Romuald Wadagni, ministre de l’Economie et des finances
La question revient sur la table. Elle s’impose dans l’agenda politique. Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji est interpellé, vendredi 23 janvier 2026 à Cotonou, sur un point précis lors de sa rencontre avec la presse. La place de Romuald Wadagni dans l’exécutif. Candidat à l'élection présidentielle du 12 avril 2026, il est toujours en fonction au sein du gouvernement.
Lorsque la question avait été soulevée après sa désignation fin août 2025, l’argument de l’élaboration du budget général 2026 avait été avancé. « Je vous dirais simplement que pour le ministre d'Etat chargé de l'Economie et des Finances, candidat désigné de la majorité présidentielle pour l'élection de 2025, le temps viendra pour lui de se mettre en congé du gouvernement. A pareil moment, les équipes du ministère de l'Économie et des Finances sont à fond dansk préparation et la finalisation du projet de budget général de l'État pour l'année N plus 1, donc pour 2026 », avait argumenté Wilfried Houngbédji, porte-parole du gouvernement, le vendredi 5 septembre 2025.
Le budget est désormais voté. Les législatives et les communales sont passées. L'élection présidentielle se tient dans moins de trois mois. La question refait surface. La crainte d'une partie de l'opinion est le risque d'utilisation des moyens de l’Etat par le ministre candidat pour sa campagne. « Même s’il reste au gouvernement jusqu’au jour de l’élection, il ne peut pas utiliser les moyens de l’État pour sa campagne. Il ne peut pas », assure Wilfried Houngbédji, face aux journalistes.
Pour justifier son maintien au gouvernement, le porte-parole rappelle le rôle actuel du ministre d’État dans l’opération financière menée à l’international. Le Bénin a levé, jeudi 22 janvier, 500 millions de dollars sur les marchés financiers islamiques, à travers son sukuk international inaugural. « Ça fait dix ou quinze jours que le ministre d’État est parti pour coordonner ça. Il a fait mille étapes pour discuter avec les investisseurs », a expliqué le porte-parole. Le ministre d’Etat est, a-t-il ajouté, « toujours à fond dans son travail au sein de l’équipe gouvernementale. »
Wilfried Léandre Houngbédji estime que le débat est d’abord juridique. « Est-ce que nous avons dans nos textes une prescription légale qui demande qu’un ministre candidat démissionne ? (…) Pour un ministre, il n’y a pas d’obligation formelle. » Il cite même un précédent : « en 2016, on a connu un Premier ministre qui a été candidat et qui est resté dans ses fonctions jusqu’au bout. »
Le porte-parole évoque ensuite l’exigence morale. « Ce qui compte, c’est faire en sorte que celui qui est dans une position décisionnelle (…) n’utilise pas les moyens de l’État. » Il donne une assurance publique. « Vous ne verrez pas que les moyens de l’État auront été utilisés pour sa campagne. »
Il fait ensuite une comparaison avec le chef de l’État. « Un président en exercice candidat à sa succession, est-ce qu’il devrait quitter ses fonctions ? » Il rappelle que « depuis 1996, le président candidat n’a jamais démissionné. » Wilfried Houngbédji écarte la question du remplacement. Pour lui, « quelle est la logique qui voudrait que vous remplaciez quelqu’un pour trois mois ? »
Reste la capacité à mener deux fronts. « Être président, c’est avoir la capacité de faire plusieurs choses à la fois. » Le porte-parole glisse une référence : « Comme dirait Obama, être président de la République, c’est être un chef d’orchestre. » Il dit être heureux « de constater que le candidat Wadagni s’occupe de ses fonctions gouvernementales en même temps qu’il prépare sa campagne. »
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