Umaro Sissoco Embalo, président Bissau guinéen
On en sait davantage sur le départ précipité d'une délégation de la CEDEAO de Bissau. Une mission politique de haut niveau de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest a écourté son séjour en Guinée Bissa, évoquant des « menaces d’expulsion proférées par S.E Umaro Sissoco Embalo ».
De retour d’une visite en Europe, le président bissau-guinéen s'est exprimé, lundi 3 mars 2025, sur la question et a assumé être à l'origine du départ précipité des membres de la mission de la CEDEAO.
« Cette mission, c'est moi qui aie donné l'ordre d'expulsion, c'est moi qui les aie chassés d'ici », assume-t-il.
Le président Embalo a promis qu'il n'autoriserait pas une nouvelle mission de la délégation à Bissau. « La mission qui vient de partir ne reviendra plus ici. Tant que je serai encore au pouvoir, rassurez-vous », a-t-il déclaré.
Non-respect de feuille de route
La mission politique de haut niveau partie précipitamment de la capitale bissau-guinéenne le 1er mars 2025 a été mandatée par la CEDEAO. Elle s'était rendue à Bissau, « afin de soutenir les efforts des acteurs politiques et autres parties prenantes pour parvenir à un consensus politique sur une feuille de route pour la tenue d'élections inclusives et pacifiques en 2025 ».
La Guinée-Bissau ne dispose plus de parlement depuis décembre 2023. L'Assemblée nationale a été dissoute par le président Embalo, dans un contexte de cohabitation difficile, suite à des affrontements entre unités de l'armée. Ennemi politique du président Embalo, le chef du parlement a dénoncé un acte illégitime.
L'opposition considère le président Embalo illégitime depuis quelques jours. Elle argue que le mandat du chef de l'Etat bissau-guinéen est venu à terme depuis le 27 février 2025.
Dans le cadre de sa mission de recherche de solution à la crise, la délégation de la CEDEAO a été reçu par le président Embalo. Elle a ensuite discuté avec l'opposition, la société civile.
Justifiant son ordre d'expulsion, le président bissau-guinéen a évoqué un non-respect de feuille de route. « Quand une mission de la CEDEAO, des Nations-unies ou de l'Union africaine vient dans un pays, elle vient avec une feuille de route, et le président du pays d'accueil valide ce document », a expliqué le président Embalo.
Le chef de l'Etat bissau-guinéen a soutenu que la délégation de la CEDEAO n'a pas respecté sa feuille de route. « Notre pays a ses règles. Ce n’est pas une République bananière. Certains veulent banaliser nos institutions, mais tant que je serai là, cela n’arrivera pas », a déclaré Umaro Sissoco Embalo.
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