Brian Shukan, ambassadeur des États-Unis près le Bénin
La menace terroriste et l’extrémisme violent imposent au Bénin une adaptation permanente de ses dispositifs de sécurité. Pour Brian Shukan, Ambassadeur des États-Unis près le Bénin en fin de mission, les défis sont clairement identifiés et appellent des réponses structurelles.
« Il faut toujours agrandir la capacité des forces de sécurité », affirme-t-il lors de la table ronde du mardi 10 février 2026 avec des journalistes béninois. Le diplomate insiste sur la nécessité de renforcer les effectifs, les compétences et les moyens opérationnels des forces armées et de la police.
Au-delà de l’aspect strictement militaire, l’ambassadeur souligne l’importance d’une approche globale. « Ce n’est pas un problème qui peut être résolu seulement avec les armements et avec les forces de sécurité », explique-t-il. Selon lui, la vulnérabilité des zones marginalisées constitue un facteur aggravant.
« Il faut adresser les besoins de la population, particulièrement dans les zones marginalisées. La question de pauvreté existe. Ça présente une certaine vulnérabilité pour ces populations », observe-t-il, appelant à une action conjointe entre acteurs de la sécurité et du développement.
La dimension régionale apparaît également comme un axe central d’amélioration. Face à des groupes qui ignorent les frontières, Brian Shukan plaide pour une réponse collective. « C’est important d’avoir une coopération régionale avec les voisins pour mieux et plus efficacement confronter ce problème », soutient-il.
Il a évoqué la nécessité du partage d’informations et de la coordination entre pays. « Les organisations violentes et les extrémistes ne respectent pas les frontières nationales », rappelle-t-il, faisant écho à la situation en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel.
Fier du partenariat entre Cotonou et Washington
L’ambassadeur en fin de mission a saisi l’occasion pour parle de la coopération sécuritaire entre le Bénin et les États-Unis. L’ambassadeur se dit « très fier du partenariat » établi avec les forces de sécurité béninoises. Ce partenariat s’est traduit par « plus de 30 millions de dollars » de dons consacrés aux programmes de sécurité, incluant des équipements militaires et policiers, ainsi que des formations au profit des Forces armées béninoises et de la Police républicaine. « On vient de finir la construction d’un centre de formation pour les policiers », précise-t-il.
Brian Shukan insiste toutefois sur un principe fondamental : « C’est le Bénin qui dirige cette lutte. Ce n’est pas pour un pays étranger de faire ça ». L’appui américain se veut un accompagnement destiné à « construire la capacité du Bénin », dans un esprit de respect de la souveraineté nationale.
Sous son mandat, le cadre institutionnel de cette coopération a également évolué. « Aujourd’hui, nous avons un bureau de coopération militaire à l’ambassade même, dirigé par un officier militaire américain », explique-t-il, évoquant une présence continue, complétée par un dispositif similaire dans le domaine de la coopération policière contre le terrorisme. « J’ai la confiance que, certainement dans le court terme, moyen terme, on continue ces programmes et ce niveau de coopération », conclut-il.
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