Stéphane Mund, chef de la délégation de l'UE à Cotonou
L’Union européenne aux côtés des médias béninois pour un « accès à une information libre et fiable ». À Cotonou, le chef de la délégation de l'UE au Bénin, Stéphane Mund, a reçu, à sa résidence à Cotonou, les représentants des médias béninois pour une rencontre annuelle qu'il décrit comme « désormais une habitude à chaque rentrée ». Dans un cadre informel, il s'est entouré de ses principaux collaborateurs pour échanger avec les journalistes « en confiance ». Dans son discours, il a rappelé que les journalistes ne sont pas de simples observateurs de l'actualité, mais « les garants indispensables de la liberté et de la vérité ».
À l'ère des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle, où la désinformation et la polarisation menacent d'« asphyxier le débat public », la mission du journaliste est selon lui « plus vitale que jamais » : vérifier les faits, enquêter en toute rigueur et offrir une information fiable, précise, éclairée et nuancée. Adossé à un pluralisme des médias, ce travail permet aux citoyens de former un jugement critique et de faire vivre la démocratie. Stéphane Mund a rappelé que l'UE traduit cet attachement dans ses propres textes, comme le European Media Freedom Act, règlement entré en vigueur en 2024 qui protège l'indépendance éditoriale et le pluralisme des médias dans l'Union. Car, a-t-il affirmé, il ne saurait y avoir « d'État de droit, de libertés fondamentales, ni de contre-pouvoir efficace sans des médias libres, protégés et indépendants ».
Le diplomate est revenu sur l'intervention du Bénin à la tribune des Nations Unies, une semaine plus tôt, où le pays a plaidé pour une réponse collective face à la prolifération des guerres et des tensions géopolitiques. Au Moyen-Orient, en Ukraine ou en Afrique de l'Ouest, ces conflits font des millions de victimes et fragilisent les économies : ils renchérissent le prix du pétrole et des fertilisants et perturbent les routes maritimes comme les chaînes d'approvisionnement. « Nos populations en subissent injustement les coûts dans leur quotidien », a-t-il déploré.
Stéphane Mund a aussi dénoncé le recours croissant, par des acteurs étatiques et non étatiques, à la manipulation de l'information, aux deep fakes, aux cyberattaques et aux discours de haine, afin d'« attiser les tensions et de déstabiliser les sociétés démocratiques en Europe, en Afrique et à travers le monde ».
« Dans ce contexte, vous jouez un rôle essentiel dans la lutte contre la désinformation et ses conséquences les plus néfastes », a-t-il lancé aux journalistes, qu'il a remerciés pour leur engagement « dans des conditions matérielles [...] difficiles ».
L'UE, apprend son Ambassadeur au Bénin, soutient actuellement des radios communautaires dans 8 départements, ainsi que la Fédération des radios communautaires et assimilées du Bénin (FeRCAB), à travers le projet des médias pour une société civile renforcée (MéSoCiR). Elle finance par ailleurs deux projets de renforcement des capacités des journalistes, menés en collaboration avec Banouto.
Depuis 2022, sept journalistes béninois ont également pu participer à des conférences et ateliers à l'étranger et rencontrer des confrères et consœurs africains et européens, grâce à des programmes financés par l'UE.
En avril 2025, un atelier organisé à Cotonou sur les manipulations de l'information et l'ingérence étrangères (FIMI) a en outre réuni de nombreux professionnels des médias. « Au Bénin, l'UE soutient et continuera de soutenir les professionnels des médias », a assuré Stéphane Mund.
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