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Tension Bénin - Niger : Aurélien Agbénonci, ex-ministre de Talon, désapprouve l'escalade autour du pétrole

Tension Bénin - Niger : Aurélien Agbénonci, ex-ministre de Talon, désapprouve l'escalade autour du pétrole

La décision du Bénin de bloquer l’embarquement du pétrole nigérien depuis la station terminale du pipeline à Sèmè-Podji a surpris l’ancien ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci. Il semble ne pas comprendre la démarche du Bénin dans le contexte où devraient prévaloir des mesures d’apaisement.

La décision du Bénin de bloquer l’embarquement du pétrole nigérien depuis la station terminale du pipeline à Sèmè-Podji a surpris l’ancien ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci. Il semble ne pas comprendre la démarche du Bénin dans le contexte où devraient prévaloir des mesures d’apaisement.

Aurélien Agbenonci,  ancien ministre des Affaires étrangères du Bénin

Aurélien Agbenonci, ancien ministre des Affaires étrangères du Bénin

Un an après son débarquement du gouvernement de Patrice Talon, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Bénin, Aurélien Agbénonci est monté créneau. Il s’est exprimé sur la récente décision du gouvernement béninois à l’égard du Niger. 

 

Les relations entre le Bénin et le Niger se sont considérablement dégradées depuis le putsch du 26 juillet 2023. Malgré l’assouplissement de la position béninoise avec la réouverture des frontières, la junte au pouvoir à Niamey a refusé de revoir sa posture vis-à-vis du Bénin. Elle a  maintenu les frontières du Niger fermées depuis bientôt six mois. Une posture que le Bénin désapprouve. La réponse béninoise est de bloquer l'embarquement du pétrole nigérien au niveau de la plateforme de Sèmè Kpodji, sur les côtes béninoises. La décision a été confirmée, mercredi 8 mai 2024, par le président Patrice Talon.

 

« J’ai été un peu surpris d’apprendre que le gouvernement du Bénin a adopté une telle mesure », a indiqué Aurélien Agbénonci, au micro de RFI, jeudi 9 mai. Il estime que dans le contexte actuel, il faut se garder de prendre des décisions qui vont cristalliser davantage les positions. « Je pensais qu’on était dans une démarche d’apaisement et de retour à la sérénité », a confié l’ancien ministre. 

 

Dans ce bras de fer, Niamey a manqué la politesse envers Cotonou a l'occasion de l’inauguration de la plateforme pétrolière à Sèmè Kpodji. Le Niger n’a pas averti le Bénin de la venue d’une délégation sur son territoire. Il a laissé le soin aux Chinois de le faire. Ce que n’a pas aimé le Président Patrice Talon. Lors de sa déclaration, mercredi 8 mai pour justifier la décision d’interdire l’embarquement du pétrole nigérien au Bénin, le président béninois a indiqué que « c'est de l'informel ».

 

Sur ce comportement des autorités nigériennes, Aurélien Agbénonci refuse de donner un avis tranché. « Je n’ai pas les détails de ce qui s’est passé », a-t-il lancé. Ce qui lui tient à cœur, c’est que les relations entre les deux pays se normalisent. « Ce que je sais, c’est qu’il faut trouver des mesures d’apaisement », relève l’ancien ministre des Affaires étrangères. Parce qu’il estime que « le projet du pipeline est un projet important, un bon projet ». 

 

Celui qui travaille désormais auprès du Forum de Crans-Montana, qui fait du conseil stratégique, pense qu’il faut désigner au plus tôt des intermédiaires pour permettre aux deux pays de se parler. « Le plus important pour moi, c’est que cette escalade s’arrête. Personne ne sera gagnant dans cette guerre », conclut-il.

 

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