Un policier anciennement en service à Parakou jugé à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) avec un de ses amis. Le flic est poursuivi pour les faits d’« abus de fonctions » dans une affaire de remise de fonds pour libérer un gardé à vue. Les faits se seraient produits vers fin 2025.
Selon l’accusation présentée par la Cour, le fonctionnaire de police a été approché par les enfants d’une personne gardée à vue afin de trouver un accord pour geler l’affaire. L’agent de police, toujours selon l’accusation, a accepté de faire libérer le gardé à vue contre une somme de deux cent mille francs CFA.
Les parents du gardé à vue ont rempli leur part de l’accord. Nonobstant le paiement de l’argent, le gardé à vue a été déféré. Mécontente, la famille a alors décidé de saisir la justice.
Le policier a été interpellé et placé sous mandat de dépôt. Son ami qui a joué le rôle d’intermédiaire entre lui et les enfants du gardé à vue a également été arrêté. Les deux ont comparu, mardi 5 mai 2026 devant le juge à la CRIET.
A la barre, l’agent de police, comme son ami, a plaidé non coupable. Ils n’ont pas reconnu avoir perçu l’argent dans le sens exposé par l’accusation. Le flic a expliqué qu’il avait demandé de l'argent pour aider les enfants à prendre un avocat.
Le principal prévenu a déclaré n’avoir jamais fait une promesse de libération du gardé à vue. Il a été soutenu dans cette ligne de défense par son co-prévenu et ami.
Peines de prison requises
La défense des deux prévenus n’a pas convaincu le ministère public. Selon la représentante du ministère public, le policier n’avait aucunement besoin de prendre de l’argent chez les enfants si tant est qu’il voulait les aider à trouver un avocat.
Il devrait, soutient la magistrate, plutôt les orienter. Mieux, le ministère public a fait comprendre que les fonds n’ont été demandés au premier interlocuteur mais plutôt à son petit frère. Ce qui laisse, selon elle, un flou dans l’histoire.
Dans ses réquisitions, la magistrate a demandé à la Cour de retenir les deux prévenus dans les liens de la prévention. Elle a suggéré à la Cour de condamner le policier pour les faits d’ « abus de fonctions ». En ce qui concerne l’ami, présumé intermédiaire, le ministère public a demandé à la Cour de le condamner pour les faits de « complicité d’abus de fonctions ».
La substitut du procureur spécial a proposé une peine de cinq ans de prison dont trois ans ferme et un million de FCFA d’amende contre chacun des deux prévenus.
A la suite des réquisitions du ministère public, la défense a fait sa plaidoirie. L’avocat des prévenus a plaidé la relaxe pure et simple. Le conseil a soutenu qu’il est fait à ses clients un procès d’intention. Pour l’avocat, aucune victime ne s’est présentée devant la Cour pour faire des dépositions.
L'avocat a également fait savoir que les accusations du ministère public ne sont soutenues ni par des messages, ni des audios. Il a affirmé que le fonctionnaire de police n’a pas été approché en raison de son statut, mais plutôt en qualité d’ami. Et en tant que tel, soutient-il, il ne pouvait libérer un gardé à vue du commissariat.
0 commentaire
0 commentaire