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Trêve politique au Bénin : retour sur les explications de Patrice Talon

Trêve politique au Bénin : retour sur les explications de Patrice Talon

Au Bénin, la trêve politique issue de la révision constitutionnelle de novembre 2025 est entrée en vigueur après la proclamation par la Cour constitutionnelle des résultats définitifs de l'élection présidentielle du 12 avril 2026. Banouto revient sur ce qu'en disait Patrice Talon en décembre 2025.

Au Bénin, la trêve politique issue de la révision constitutionnelle de novembre 2025 est entrée en vigueur après la proclamation par la Cour constitutionnelle des résultats définitifs de l'élection présidentielle du 12 avril 2026. Banouto revient sur ce qu'en disait Patrice Talon en décembre 2025.

Patrice Talon, président sortant du Bénin

Patrice Talon, président sortant du Bénin

Depuis le 23 avril 2026, le Bénin est en trêve politique. Et ce, pour environ six ans. C'est une nouveauté instaurée par la révision constitutionnelle de novembre 2025. 

 

Le terme intrigue et  suscite des interprétations contrastées. La trêve politique est perçue par certains comme un moyen de restriction de la liberté d'expression et des libertés politiques, et contraire à la démocratie.

 

Face à la presse le 18  décembre 2025, le président Patrice Talon a expliqué la réforme. En conférence de presse, le chef de l’État avait rappelé que « dans le dispositif politique électoral du Bénin, la campagne électorale, en vue du changement des équipes politiques, …, dans les textes qui organisent les élections, ne peut s'ouvrir que deux semaines avant le scrutin ».

 
 
Cette limitation, selon lui, n’a jamais été pleinement respectée. « Nous avons utilisé le mot (trêve ) pour que les uns et les autres sachent et s’engagent à ne pas être en campagne tout le temps », a-t-il déclaré.

 

Il fait remarquer que l'instauration de la trêve politique induit un élargissement de la durée officielle de la période de campagne électorale. « On permet même que la campagne ait lieu […] un an avant les élections », a-t-il indiqué. « Si une élection a lieu le 1er janvier 2027, à partir du 1er janvier 2026, on peut commencer la campagne. Mais pas avant », a-t-il ajouté. « On ne peut pas être en campagne toute l’année, tout un mandat durant », a-t-il insisté.

 

Dans le modèle décrit, les échéances électorales ne doivent plus alimenter une mobilisation permanente. Le président évoque un cycle politique à stabiliser. « Il ne faut pas qu’aussitôt après les élections, la campagne redémarre pour les élections qui auront lieu cinq ans après », a-t-il déclaré.

 

Une trêve sans ‘’interdiction’’ de critique

 

Le président a essayé d’effacer dans la conscience collective, l’idée d’une restriction de la parole politique. « La critique par les acteurs politiques est permise, elle est même normale, elle est souhaitée. C’est dans la Constitution », a-t-il affirmé. Il insiste sur la nécessité du débat public. « Il faut que les acteurs politiques […] puissent commenter, critiquer l’action de ceux qui sont en charge pour qu’il y ait amélioration, pour qu’il y ait des propositions alternatives », a-t-il ajouté.


 
Dans sa lecture, la trêve ne vise pas la parole, mais la posture de campagne. « Le principe même de la critique de l’action publique est consacré […] de manière permanente », a-t-il poursuivi.

 

« Il ne faut pas vous laisser entraîner par l’image d’un mot », a déclaré Patrice Talon, reconnaissant la force symbolique du vocabulaire employé. « Le mot “trêve” paraît très fort. Mais dans son contenu, la trêve ne concerne pas la critique de l’action publique», a-t-il insisté. 

 

L'opposition peut critiquer, mais doit proposer: la trêve politique, selon la constitution révisée

 

La trêve politique a été inscrite dans la loi fondamentale du Bénin après l’adoption, par l’Assemblée nationale, de la révision constitutionnelle dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025. Cette réforme a été promulguée le 17 décembre 2025 par le président de la République.

 

C’est l’article 5.1 de cette loi n°2025-20 du 17 décembre 2025, modifiant et complétant la Constitution du 11 décembre 1990 qui encadre cette disposition. Il dispose que « dans l'intervalle séparant deux années électorales, jusqu’à douze mois avant l’année électorale, les partis politiques d’opposition sont tenus, dans la critique de l’action publique, de proposer des alternatives ou des solutions constructives ».

 

Le même article prévoit aussi qu’« un Pacte de responsabilité républicaine peut être conclu entre le gouvernement et les partis politiques sous l'égide du Sénat afin d'établir un cadre de collaboration avec l'opposition en raison de la prohibition des campagnes électorales permanentes hors période électorale ».

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