Joseph Djogbénou, président de l'Assemblée nationale lors de la cérémonie d'ouverture de la formation initiale des députés de la 10è législature, ce mardi 12 mai 2026 à Agoué
Le Parlement béninois ouvre sa nouvelle mandature par une séquence d’apprentissage et d’immersion. À Agoué, dans la commune de Grand-Popo, les députés de la 10e législature prennent part depuis mardi 12 mai 2026 à un séminaire de formation initiale organisé par l’Assemblée nationale. La session, prévue jusqu’au 14 mai, réunit l’ensemble des élus autour des enjeux liés au fonctionnement de l’institution parlementaire et aux mutations introduites par les réformes constitutionnelles et réglementaires intervenues ces dernières années.
Dès l’ouverture des travaux, le président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou, a placé la rencontre sous le signe de la compréhension du pouvoir et de la responsabilité collective. « Exercer un pouvoir, c’est le comprendre, au sens étymologique du terme comprendre, prendre avec soi, prendre ensemble avec soi », a-t-il déclaré devant les députés.
Pour le président du Parlement, cette formation dépasse le simple cadre administratif. Elle doit permettre aux élus de mieux cerner les missions que la Nation leur confie dans un environnement institutionnel en évolution. « Le contexte est celui des grandes réformes républicaines », a-t-il affirmé.
Joseph Djogbénou a notamment insisté sur les changements liés à la réforme constitutionnelle et à l’installation du Sénat. « Nous avons désormais un Parlement bicaméral », a-t-il indiqué avant d’interroger les députés sur les nouvelles implications de cette architecture institutionnelle. « Quel est le rôle du Sénat ? Quelles sont ses missions ? Comment atteler la mission du Sénat avec celle de l’Assemblée nationale ? »
Une formation centrée sur le fonctionnement des institutions
Le secrétaire général administratif de l’Assemblée nationale, Christel-Fourrier Donkpègan, a expliqué que cette session trouve son fondement dans la résolution du 8 juillet 2025 portant modification du règlement intérieur de l’institution. Cette réforme a introduit deux innovations majeures en début de législature : une session inaugurale et une formation initiale obligatoire des députés. « Le mandat de député est une responsabilité éminemment républicaine qui exige une parfaite maîtrise des mécanismes institutionnels, des procédures législatives et des instruments de contrôle de l’action gouvernementale », a-t-il déclaré.
Durant les trois jours de travaux, les députés suivent des communications pratiques et stratégiques portant sur l’organisation politique, administrative et financière de l’Assemblée nationale, les procédures législatives, les mécanismes de contrôle parlementaire ainsi que les relations entre le Parlement et les autres institutions de la République. Le programme prévoit également des échanges avec des responsables administratifs, des experts, des anciens parlementaires et des représentants d’institutions nationales et internationales.
Joseph Djogbénou a insisté sur l’importance pour les députés de mieux connaître les partenaires avec lesquels ils interagiront tout au long de leur mandat. Le Conseil économique et social, la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, le gouvernement ainsi que le système des Nations Unies figurent parmi les structures concernées. « Nous n’avons pas de radio parlementaire, de télévision parlementaire sans l’appui du système des Nations Unies », a-t-il fait savoir, en invitant les élus à mieux s’approprier les programmes développés avec les partenaires internationaux.
Le président de l’Assemblée nationale a également évoqué les rapports entre les députés et les acteurs financiers comme les banques et les assurances, qu’il considère comme des partenaires liés à l’exercice du mandat parlementaire. À Agoué, les députés de la 10e législature découvrent ainsi les contours d’un mandat qui s’annonce marqué par de nouveaux équilibres institutionnels et un Parlement appelé à fonctionner désormais à deux chambres.
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