et les violations de la loi dans lesquels ils se seraient empêtrés, ce qui prouve facilement que quelleque soit la loi, ces personnes savent s’y soumettre docilement.

La femme de César doit, en tout état de cause, rester au-dessus de tout soupçon car, même si la loi est dure, elle demeure la loi comme chez les latins, par exemples, pour lesquels « lex dura est sed lex ».

Quand quelqu’un a des difficultés pour ce faire, il est manifestement indigne d’aspirer à une responsabilité de chef ou d’autorité politique ou publique. Sur un autre plan, on pourrait chercher à savoir quel est le secret qui lui a permis de faire revenir durablement l’électricité dans les habitations, quand pendant des décennies, toutes les démarches antérieures pour donner la mort aux délestages ont lamentablement échoué.

La même interrogation vient à l’esprit lorsqu’on voit la maestria avec laquelle ses réformes en la matière ont fait revenir la sécurité publique durable dans nos villes et campagnes devenues plus sûres, en tout cas, qu’autrefois ou que, par ailleurs, on note que c’est sous son mandat que le Bénin et son peuple ont fini par avoir le bonheur infini et la fierté inextinguible de pouvoir récupérer, sur les réclamations du Président Patrice TALON, les œuvres d’arts  royales sacrées pillées par la colonisation française depuis plus d’un siècle et dont le retour dans le patrimoine national est d’une valeur symbolique inestimable pour toutes les populations.

Il serait permis de se demander si, au fond, le Président Patrice TALON n’est pas un béni de Dieu et des ancêtres.

En s’intéressant au secteur des infrastructures et constructions, on perd son latin et on manque de tomber dans les paumes devant le spectacle incommensurable des nombreux chantiers simultanément ouverts et l’aspect féerique et esthétique des nombreux constructions et ouvrages en cours dont les architectures et les designs exceptionnels défient ostensiblement les goûts les plus fins et les esthétiques les plus artistiques, ce qui fait de plus en plus dire un peu partout :

« Ce monsieur est un génie, au sens fon ‘’d’aziza‘’ ou démiurge. » car, on ne s’explique pas comment ses entreprises et initiatives aboutissent facilement, ses idées conquièrent  de la même manière  et ses actions ne sont pratiquement jamais sans résultat. En fait, il semble que  le secret du Président Patrice TALON est d’être un homme de méthode impénitent dont les réflexions fulgurantes et lumineuses précèdent et nourrissent toujours les actions viscéralement orientées et tournées vers l’intérêt général et le bien commun inscrits au cœur de ses obligations constitutionnelles.

Il est difficile de ne pas voir que quand il pourchasse les fossoyeurs de l’économie nationale avec la cour de répression des infractions économiques et de terrorismes (RIET), l’intérêt général et le bien commun n’y trouvent pas leur compte, si on considère qu’avant, ces criminels jouissaient manifestement de l’impunité.

De la même façon, sa chasse contre les examens et concours frauduleux constitue un acte au bénéfice des nombreuses personnes sans bras long, ce qui fait le caractère éminemment social de cette initiative qu’il convient de rapprocher de ses réformes pour assainir et moraliser le secteur de la santé, notamment, les milieux universitaires et hospitaliers dont les premiers bénéficiaires sont indubitablement les couches les plus défavorisées de notre société, puisque ces couches accèdent désormais facilement, sans bourse trop déliée, aux soins de santé  primaires et non primaires.

Enfin, depuis l’accession au pouvoir du Président Patrice TALON, il est frappant que les grèves pour un oui ou pour un non sont devenues extrêmement rares dans nos écoles, entreprises privées et administrations publiques. Il coule de source que cet état de chose sert indiscutablement l’immense majorité des couches laborieuses de notre pays.

Au total, en présence des performances et des résultats du mandat du Président Patrice TALON, on pourrait se permettre de trouver que c’est toute justice si, à six (06) mois de la fin de son mandat, les populations continuent de vaquer tranquillement à leurs affaires quotidiennes et paraissent lui maintenir leur confiance pour des lendemains meilleurs et qui chantent.

Dah Hooun, chef de la famille AHOUANDOGBO, alias Maître R.C. AHOUANDOGBO

Docteur d’Etat en Droit

Avocat à la Cour

Professeur de l’Université Nationale du Bénin à la retraite.