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Résolution des Nations unies sur la traite transatlantique des Africains: le Bénin vote "a posteriori" et justifie son absence au vote initial

Résolution des Nations unies sur la traite transatlantique des Africains: le Bénin vote "a posteriori" et justifie son absence au vote initial

Interpellé après son absence lors du vote d’une résolution historique des Nations Unies sur la traite transatlantique, le gouvernement béninois sort du silence. À Cotonou, le chef de la diplomatie, Olushegun Adjadi Bakari, livre, ce lundi 30 mars 2026, des explications et réaffirme l’engagement du pays.

Interpellé après son absence lors du vote d’une résolution historique des Nations Unies sur la traite transatlantique, le gouvernement béninois sort du silence. À Cotonou, le chef de la diplomatie, Olushegun Adjadi Bakari, livre, ce lundi 30 mars 2026, des explications et réaffirme l’engagement du pays.

Olushegun Adjadi Bakari, ministre des Affaires étrangères du Bénin e, conférence de presse, ce lundi 30 mars 2026 à Cotonou

Olushegun Adjadi Bakari, ministre des Affaires étrangères du Bénin e, conférence de presse, ce lundi 30 mars 2026 à Cotonou

L’absence du Bénin, le 25 mars 2026, lors du vote à l’Assemblée générale des Nations Unies sur la criminalisation de la traite transatlantique des Africains, a suscité interrogations et incompréhensions. Face à la presse, lundi 30 mars 2026 à Cotonou, le ministre des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a tenu à clarifier la position de son pays. « Le Bénin a co-sponsorisé cette résolution. Cela témoigne sans aucune ambiguïté de notre position de principe », a-t-il déclaré. Le chef de la diplomatie béninoise a rappelé l’implication active du pays dès la phase de rédaction, aux côtés notamment du Ghana et d’autres États africains.

 

Un vote manqué, mais une position assumée

 

Selon le ministre, l’absence de la délégation béninoise au moment du vote relève d’un « dysfonctionnement administratif ». « La procédure veut que tout vote fasse l’objet d’une instruction formelle. En mon absence et faute d’instructions, notre représentant permanent n’a pas pris part au vote », a-t-il expliqué. Il précise que le contexte de campagne électorale a compliqué la communication. « Je n’étais pas joignable. Dès que j’ai eu connaissance de la tenue du vote, j’ai immédiatement donné instruction », a-t-il ajouté.

 

Le Bénin a alors utilisé une procédure prévue par les Nations Unies permettant d’exprimer a posteriori son intention de vote. « Nous avons notifié formellement notre vote favorable au Secrétariat général », a insisté le chef de la diplomatie, évoquant une « décision historique » accueillie avec « émotion et satisfaction ».

 

Une mémoire au cœur des politiques publiques

 

Au-delà de cet épisode, le ministre a longuement insisté sur la constance de l’engagement béninois en faveur de la mémoire de l’esclavage et de la traite transatlantique. « Cette cause ne date pas d’aujourd’hui. Elle est au cœur de toutes nos politiques publiques », a-t-il affirmé. Il a notamment évoqué la loi accordant la nationalité béninoise aux personnes d’ascendance africaine, ainsi que les investissements dans la préservation des sites historiques comme la porte de non-retour à Ouidah.

 

Le Bénin entend également poursuivre son plaidoyer sur la scène internationale. « Nous continuerons à porter la voix des peuples africains et afro-descendants pour que la mémoire de la traite transatlantique ne tombe pas dans les banalités de l’histoire », a déclaré le ministre. « Le plus important, ce n’est pas seulement l’acte de vote, mais l’ensemble des actions que nous menons depuis des années », a conclu Olushegun Adjadi Bakari.

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